‹ De l'electrisation localisee et de son application a la pathologie et la therapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 333 sur 543 · ART, J, PARALYSIE DE LA SENSIBILITÉ MUSCUL. ET ARTICUL · texte numérisé non relu

ART, J, PARALYSIE DE LA SENSIBILITÉ MUSCUL. ET ARTICUL

le sentiment de l'action des muscles en produisant ce mouvement, doivent Ôtre combinés avec la sensation de contact de l'objet. A celte conscience de l'effort, je donne le nom de sens musculaire, l'appelant un sixième sens . »

Ce sixième sens, de môme que la dénomination qui fut sans aucun doute inspirée à Ch. Bell par l'interprétation erronée, comme je le démontrerai bientôt, du fait pathologique rapporté ci-dessus, furent rejetés par les physiologistes, qui ne virent avec raison, dans les faits exposés par Ch. Bell, qu'un phénomène de sensibilité générale. Si en effet l'on avait accepté les principes du physiologisteanglais, il n'y aurait plus eu de raison pour ne point diviser la sensibilité générale en autant de sens qu'il y a d'organes. On aurait créé, par exemple, un sens rectal, vésical. (Je rapporterai par la suite un fait qui démontre la grave perturbation apportée dans les fonctions de la vessie par le seul fait de l'insensibilité de cet organe.)

II est donc à regretter que Ch. Bell ne se soit pas contenté d'appeler sensibilité musculaire cette propriété, dont il avait si bien démontré théoriquement l'existence. Cette dénomination eût passé d'emblée dans la science, et un autre physiologiste d'un grand talent (Gerdy, que nous avons tous estimé) n'aurait pas, après Ch. Bell, embarrassé le langage physiologique d'un nouveau nom pour désigner cette prétendue propriété musculaire: il ne l'aurait pas appelée sentiment d'activité musculaire. Cette dénomination, qui n'est qu'une superfétation et qui était également due à une fausse interprétation de troubles locomoteurs dans des cas où les muscles avaient perdu de leur sensibilité, n'a pas môme le mérite de lui appartenir, puisqu'on a vu plus haut que Ch. Bell explique ce phénomène dans les mômes termes (1). Loin de moi la pensée de déprécier ses beaux travaux; mais on peut dire, sans être injuste envers lui, ou plutôt Gerdy lui-môme, dont la probité scientifique de tous était connue, déclarerait aujourd'hui, dans l'intérêt de la vérité, qu'il n'a rien ajouté aux faits découverts et commentés par l'illustre physiologiste anglais.

D'autres physiologistes, ceux du moins que j'ai consultés, tout en admettant le rôle important attribué par Gerdy à la sensation d'activité musculaire dans la locomotion, semblent avoir ignoré, jusqu'en ces derniers temps, que c'est à Ch. Bell que revient l'honneur d'avoir démontré, le premier, l'existence de cette propriété musculaire. C'est que le chapitre admirable qui traite du sens musculaire est perdu clans un livre peu connu où l'on ne devait guère s'attendre à l'y trouver. Un lord qui avait perdu l'usage de la main,

(1) On a vu en effet ci-dessus (p. 7<iï, ligne l) que Ch. Bell appelle aussi le sens musculaire sentiment de l'action des muscles.

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