II. — ANESTHÉSIE DES ORGANES GÉNITAUX ET IMPUISSANCE
Il est encore une autre question importante à examiner à l'occasion du malade dont il vient d'être question : c'est l'action exercée par la faradisation localisée sur l'impuissance.
Il est incontestable que M. de L. a dû à l'application de ce trai-
(1) Duchenne (de Boulogne). Elect. loc, 18G1, obs. CLXXXIX, p. 74G.
lement le rétablissement de ses fonctions génératrices dont il a été privé pendant plusieurs années. L'ayant revu trois ans après, j'ai constaté que son impuissance n'avait plus reparu.
J'avais commencé avec F. Lallemand des expériences que j'ai poursuivies et dont voici sommairement le résultat.
L'impuissance est souvent due à des pertes séminales, suite d'abus vénériens. Eh bien! l'excitation de la sensibilité cutanée et la faradisation directe des vésicules séminales par l'excitation rectale augmentent encore ces pertes en général.
Lallemand pensait que, dans ces cas, il pourrait être utile d'exciter l'orifice urélhral des canaux éjaculateurs, afin d'en produire îe resserrement, en augmentant leur force tonique. Voici comment j'ai agi dans ces circonstances : j'ai introduit jusqu'au vérumontanum un rhéophore olivaire urélhral, libre seulement à son extrémité et isolé dans le reste de son étendue, et j'ai placé sur le périnée un second rhéophore humide; puis j'ai fait passer un courant à intermittences rares et peu intenses. L'orifice uréthral des canaux éjaculateurs m'a paru se resserrer après cette opération, car, dans un bon nombre de cas du moins, les pertes ont diminué ou bien ont disparu.
Assez fréquemment dans des cas de pertes séminales datant d'un temps plus ou moins long, j'ai expérimenté cette méthode de traitement qui a obtenu souvent la guérison, entre autres chez trois médecins qui m'ont laissé la relation de leur maladie et le résultat de leur traitement. L'un de ces derniers, praticien distingué de Pologne, m'a engagé à publier son observation. Ses pertes séminales dataient de dix-neuf ans; elles avaient résisté à tous les traitements dirigés cependant par des praticiens renommés, par le professeur Pirogoff entre autres. Elles l'avaient fait tomber dans cet état physique et moral si bien décrit par Lallemand (1). Après une trentaine de séances pratiquées dans l'espace de trois mois, sa guérison était complète. Cinq mois plus tard, cette guérison s'était parfaitement maintenue.
Lorsqu'on a vu les pertes diminuer et qu'il est indiqué d'agir contre l'impuissance, on excite les testicules en plaçant sur ces organes des rhéophores humides. Il faut mettre beaucoup de prudence dans la pratique de cette opération, qui est douloureuse, et ne faire passer qu'un courant modéré de la deuxième hélice et à rares intermittences. Il m'est arrivé deux fois, m'étant écarté de cette manière d'agir, de développer une névralgie des testicules qui persista plusieurs semaines. Celte névralgie était caractérisée par une douleur du cordon, qui remontait dans l'hypogastre, dans les lombes, et n'apparaissait que par intervalles.
(1) Lallemand, Des perles séminales involontaires . Paris, 1836-42.