‹ De l'electrisation localisee et de son application a la pathologie et la therapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 36 sur 543 · C. — Action sur la paralysie de l'ouïe · texte numérisé non relu

C. — Action sur la paralysie de l'ouïe

Remplir d'eau tiède le conduit auditif externe ; plonger dans ce liquide un rhéophore métallique, une sonde, par exemple, et fermer le courant en posant le second rhéophore humide sur la nuque. (Ce procédé de faradisation, sur lequel je reviendrai, m'a permis de faire des recherches électro-physiologiques et pathologiques sur les usages de la corde du tympan.)

La sensibilité de la membrane du tympan est très-grande ; aussi doit-on se garder de la faradiser avec des intermittences rapides et à doses élevées. Je me réserve de traiter spécialement de cette question à l'occasion des surdités nerveuses; on verra alors qu'un grand nombre de surdités nerveuses et môme des surdi-mutités congénitales ont été traitées également avec succès.

D. — Action sur la paralysie de l'odorat.

Un rhéophore humide étant placé derrière la nuque, le second rhéophore, par exemple, une sonde métallique d'un petit diamètre et isolée par du caoutchouc, excepté à ses extrémités, est promenée sur tous les points de la muqueuse nasale.

Il m'a souvent suffi d'exciter très-faiblement la sensibilité générale de la muqueuse nasale pour rappeler l'odorat perdu ou affaibli.

E. — Action sur la paralysie du goût.

Les rhéophores métalliques sont promenés sur la base et sur les bords de la langue.

L'excitation électrique des sens de la vue, de l'ouïe, de l'odorat et du goût doit être faite avec beaucoup de circonspection, car elle

cnAP. ii.

retentit vivememt dans le cerveau. Elle est en conséquence contreindiquée dans les cas où l'on doit éviter toute excitation cérébrale. On devra toujours, dans ces sortes d'opérations, mettre l'appareil au minimum, élever graduellement l'intensité du courant, et ne jamais produire de sensation trop douloureuse. Il sera encore prudent d'opérer avec un courant à rares intermittences.

§ III. — Faradisation des organes génitaux chez l'homme.

La sécrétion du sperme peut être diminuée ou pervertie; il en résulte que l'appétit vénérien n'est plus éveillé par l'instinct génésique, et que l'érection est nulle ou incomplète. Il peut être indiqué d'agir sur l'organe sécréteur du sperme, le testicule, et sur les réservoirs chargés d'élaborer cette humeur, les vésicules séminales.

La faradisalion du testicule est des plus simples. Pour cela, je place les rhéophores humides sur le scrotum, au niveau du testicule ou de l'épididyme; le courant, traversant alors la peau, concentre son action dans ces organes. La sensation développée par cette application est douloureuse et retentit dans les lombes, si le courant est intense, et surtout si le courant marche avec des intermittences rapides ; elle est analogue à celle que produit la compression du testicule ou de l'épididyme. Ce dernier est plus sensible à l'excitation électrique que le testicule. La faradisation du testicule ou de l'épididyme doit donc être faite avec un courant modéré, leur surexcitation pouvant être suivie d'une névralgie très-douloureuse, comme cela est arrivé à un malade que j'ai soumis à ce genre de traitement. Je rappellerai ici que le courant de la première hélice excite beaucoup plus vivement ces organes que celui de la seconde hélice, quoique sa tension soit plus faible.

La faradisation des vésicules séminales se pratique à l'aide du rhéophore rectal que j'ai décrit plus haut (p. 86). Il est introduit dans l'intestin préalablement vidé, et dirigé de manière que l'olive qui le termine se trouve en rapport avec les vésicules séminales. Il suffit, pour cela, d'imprimer à l'olive des mouvements de droite à gauche, et vice versa. Le courant traverse alors l'intestin et arrive infailliblement jusqu'aux vésicules séminales. Je n'ai pas besoin de dire que le circuit doit être fermé, en plaçant un second rhéophore sur un point peu excitable du corps. Lorsqu'il n'y a pas de contre-indication, j'introduis le second rhéophore dans la vessie dont j'excite le bas-fond, de manière à placer les vésicules séminales entre les deux rhéophores.

Le liquide séminal coule quelquefois en bavant, par suite d'une sorte de paralysie des vésicules séminales et de quelques muscles qui concourent à l'éjaculation lereleveur et le sphincter de l'anus, etc.

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