III. — PARALYSIE DES PHAUYNGO-STAPHYLINS
L'affaiblissement ou la perte de la force tonique des pharyngosfaphylins agrandit nécessairement la courbe décrite par les piliers postérieurs du voile du palais, et diminue ou tend à faire disparaître le relief de ces piliers ; le mécanisme de ce changement de forme de l'isthme du gosier s'explique par l'action connue de ces muscles.
C'est en provoquant la contraction réflexe des pharyngo-staphylins que l'on doit trouver le signe évident de leur paralysie. Alors le mouvement de rideaux qu'ils exécutent, lorsqu'ils sont sains, ne peut plus avoir lieu, ou il se fait incomplètement ou d'un seul côté.
Une seule fois, je crois avoir bien observé la paralysie isolée des pharyngo-slaphylins, dans un cas où les autres muscles du voile du palais avaient recouvré leurs mouvements par la faradisation. Les piliers postérieurs et leurs arcs étaient à peine visibles. La titillation du voile du palais provoquait la tension et l'élévation de celte membrane, et en même temps la luette se raccourcissait en se redressant; mais les piliers restaient largement écartés l'un de l'autre, et ne formaient pas, par leur mouvement de rideaux décrit cidessus, la cloison qui intercepte en grande partie la communication de la portion buccale du pharynx avec sa portion nasale. La voix n'était plus nasonnée, mais la déglutition, et surtout celle des boissons, était gênée; ces dernières repassaient encore en partie par les narines, beaucoup moins toutefois que lorsque tous les muscles moteurs du voile du palais étaient paralysés.
La faradisation localisée guérit en général assez rapidement les pu-
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ralysies simples du voile du palais, c'est-à-dire celles qui ne sont pas symptomatiques d'une lésion organique ou de l'espèce morbide décrite, dans le chapitre VI, sous le nom de paralysie glosso-labiolaryngée. J'ai eu l'occasion de faradiscr un assez grand nombre de paralysies consécutives à l'angine couenneuse, et, bien qu'elles eussent résisté à tous les traitements antérieurs, — l'une d'elles datait môme de huit mois, — elles ont loutes guéri en quinze a trente séances. (Forcé de me resserrer, je regrette de ne pouvoir rapporter ici quelques-uns de ces faits.)
Le procédé opératoire est le môme que celui que j'emploie pour faradiser individuellement les muscles du voile du palais, et qui a été décrit précédemment. Je conseille de n'appliquer qu'un courant à rares intermittences, et celui de la première hélice, qui excite moins énergiquement le phosphène électrique.
§ V. — Paralysie du pharynx et de l'œsophage.
Bien que mes recherches ne m'aient encore rien appris de particulier ou de nouveau sur la paralysie musculaire du pharynx et de l'œsophage, je ne puis cependant la passer complètement sous silence, après avoir parlé de la paralysie du voile du palais à laquelle elle se trouve liée, à des degrés divers.
J'aurais désiré exposer les signes diagnostiques qui différencient les unes des autres les paralysies partielles du pharynx, de l'œsophage et du voile du palais. Les données fournies par la physiologie font bien prévoir quels doivent être ces signes ; mais n'ayant pas encore eu l'occasion de rencontrer parfaitement isolées la paralysie du pharynx ou celle de l'œsophage, je ne m'engagerai pas dans des considérations qui ne reposeraient que sur des hypothèses, et qui, malgré leur importance, doivent ici céder la place à des faits établis par l'expérience et par l'observation.
Je me bornerai à rappeler que la paralysie du pharynx est d'une extrême gravité, car, lorsqu'elle est complète, elle peut rendre la déglutition impossible, et occasionner conséquemment la mort par inanition. Sitôt donc que l'on a diagnostiqué cette paralysie, on ne doit rien négliger pour l'arrêter dans sa marche.
Lorsqu'elle n'est pas symptomalique d'une lésion organique, ni d'un état inflammatoire local, la faradisalion localisée, appliquée à temps, peut être utile et môme guérir, alors qu'elle s'est montrée rebelle à toutes les autres médications. Je dis qu'il faut l'appliquer à temps, c'est-à-dire que l'on ne doit pas attendre qu'elle soit arrivée à son maximum. Plusieurs fois, en effet, j'ai été appelé, in extremis, à faire intervenir thérapeutiquement la faradisation localisée ; dans aucun cas, ce traitement n'a pas exercé d'influence