ARÏ> ]. — CONTRACTURES DANS LA SEPTIÈME PAIRE
tième paire, où je n'avais pu empêcher la contracture du petit zygomatique qui donne une expression de chagrin, j'ai essayé avec succès de rétablir l'harmonie entre les deux côtés de la face, en contracturanl. au môme degré le petit zygomatique du côté sain. Ce fait a été exposé dans la précédente édition (1).
§ IX. — Traitement par le courant continu.
Il n'est pas d'affection paralytique qui guérisse mieux par la faradisation localisée que l'hémiplégie faciale a friyore. C'est un fait électro-thérapeutique que j'ai établi d'après des recherches faites sur une grande échelle, pendant plus de vingt ans. J'avoue que ce n'est pas sans surprise que j'ai vu des pathologistes ou des électropathes dont l'expérience clinique est restreinte, ou du moins qui n'ont pas fait de recherches sur la valeur thérapeutique de la faradisation localisée, contester l'exactitude de mon assertion, et avancer que l'hémiplégie faciale rhumatismale guérit mieux par les courants continus que par la faradisation.
Si celte dernière méthode a échoué entre leurs mains, c'est sans doute parce qu'ils ne se sont pas conformés aux préceptes que j'ai institués ; ils ont pu même aggraver la déformation des traits, car, je dois le redire, la faradisation des muscles mal appliquée peut produire des contractures, ainsi que j'en ai cité des exemples dans le cours de cet article.
Ce n'est pas que je veuille nier quo la galvanisation puisse guérir une hémiplégie rhumatismale de la face; je crois aux résultats thérapeutiques qu'ils ont obtenus à l'aide de ce mode d'électrisation. Mais quelle est la valeur réelle de leur guérison? Tout le monde sait qu'un bon nombre de ces paralysies guérissent facilement par les moyens ordinaires (vésicatoires, etc.), et même spontanément; aussi pour juger la valeur thérapeutique de la faradisation appliquée à leur traitement, ai-je eu besoin de catégoriser les cas et d'établir la gravité de mes pronostics d'après l'état de la contraclilité électrique des muscles paralysés. Or, c'est ce que les observateurs que je critique ont négligé de faire, ou mieux encore ce qu'ils n'avaient pas su faire. Eh bien! j'ai pris ce soin, dans les recherches que j'ai faites sur la valeur comparative de l'électrisation par les courants continus et par la faradisation dans l'hémiplégie faciale, et j'affirme que les courants continus se sont montrés tellement impuissants dans le traitement de cette affection que j'ai dû revenir à la faradisation localisée.
Tout le monde sait aujourd'hui que le courant continu a la propriété de réveiller à un certain degré l'excitabilité des muscles pa-
(l) Ducheune (de Boulogne), Élect. loc, 1861, obs. clxvii, p. 692.
ralysés qui ne se contractent pas par la faradisation ; c'est un fait que j'ai plusieurs fois et depuis bien longtemps constaté. (Ce phénomène est sans doute dû à l'action du courant continu sur la circulation locale; mais ce n'est pas ici le lieu d'agiter le mécanisme de ce phénomène.)
Cette propriété des courants continus d'augmenter l'irritabilité électrique des muscles paralysés, cette propriété, dis-je, qui n'est que temporaire, et qui n'existe pas dans tous les cas, n'augmente en rien leur pouvoir curatif sur la paralysie; c'est du moins ce qui résulte de mes expériences déjà assez nombreuses, non-seulement dans les paralysies rhumatismales de la face, mais aussi dans d'autres espèces de paralysies où la contractilité électro-musculaire est également altérée.
Admettant toutefois que l'action thérapeutique des courants continus soit égale à celle de la faradisation localisée, les inconvénients et môme les dangers de leur application à la face, suffiraient pour en faire rejeter remploi dans le traitement de l'hémiplégie faciale. Si l'on se rappelle que, dans un cas de paralysie faciale de la septième paire, où j'expérimentais l'action thérapeutique d'un courant galvanique, j'ai produit immédiatement une amaurose, on comprendra le danger de l'action puissante de ce courant sur la rétine (Voy. obs. I., p. 13).
A côté de cet accident, j'en puis rapporter un autre non moins grave qui est arrivé à Magendie lui-même.
Observation CLXXVI. — Une des proches parentes de Magendie, atteinte d'une hémiplégie rhumatismale de la septième paire, a été traitée par lui à l'aide de la galvano puncture. (A cette époque on ne faisait usage que de la pile de Cruikshank.) Quelques années plus tard, cette malade m'a été adressée par le professeur Ph. Bérard ; alors je constatai que du côté paralysé, la vue était considérablement affaiblie et j'appris que ce malheur était arrivé pendant le traitement par la galvano-puncture qui avait produit des phosphènes éclatants, qui fatiguaient la vue de la malade, et l'avaient forcée de suspendre le traitement. J'ajouterai pour compléter cette observation que cette paralysie est restée incurable.
La plupart des malades chez lesquels j'ai fait l'application des courants galvaniques à la face, éprouvent des étourdissements ; . une fois, le malade est tombé en syncope, après quelques secondes d'application.
Une dernière considération qui me ferait rejeter l'application des courants continus à la face, c'est qu'ils excitent d'une manière générale et me paraissent provoquer les contractures qui sont la terminaison habituelle de la paralysie de la septième paire.