‹ De l'electrisation localisee et de son application a la pathologie et la therapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 334 sur 543 · CI1AP. XIII. — PARAL. DE QUELQUES PROPRIÉTÉS MUSCULAIRES · texte numérisé non relu

CI1AP. XIII. — PARAL. DE QUELQUES PROPRIÉTÉS MUSCULAIRES

avait promis un prix de 30,000 francs à celui qui publierait le meilleur traité sur la main. Ch. Bell, dont le nom était déjà illustre dans la science, envoya à ce concours son livre sur la mécanique de la main. Ce livre, dans lequel on Irouve beaucoup d'analomie et de physiologie comparées, n'ajoute vraiment rien à ce que l'on savait alors sur l'usage de la main ; mais on y découvre un tout petit chapitre (la perle de ce livre) qui traite du sens musculaire (Of the muscular sensé). Ce livre, illustré par un grand nombre de figures (dessinées par l'auteur, qui avait aussi un talent artistique), n'a pas été traduit en français; c'est ce qui explique pourquoi il est si peu connu parmi nous. Si je n'avais dû le consulter avant de publier mes recherches sur la main, j'ignorerais sans doute encore l'existence du curieux chapitre dont j'ai traduit précédemment quelques extraits.

Faut-il s'étonner maintenant qu'un auteur, Landry, ait publié en 4853 des faits de physiologie pathologique (1) qui sont semblables à ceux de Ch. Bell, môme sans citer le nom de cet illustre physiologiste, et qu'il ait remplacé la dénomination de sens musculaire, donnée primitivement par Ch. Bell au nouveau phénomène musculaire dont il avait fait la découverte, par celle de sentiment d'activité musculaire, de telle sorte qu'il semble rapporter tout l'honneur de cette découverte à Gerdy, l'auteur de cette dernière dénomination. Faut-il s'étonner aussi qu'il ait pu se croire le premier qui soit venu nous démontrer par la pathologie l'existence du sens musculaire de Ch. Bell? Il a été écrit en effet, après avoir relaté des observations idenliques avec celles de Ch. Bell: « Je ne pense pas que rien de semblable aux faits précédents ait été consigné dans aucun écrit (2) !

En 1853, j'ai eu soin de protester contre cette ignorance des recherches de Ch. Bell sur cette propriété musculaire, en rappelant que le phénomène appelé sentiment d'activité musculaire, phénomène physiologique qui fera le sujet de l'article suivant, avait été découvert par le grand physiologiste anglais et dénominé par lui sens musculaire. Aussi ai-je été étrangement surpris de voir encore, en 1858, le môme auteur auquel j'avais eu l'intention de reprocher indirectement de n'avoir pas suffisamment connu ce point de littérature médicale, exposer de la manière suivante l'historique des recherches sur le sentiment d'activité musculaire: «Le sentiment d'activité musculaire (dit-il) entrevu par Darwin, nettement indiqué par Gerdy et reconnu par tous les physiologistes, n'était admis que

(lj Landry, Recherches physiologiques e! pathologique >• sur les sensations tactiles {Arch. gén. de médecine. 1853, 4e série, t. IX, de la page 238 à la page l?75). (?) Landry, loc. cit., p. 270.

ART> h PARALYSIE DE LA SENSIBILITÉ MUSCUL. ET ARTICUL. 767

Dar induction, sans preuves expérimentales ou pathologiques, lorsque je publiai en 1852 trois faits pathologiques qui démontrent son origine et son rôle précis (1). » - Cet auteur on le voit ne s est pas contenté de taire ici le nom de celui qu. a découvert le phénomène de sentiment de l'action des muscles, mais il a été jusqu a s approprier la démonstration que cet homme de génie en avait faite par

l'observation pathologique ! '

En somme, l'existence delà sensibilité musculaire et de la paralysie de celte propriété paraissait démontrée par Ch. Bell. Celte démonslralion avait besoin d'être étayée par les faits électro-physiologiques et pathologiques que j'ai exposés dans le présent paragraphe, et desquels il ressort, d'une manière incontestable, que le muscle est doué de sensibilité et que cette sensibilité peut être paralysée soit isolément, soit conjointement avec les autres propriétés musculaires.

8 Hf - Les troubles fonctionnels locomoteurs attribues par Cb Bell à la paralysie de la sensibilité museulaire (paralysie du sens musculaire) sont produits principalement par la paralysie de la sensibilité articulaire.

Longtemps j'ai cru, pour ainsi dire, aveuglément à l'importance physiologique que Ch. Bell a fait jouer à l'insensibilité musculaire dans l'exercice de la locomotion. Mais voici le premier fait clinique qui m'a démontré qu'elle avait été singulièrement exagérée.

Observation CLI. - Une jeune dame (fille d'un médecin célèbre) avait été atteinte, à deux reprises et dans l'intervalle de deux années, d'une hémiplégie hystérique des membres de tout un côté du corps. Les mouvements avaient été complètement abolis, ainsi que toute espèce de sensibilité (anesthésie, analgésie, insensibilité osseuse et articulaire); la première fois, rebelle pendant cinq mois, à toute espèce de médication cette paralysie n'avait cédé qu'à la faradisation localisée. (Il m avait fallu faradiser chaque muscle, chaque point de la peau assez longtemps pour en triompher). Lorsqu'elle était revenue la seconde fois, deux ans aprè« la laradisation localisée appliquée immédiatement en avait triomphé en peu de séances. Quatre ans plus tard, le membre supérieur et le tronc du côté gauche furent frappés d'insensibilité, bien que la motilité y fût conservée ; j'y constatai alors l'abolition de la sensibilité de la peaii (anesthésie et analgésie) et de la sensibilité musculaire (insensibilité à l'excitation électro-musculaire et à la pression) ; cependant la malade, alors même qu'on la privait de la vue, avait conscience des mouvements que l'on imprimait ou qu'elle imprimait

(1) Landry, Moniteur des hôpitaux, 1858, page 1174.

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