‹ De l'electrisation localisee et de son application a la pathologie et la therapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 366 sur 543 · ART> I# CONTRACTURES DANS LA SEPTIÈME PAIRE · texte numérisé non relu

ART> I# CONTRACTURES DANS LA SEPTIÈME PAIRE

qui de cette façon agissent sur la contractilité volontaire, sans surexciter la contractilité tonique, ainsi que cela ressort de mes recherches, et comme j'aurai bientôt une nouvelle occasion de le démontrer. La contractilité tonique revient dans les muscles paralysés d'une manière inégale, de sorte qu'il est des muscles sur lesquels on doit continuer à diriger un courant rapide, tandis que d'autres ne doivent plus être excités que par des intermittences éloignées.

Il faut apporter une grande attention dans ce genre d'opération, car on pourrait donner plus ou moins de force tonique aux muscles et fausser la physionomie, si l'on n'y prenait garde. Les muscles qui sont le plus souvent mis en jeu pour l'expression des pensées et des passions les plus habituelles conservent, pendant le repos musculaire, une prédominance de force tonique, et impriment à la physionomie son cachet distinctif. Eh bien! cette physionomie, qui est l'œuvre de cette sorte de gymnastique de l'âme, est souvent détruite à tout jamais par les contractures consécutives à la paralysie de La septième paire. L'opérateur peut, avec de l'habileté, rétablir l'harmonie entre les deux côtés du visage, en prenant le côté sain pour modèle ; mais je ne saurais dire tout ce qu'il faut de temps pour obtenir une régularité parfaite. Il est peu de malades qui aient la patience de suivre le traitement jusqu'à complète guérison.

C. — Lorsque l'on voit se manifester dans un muscle paralysé les symptômes précurseurs de la contracture, on doit cesser à l'instant de l'exciter avec des intermittences rapides, ou tout au moins ralentir ces intermittences autant que possible, quand bien même les traits seraient encore affaissés.

Mais la contracture une fois déclarée, convient-il d'abandonner le traitement? J'ai étudié cette question avec le plus grand soin, et je suis arrivé à conclure de mes recherches, qu'en agissant de la sorte on laisse aux malades deux infirmités au lieu d'une. Le sujet de l'observation GLX, 2e édit., en est un exemple frappant : on a vu, en effet, que pendant le repos musculaire, son grand zygomatique droit est conlracturé, et que, s'il vient à rire, le grand zygomatique gauche se contracte seul, et entraine de son côté son homologue qui se laisse distendre. Si ce malade avait été traité par la faradisation, il eût très-probablement recouvré ses mouvements volontaires du côté paralysé, comme tous ceux qui se trouvaient dans le même cas, et il aurait aujourd'hui des mouvements expressifs égaux de chaque côté, ou à peu près égaux Je suis convaincu par l'expérience qu'en agissant prudemment, c'est-à-dire en éloignant les intermittences, en ne rapprochant pas trop et en ne prolongeant pas démesurément les séances, on n'aggrave pas la contracture, et qu'on réussit à rappeler les mouvements volontaires; mais alors on arrive plus lente-

a/0 LU Al'. AV. — "A 11 AL, ET CONïRACT. DE LA TÊTE ET DU TRONC.

ment au but. A l'appui de ce que j'avance, j'ai rapporté comme exemples trois faits dans la précédente édition (1).

Les faits que j'ai observés démontrent que, dans l'hémiplégie rhumatismale de la face, on peut soumettre à la faradisalion localisée les muscles menacés de contracture et même déjà contracturés, sans aggraver la contracture, pourvu que les intermittences du courant soient suffisamment éloignées.

M'aulorisant de mes recherches, je crois pouvoir affirmer que si, dans les cas que j'ai rapportés, j'avais dirigé un courant à intermittences rapides sur les muscles qui n'étaient que faiblement contraclurés, j'aurais aggravé les accidents de contracture, comme cela m'est arrivé chez un sujet dont j'ai faradisé longtemps les muscles contracturés avec un courant à intermittences rapides. A l'époque où je traitais ce malade, j'ignorais cette action spéciale des intermittences rapides des courants d'induction ; je n'avais pas encore découvert qu'il est possible d'augmenter la puissance tonique d'un muscle à l'état normal, jusqu'à le mettre dans une sorte de contracture; j'en ai cité un exemple (2). Une contracture générale et grave d'un côté de la face, qui a été la terminaison de l'hémiplégie rhumatismale dans un cas dont j'ai publié l'observation (3), me paraît avoir été augmentée, sinon provoquée par les longues et fréquentes séances de galvano-puncture et d'électrisation à intermittences rapides, auxquelles elle a été imprudemment soumise. Ce n'est pas un blâme que je veux déverser sur les confrères qui lui ont donné des soins, puisque les mêmes malheurs me sont arrivés, et que ce sont ces malheurs qui m'ont mis sur la voie des faits que je publie aujourd'hui.

Lorsque, pendant le cours de la maladie, la contracture s'est manifestée dans un muscle paralysé, je n'ai pas négligé de la combattre par l'élongation du muscle contracturé, tout en continuant à faradiser ce dernier de la manière que je viens d'indiquer. Pour pratiquer cette élongation, tantôt les malades exercent eux-mêmes des tractions sur les lèvres, les joues, les paupières, dans le sens des fibres musculaires; tantôt je leur fais placer, entre la joue et les mâchoires, une bille aussi grosse que possible, de manière à distendre fortement la joue, et conséquemment les muscles contracturés. 11 faut que cette élongation soit pratiquée d'une manière continue et plusieurs heures par jour.

La contracture d'un des muscles de la face n'occasionne souvent une difformité, que par le contraste choquant qui existe alors entre les deux côtés du visage. Dans un cas de paralysie de la sep-

(1) Duchenne (de Boulogne), Élect. loc. , 18G1, obs. clxiv, clxv et clxyi.

(2) Ibid., obs. clxvii.

(3) Ibitl., obs. clxvii.

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