I. — SYMPTOMES
A l'instant où le diaphragme se contracture, la moitié inférieure du thorax s'agrandit, surtout transversalement ; l'épigastre et les hypochondres se soulèvent; la suffocation est extrême; le malade essaye, mais vainement, de resserrer la base de son thorax, et de refouler ses poumons de bas en haut, en contractant énergiquement et d'une manière continue ses muscles abdominaux. Les viscères, comprimés alors en sens contraire par le diaphragme et par les parois abdominales, s'échappent de chaque côté dans les hypocondres, et augmentent ainsi mécaniquement le diamètre transversal de la base du thorax, déjà agrandie par l'action du diaphragme sur les côtes inférieures. Dès lors la respiration n'étant plus possible que dans la moitié supérieure de la poitrine, le malade contracte avec la plus grande énergie tous les muscles qui en produisent la dilatation; sa tête se renverse; ses épaules s'élèvent, et l'on sent ou plutôt l'on voit se contracter la portion claviculairedes trapèzes, lessterno-mastoïdiens, les scalènes, le tiers supérieur des grands pectoraux, et enCn les grands dentelés. La poitrine, agrandie notablement dans sa moitié supérieure, revient sur elle-même, par le relâchement brusque de ces muscles. C'est ainsi que s'accomplit la respiration qui se compose d'une inspiration brusque, pendant la contracture du diaphragme, et d'une expiration courte, tandis que la moitié inférieure du thorax se dilate d'une manière permanente. Ces mouvements respiratoires partiels sont d'abord trôs-rapprochés, mais bientôt ils s'affaiblissent et se ralen
peut rappeler ù la vie des animaux dont le cœur avait cessé de battre dans l'info*! cation cliloroformique. ' 0X1
tissent ; et alors apparaissent tous les symptômes de l'asphyxie. On conçoit que si alors ce spasme continu du diaphragme se prolonge, Ja mort en est la fin inévitable.
La contracture de la moitié du diaphragme occasionne une grande gêne dans la respiration, mais ne peut déterminer l'asphyxie.
Ce tableau des graves désordres occasionnés, dans la respiration de l'homme, par la contracture du diaphragme, je l'ai tracé, en 1853, dans mon mémoire sur le diaphragme, d'après les phénomènes électro-physiologiques que j'ai observés, chez les animaux dont j'ai mis artificiellement le diaphragme en état de contraction continue. Si, à celte époque, je n'ai pas eu à rapporter des faits de contracture du diaphragme, chez l'homme, c'est que, n'en connaissant les symptômes que depuis peu, je n'avais pas encore eu le temps de l'observer. « Ne serait-ce pas, écrivais-je alors, la contracture du diaphragme qui, dans le tétanos et dans d'autres affections spasmodiques, occasionne rapidement la mort?... C'est ce que je me propose de chercher. »
Plus tard mes prévisions ont été réalisées ; l'observation est venue démontrer en effet que la contracture du diaphragme dont la symptomatologie n'était pas connue, existe réellement en pathologie, et, ainsi que je l'avais annoncé, qu'elle est une des affections les plus graves qui menacent la vie de l'homme.
Peu de temps après la publication de mes recherches sur le diaphragme, M. le docteur Valette, médecin à l'hôpital de Metz, reconnut, chez un de ses malades, tous les symptômesqui caractérisent la contracture du diaphragme ; la terminaison fut mortelle. En 1853, il en a adressé une observation à l'Académie de médecine, en laj faisant suivre de réflexions importantes.
Ce fait, parfaitement observé, a été rapporté dans les éditions précédentes (1).
En résumé, les symptômes de la contracture du diaphragme, observés chez l'homme par M. le docteur Valette, ont confirmé l'exactitude de la description que j'avais déduite antérieurement de mes recherches expérimentales faites sur des animaux. La contracture du diaphragme n'est donc plus une hypothèse ; c'est una triste réalité, dont la terminaison paraît être jusqu'à présent une mort inévitable.