C C1IAI'. XIII. — PARALYSIE DE QUELQUES PROPRIÉTÉS MUSCUL
cialion des contractions musculaires, les mouvements les plus désordonnés, pendaut le second temps de la marche, puisque, suivant eux, «les muscles tombent dans l'inaction pendant ce second temps »(1). Après ce temps de la marche (le deuxième), au moment où le
(1) En 1836, ces deux célèbres physiologistes, à qui la science doit la découverte de faits nombreux qui jettent un grand jour sur le mécanisme de la marche et de la course, ont déduit de leurs expériences que le mouvement d'oscillation qui a lieu pendant la marche, est produit par la seule force de la pesanteur. Cette expérience, on le sait, consiste à faire osciller, en l'écartant de la verticale et en l'abandonnant à lui-môme, l'un des membres inférieurs d'un sujet vivant ou mort, que l'on a placé sur une base élevée, -de manière que ce membre ne puisse rencontrer le sol pendant ses mouvements d'oscillation. Elles sont longuement exposées dans le livre intitulé: Traité de la mécanique des organes de la locomotion, par MM. G. et E. Weber (Encyclopédie anatomique, traduction de l'allemand par A.-J.-L. Jourdan Paris, 1843 t. Il, liv. III).
« Il y aurait (disent ces expérimentateurs) perte de force musculaire, si le mouvement d'oscillation d'arrière en avant du membre inférieur suspendu au tronc avait été opéré par les muscles; car, les membres inférieurs étant, comme nous l'avons vu, unis au tronc d'une manière très-mobile et pouvant osciller sur lui à la façon d'un pendule, la pesanteur suffit déjà seule pour faire avancer, par rapport, au tronc, le membre inférieur resté en arrière, et suspendu au reste du corps : pendant ce temps, les muscles tombent dans l'inaction. » Cette assertion de MM. Weber, à savoir, que les muscles tombent dans l'inaction pendant le second temps de la marche, est une pure hypothèse, comme je l'ai démontré; ces savants ne l'auraient jamais formulée, s'ils avaient fait subir à leurs expériences le contrôle de l'observation pathologique.
Voici une des conclusions que j'ai déduites des faits cliniques que j'ai publiés en 1855 (Union médicale, 13 et 15 septembre 1855) : « Attribuer uniquement à l'action de la pesanteur, avec MM. Weber frères, et après eux avec la' plupart des auteurs modernes, les mouvements d'oscillation et de flexion des différents segments du membre inférieur qui ont lieu pendant le second temps de la marche, c'est professer une opinion en contradiction manifeste avec l'observation pathologique. Voici les faits qui prouvent la vérité de cette assertion :
« if Un homme qui est privé de l'action des muscles fléchisseurs de la cuisse sur le bassin veut-il accomplir les mouvements du second temps de la marche, il est forcé d'abord d'élever la hanche et l'épaule du côté correspondant, pour détacher le pied du sol; puis il projette le membre inférieur en avant, en imprimant un mouvement de rotation au bassin sur le condyle opposé. Sans ce mouvement de rotation, le membre intérieur étant placé en arrière au moment où il est arrivé à la direction verticale, l'action de la pesanteur ne peut le faire aller au delà, môme après que le sujet a déjà fait un certain nombre de pas. Bien plus il suffit que les muscles fléchisseurs de la cuisse soient affaiblis, pour que le second temps de la marche ne puisse se faire sans un balancement plus ou moins grand du bassin.
. <v 2« Si les muscles fléchisseurs de la jambe sur la cuisse ont perdu leur action, la flexion qui doit avoir lieu dans l'articulation du genou, avant que le pied se détache du sol, se fait difficilement et incomplètement, ce qui occasionne un retard dans la production du second temps de la marche.
« 3° Enfin la flexion du pied sur la jambe, qui est un des mouvements essentiels du second temps de la marche, et dont l'étude a été trop négligée en physiologie, cette flexion, dis-je, vient-elle à se perdre ou à s'affaiblir, le membre ne peut plus osciller au-dessous du condyle, sans que lu pointe du pied butte contre le sol ; de là la nécessité d'exagérer les mouvements de flexion de la cuisse, pendant l'oscillation du membre inférieur, ce qui occasionne une sorte de claudication.
« De l'ensemble des faits pathologiques précédents, on peut conclure 1° que les contractions simultanées des muscles fléchisseurs de la cuisse sur le bassin, de la jambe sur la cuisse et du pied sur la jambe, sont les conditions nécessaires à la production réelle des mouvements du membre inférieur, qui constituent le second temps de la marche ; 2° l'action de la pesanteur ne concourt que très-faiblement à l'oscillation physiologique de ce membre. »
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membre achève sa demi-oscillation, le pied se pose à terre, en procédant du talon aux orteils : alors se produisent les phénomènes qui constituent ce que l'on est convenu d'appeler le premier temps de la marche, pendant lequel le bassin, et conséquemment tout le membre inférieur opposé, déjà séparé du sol, sont poussés en avant. Je ne crois pas devoir décrire ici ces phénomènes, sur lesquels tout le monde est d'accord.
On sait que ces mouvements si complexes de la marche se font instinctivement, avec une précision admirable; mais, sitôt que l'ataxie locomotrice a désassocié ou dissocié les muscles qui concourent habituellement et synergiquernentà l'exécution des mouvements, la faculté instinctive ne suffit plus à la progression et l'attention doit être constamment tenue en éveil. Le malade alors ne peut plus, quoi qu'il fasse, même en s aidant de la vue, exécuter régulièrement les différents temps delà marche. Tantôt, en effet, au lieu de poser son pied tranquillement et sûrement sur le sol, après le second temps de la marche, on le voit étendre la jambe sur la cuisse avant que le membre ait terminé son mouvement d'oscillation, et cela si brusquement, que tout son corps en est ébranlé; alors le pied retombe lourdement et avec bruit sur le sol. D'autres fois, quand il veut faire osciller un des membres inférieurs d'arrière en avant, il ne peut plus fléchir ses différents segments les uns sur les autres; au lieu des muscles fléchisseurs, ce sont les extenseurs de la jambe qui répondent à son appel, en se contractant avec une grande énergie, de sorte que ce membre reste dans une complète extension en se portant en avant. S'il parvient à fléchir les trois segments du membre inférieur pour le faire osciller en avant, les muscles, qui cette fois lui ont obéi, se contractent d'une manière si exagérée, que le rhythme de la marche en est sonsidérablement troublé, ou bien le membre inférieur est jeté irrégulièrement en dehors ou en dedans, ou oscille latéralement, m lieu de se mouvoir en avant, suivant la direction de la résultante :les forces composantes qui, à l'état normal, fléchissent la cuisse sur le bassin. Comme, à ce degré de maladie, l'harmonie des tintagonistes est complètement perdue, ces mouvements désordonnés sont exécutés sans aucune modération ; alors les membres, projetés avec force, brisent ou renversent les objets contre lesquels ils se heurtent. Enfin l'anarchie des mouvements en arrive au point \\ue laslation debout et la marche sont absolument impossibles.
La difficulté de rester dans la station sans osciller, ou l'impossibilité de se tenir debout, alors môme que le sujet regarde ses pieds, t'explique parfaitement par la perte de faculté instinctive et volontaire d'associer ou d'équilibrer les forces qui maintiennent (dans l'extension et dans la ligne de gravité toutes les parties du