‹ De l'electrisation localisee et de son application a la pathologie et la therapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 40 sur 543 · OG CUAP. III. — LES PRINCIPALES MÉTHODES D'ÉLECTBÏSATION · texte numérisé non relu

OG CUAP. III. — LES PRINCIPALES MÉTHODES D'ÉLECTBÏSATION

en effet, des observations de guérisons incontestables, dues à l'application de l'électricité de tension, dans les auteurs qui, à cette époque, se sont occupés d'électricité médicale, c'est-à-dire de 1743 à 1754. Ainsi Kruger, professeur à Helmstadt, est le premier qui l'ait employée, comme agent thérapeutique, au commencement de 1744. Deux années plus tard, en 1746, lorsque l'on fut familiarisé avec les effets de la bouteille de Leyde, dont les fortes décharges avaient d'abord inspiré une grande terreur, Herman-Klyn guérit, avec cet appareil, une femme qui était paralysée depuis deux ans. Après ces observateurs, viennent l'abbé Nollet, Privata (de Venise), Sauvage, Zindult, médecin suédois, qui l'employa dans le traitement de la chorée en 1753 (1).

L'électricité médicale, injustement abandonnée quelques années après sa naissance, fut reprise avec une nouvelle ardeur. Mauduit fut nommé rapporteur d'une commission par la Société royale de médecine, à l'effet de déterminer la valeur réelle de l'électricité employée contre la paralysie. Malgré le brillant rapport de ce savant physicien, fait en 1773 dans lequel la guérison des paralysies par l'agent électrique était présentée comme étant la règle, malgré les travaux de l'abbé Bertholon, en 1779, de Cavallo, en 1780, de James Larry, en 1800, enfin malgré un grand nombre d'écrits qui furent publiés sur ce sujet, en France, en Angleterre, en Allemagne, etc., l'électricité ne put supporter l'épreuve du temps. Les résultats n'ayant pas paru en rapport avec les espérances qu'en avaient conçues quelques esprits ardents, il s'ensuivit une sorte de déconsidération pour cet agent thérapeutique.

Cependant la découverte de Galvani, qui date de 1789, et, bientôt après, la pile de Volta offrirent à la médecine une nouvelle source d'électricité bien précieuse, dont on fit de nombreuses applications thérapeutiques, surtout en Allemagne, de 1797 à 1804. — Je reviendrai plus loin sur ce point historique, quand je traiterai de l'application des courants continus (voy. art. 3). Mais, cette fois encore, soit que les promesses peut-être exagérées des expérimentateurs n'aient pas été réalisées dans la pratique générale, soit qu'on ne sût pas tirer parti de cet agent, soit que les appareils alors en usage fussent insuffisants, ou d'une action irrégulière, ou d'une application difficile et incommode, l'électricité galvanique ne put sauver l'électricité médicale d'une indifférence générale.

Tel était l'état de l'électricité médicale en France, à l'époque où

(1) On pourrait certainement faire remonter l'électricité médicale aux temps les plus reculés, car on sait que l'électricité de la torpille fut employée dès l'antiquité, bien avant Galien, comme remède contre un certain nombre de maladies. (Quelques médecins l'emploient encore de nos jours dans les contrées où se trouve la torpille. J'ai connu un habitant de la Martinique qui avait été guéri d'une hémiplégie faciale par les décharges de la torpille.)

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Sarlandière eut l'ingénieuse idée de faire servir l'acupuncture à diriger et à limiter la puissance électrique dans la profondeur des organes (1) . Cette méthode qui suppléait à la faiblesse des appareils, en augmentant la puissance de l'action physiologique de l'électricité, sans exposer les malades aux effets foudroyants de la bouteille de Leyde, remplaça bientôt les procédés anciens, et donna une nouvelle vie à l'électricité médicale. Magendie contribua puissamment, par son talent et par l'autorité de son nom, à la vulgariser.

§ II. — Considérations critiques.

Je vais essayer de démontrer que l'électropuncture est loin d'atteindre le but que s'étaient proposé Sarlandière et Magendie.

I. — L'électropuncture ne localise pas exactement l'excitation électrique

dans les organes.

J'espère fournir la preuve de cette proposition, en analysant successivement les phénomènes de sensibilité électro-cutanée et les phénomènes de contractililé et de sensibilité électro-musculaires qui se développent sous l'influence de l'électropuncture.

Chez les sujets maigres, ou chez ceux dont le tissu cellulaire souscutané est peu abondant, des aiguilles enfoncées dans la peau, de manière à ne pas dépasser l'épaisseur du derme, produisent, même sous l'influence d'un courant assez faible, l'excitation simultanée de la peau et des muscles ou des nerfs, si ces aiguilles sont placées au niveau ou de ces muscles ou de ces nerfs. Pour que l'excitation électrique soit arrêtée dans la peau, il faut que le tissu cellulaire soit abondant ou infiltré de sérosité, et que le courant soit très-faible.

L'électropuncture ne peut provoquer la contraction musculaire sans exciter en môme temps la sensibilité de la peau. Dans le but d'empêcher l'action des aiguilles sur la sensibilité cutanée, M. Pétrequin a fait recouvrir le corps de ces aiguilles d'une couche de caoutchouc, ne laissant libres que leurs extrémités, dans l'étendue d'un ou de deux millimètres, àparlir d'un millimètre de la pointe. Mais bientôt l'enduit de caoutchouc, qui n'est pas assez épais, s'humecte et seramollit, lorsque l'aiguille plonge dans les tissus; alors il se laisse traverser par le courant qui excite la peau presque aussi vivement que si l'aiguille agissait à nu. Les malades sur lesquels j'ai fait l'essai comparatif de ces aiguilles et des aiguilles ordinaires, n'ont ob-

(1) Sarlandière, Mémoires sur l'électropuncture . Paris, 1825.

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