ART. I. — PARALYSIE DE LA SEPTIÈME PAIRE. H
des muscles paralysés ; mais dans tous ces cas, la contracture et la difformité consécutive de la face avaient été si légères, qu'elles pouvaient certainement échapper à l'observation et être confondues avec les inégalités ou les irrégularités que l'on voit souvent régner entre les deux côtés de la face, à l'état normal. Aussi ai-je rencontré des observateurs qui n'étaient pas convaincus que ces phénomènes fussent réellement produits par des contractures musculaires.
Les faits que j'ai exposés comme exemples, dans les précédentes éditions (1), me permettent de conclure que la contraclure partielle ou générale des muscles paralysés est une terminaison assez fréquente de l'hémiplégie faciale a frigore.
IL — SIGNES DIAGNOSTIQUES PRÉCURSEURS DE LA CONTRACTURE DES MUSCLES, DANS L'HÉMIPLÉGIE DITE RHUMATISMALE DE LA FACE.
S'il est une maladie à laquelle on doive appliquer celte maxime : Principiis obsta, c'est certainement la contracture des muscles de la face ; car, à un certain degré, elle est incurable, et peut être aggravée comme je l'ai déjà dit, par certaines médications. Pour la prévenir, il faut la diagnostiquer à temps, ce qui n'est pas toujours facile. C'est dans quelques-uns des symptômes suivants qu'il faut chercher les signes qui annoncent le début de cette affection musculaire.
A. — Un spasme qui survient dans un muscle paralysé de la face, sous l'influence de son excitation artificielle, comme la faradisation à intermittences rapides, ou qui est provoqué par une friction pratiquée sur la muqueuse buccale, est un signe précurseur de la contracture de ce muscle.
— Cette proposition m'a été démontrée par des faits nombreux dont j'ai rapporté plusieurs exemples dans les précédentes éditions.
B. — Le retour rapide de la force tonique, dans un muscle de la face paralysé et privé de sa contractilité électrique, annonce généralement sa contracture prochaine. — Le spasme précurseur de la contracture musculaire n'existe pas toujours; de sorte qu'on ne reconnaît alors cette affection que lorsqu'elle a déjà déformé les traits. Cependant j'ai remarqué que les sujets, chez lesquels la contracture s'est déclarée, avaient recouvré la tonicité de leurs muscles paralysés plus rapidement que ceux qui n'avaient pas eu de contracture. Ainsi, j'ai dit précédemment que les muscles, dont la contractilité électrique était abolie, recouvraient leur tonicité bien avant les mouvements volontaires. Cette première période de retour de la tonicité à l'état normal a lieu ordinairement dans un certain ordre. Il faut en général, deux ou trois semaines, dans la paralysie de la septième pire au deuxième degré, pour que le premier mouvement tonique se manifeste. C'est d'abord le buccinateur qui paraît avoir le plus de
(l)Duchenne (de Boulogne), Ékd. loc, 1855, obs. clv, clix, et 186», obs. clvii.
tendance à recouvrer sa puissance tonique; après lui viennent dans l'ordre suivant : le grand zygomatique, le petit zygomalique, l'élévateur commun de l'aile du nez et de la lèvre supérieure, le pinnal radié, le carré, le triangulaire des lèvres, le releveur de la houppe du menton, l'orbiculaire des lèvres, l'orbiculaire des paupières, le frontal elle sourcilier, le triangulaire dunez et le dilatateur de l'aile du nez. Ces détails ont une importance réelle, car j'ai remarqué que si un de ces muscles paralysés de la face reprend plus rapidement que d'ordinaire sa tonicité (dans le premier septénaire), etsurtoutquand ce muscle retrouve cette propriété, pour ainsi dire, avant son tour, j'ai remarqué, dis-je, que ce phénomène, heureux en apparence, était le commencement d'une contracture qui ne tardait pas à accentuer les traits plus qu'à l'état normal, puis à s'aggraver progressivement. J'indique donc ce retour rapide et insolite de la puissance tonique dans un muscle paralysé au deuxième degré, comme un signe probable de la contracture prochaine de ce muscle, signe précieux de diagnostic, dans l'absence du spasme musculaire.
Quelques malades ont éprouvé des douleurs névralgiques siégeant dans les divisions de la cinquième paire. Chez d'autres sujets, les muscles étaient sensibles à la pression; mais ce n'était qu'une complication dont on ne pourrait faire un signe diagnostique, car la plupart des malades affectés de contracture n'ont pas éprouvé la moindre souffrance.
On verra bientôt combien il importe au médecin de connaître les signes précurseurs de la contracture musculaire, lorsqu'il est appelé à juger l'opportunité de l'emploi de la faradisation localisée ou à indiquer le mode d'application qu'il convient de choisir, dans le traitement de l'hémiplégie rhumatismale de la face.
III. — SYMPTOMES DE LA CONTRACTURE MUSCULAIRE CONSÉCUTIVE A LA PARALYSIE DE