‹ De l'electrisation localisee et de son application a la pathologie et la therapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 408 sur 543 · ART. I, § H. — PARALYSIE DU GRAND DENTELÉ · texte numérisé non relu

ART. I, § H. — PARALYSIE DU GRAND DENTELÉ

direction, horizontale, et que pour l'élever un peu plus, le malade incline instinctivement le tronc du côté opposé.

L'élévation du bras élant aussi limitée, on serait porté à admettre, dans ces cas la possibilité de la complication d'une paralysie du deltoïde; mais il suffit de fixer solidement avec la main le scapulum contre la poitrine, en portant en avant son angle inférieur, pour se convaincre que le malade peut facilement élever le bras verticalement : ce qu'il ne pourrait faire évidemment, si le deltoïde était paralysé.

Ces signes sont loin d'être aussi tranchés, lorsque l'atrophie du grand dentelé est moins avancée. Il importe donc de connaître les symptômes qui annoncent le début de celte maladie ; je vais les exposer. En faisant porter un peu en dehors les bras d'un sujèt dont on explore les muscles de l'épaule, si l'on voit saillir de 1 à 3 centimètres le bord spinal du scapulum, et qu'en môme temps l'angle inférieur de cet os se porte un peu moins en avant que du côté opposé, on peut être certain que le grand dentelé commence à s'atrophier ou à se paralyser, bien que l'élévation verticale se fasse encore normalement. C'est parce que j'ai observé ces premiers symptômes, au début de plusieurs FlG- ls8 ^ atrophies ouparalysies dugrand

dentelé, qui ont ensuite progressé, que je les décrits comme appartenant au premier degré de cette maladie.

J'ai observé ce premier degré d'affection du grand dentelé, entre autres, chez une jeune fille âgée de quatorze ans. Sitôt qu'elle écartait le bras droit du tronc, le bord spinal de son scapulum s'éloignait du thorax, ce qui n'avait pas lieu du côté opposé. Mais, au delà de ce degré d'écarlement du bras, le bord spinal du scapulum s'appliquait solidement contre le thorax, puis cet os exécutait normalement son mouvement de bascule, pendant l'élévation du bras.

J'ai encore observé, chez deux autres jeunes filles, l'une âgée de

(*) Le même sujet est représenté dans la figure 1S9, les bras tombant sur les côtés du tronc.

ireize ans, l'autre de neuf ans, pendant un léger écarlement du bras, le môme mouvement pathologique du scapulum, trahissant un commencement de paralysie ou d'atrophie du grand dentelé. Dans tous ces cas, j'ai constaté que ce muscle se contractait électriquement beaucoup moins énergiquement, du côté malade que du côté sain.

Fig. 189 (*). Fig . 190 (**).

Celte lésion musculaire n'occasionne, à ce degré, aucune souffrance, aucune gêne dans les mouvements du membre supérieur; c'est une difformité qui apparaît seulement dans certains mouvements, dans certaines attitudes.

Les signes palhognomoniques de l'atrophie du grand dentelé, ne se manifestent que pendant l'élévation volontaire du bras. J'ai démontré en effet que l'atrophie du grand dentelé n'occasionne

(*) (**) Fig. 189 et 190. — Attitude vicieuse du scapulum droit, pendant le repos musculaire, produite par l'atrophie des deux tiers inférieurs du trapèze droit, à l'exception de la portion acromiale et claviculaire de ce muscle. — Le bord spinal de cet os est plus éloigné de la ligne médiane que celui du côté sain, et l'épaule droite est plus abaissée, à cause de l'atrophie du tiers moyen du trapèze. — Chez ces sujets, le grand dentelé est également atrophié à droite, ce que l'ou ne soupçonnerait pas à l'attitude de leur scapulum droit, lorsque leurs bras tombent sur les côtés du troue. — Voir l'obs. du sujet de la fig. 189 dans Élect. loc. 1855, obs. XX.Y11I, p. 326.

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