‹ De l'electrisation localisee et de son application a la pathologie et la therapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 349 sur 543 · ART. II. § (II. — H.YPERESTHÉSIE MUSC. HYSTÉRIQUE · texte numérisé non relu

ART. II. § (II. — H.YPERESTHÉSIE MUSC. HYSTÉRIQUE

suffit, à elle seule, pour rendre la marche difficile et la station incertaine dans l'obscurité, ou lorsque les malades ne regardent pas le sol sur lequel ils veulent poser le pied. Je ne connais pas de remède plus héroïque que l'excitation électro-cutanée et l'excitation des nerfs collatéraux pour guérir l'anesthésie de la plante des pieds.

Bien que j'aie vue l'excitation électrique de la peau triompher généralement de l'anesthésie cutanée (il est entendu qu'il n'est pas ici question de l'anesthésie consécutive à la destruction des nerfs), je dois dire que rien n'est plus incertain, dans ces cas, que ce résultat thérapeutique. Ainsi il m'est arrivé d'échouer complètement alors que je croyais réussir. J'en pourrais rapporter, comme preuve, l'observation d'un jeune homme que je soignai, en 1851, avec M. Moutard-Martin; je ne pus le guérir, par cette médication, d'une anesthésie consécutive à une fièvre typhoïde ; il était encore anesthésique en 1854. A cet insuccès j'en pourrais ajouter d'autres qui me sont arrivés môme chez des hystériques.

Est-il besoin d'ajouter qu'on ne doit jamais négliger de combattre la maladie dont l'anesthésie n'est qu'un symptôme?

§ III. — Hyperesthésie musculaire hystérique.

L'hyperesthésie musculaire est un des symptômes les plus fréquents de l'hystérie et l'un de ceux qui tourmentent le plus les malades. Elle siège d'ordinaire dans le côté gauche du tronc, tantôt au niveau des gouttières vertébrales des côtes, et tantôt à l'épigastre ou dans les autres régions des parois abdominales. Elle est continue, augmente à la pression ou par les mouvements. La peau de la région où existe l'hyperesthésie musculaire est quelquefois elle-même hypereslhésiée ; on la reconnaît à la douleur provoquée par le frottement léger de la surface cutanée. Plus souvent l'insensibilité de la peau coïncide avec l'hyperesthésie musculaire; on peut alors pincer ou piquer la peau sans que le malade en ait conscience, et la douleur ne se réveille que par une pression légère exercée sur la peau, douleur due à l'hyperesthésie des muscles qu'elle recouvre.

J'ai vu fréquemment l'hyperesthésie musculaire rapidement modifiée ou enlevée par l'excitation électro-cutanée appliquée loco dolenti, alors même que les sinapismes, les vésicatoires et les ventouses scarifiées (moyensqui cependant réussissent souvent dans ces cas) avaient complètement échoué.

Lorsque l'anesthésie cutanée complique l'hyperesthésie musculaire, les excitants ordinaires (vésicatoires, sinapismes, huile de croton) n'ont en général aucune prise contre cette dernière. Ils produisent seulement une action organique (l'érythème ou la vésication), dont les malades n'ont pas conscience. Ce fait démontrerait

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