CONTRACTURE DU DELTOÏDE
ART. n, s
tête de son côté (1), tandis que, dans l'autre, la tète tourne sur son axe du côté opposé à la contracture. J'ajouterai que la différence des reliefs musculaires suffirait pour distinguer ces deux contractures l'une de l'autre.
La contracture du sterno-cleïdo-masloïdien, de môme que celle
du splénius, incline la téte de son côté. Mais dans la première la téte est penchée en avant et la tête tourne du côté opposé, tandis qu'elle est renversée en arrière dans la seconde et tourne du côté conlracturé.
Est-il besoin de dire encore que chacune de ces contractures se distingue de l'autre par le relief et la dureté du muscle contracturé ?
Une fois seulement, il m'a paru que la conlracturé était parfaitement localisée dans le splénius ; on comprend que je ne saurais dire alors si les petits muscles rotateurs de la tête qui sont profondément si- FlG- 198- - Attitude pathologique (torticolis) de
^ 1 la tète par contracture du splénius droit.
tués, étaient ou non contrac-
turés. Quelquefois ou l'angulaire de l'omoplate, ou la portion élévatrice du trapèze, ou le deltoïde, etc., étaient en même temps contraclurés simultanément du même côté. Alors les signes qui caractérisent ces contractures s'ajoutaient à ceux qui sont propres à la contracture du splénius.
Forcé d'abréger cet article, je ne rapporte pas ici les faits intéressants de contracture du splénius que j'ai recueillis. Je n'en relaterai qu'un cas, en traitant de l'élcclrothérapie des contractures.
§ IV. — Contracture du deltoïde.
On savait que le deltoïde est l'agent principal de l'élévation du bras; en faisant mouvoir celui-ci sur le scapulum, il en produit l'écartement du tronc ou en dehors avec son tiers moyen, ou en avant et en dedans avec son tiers antérieur, ou en arrière et en dedans
.(1) Si cette figure 200 avait été dessinée de face comme pour la figure 197, on verrait que la tête est tournée à droite.
9G2 Cil A P. XVI. — PARALYSIES ET CON'i'RACTUR ES DES MEMBRES, ETC.
avec son tiers postérieur; mais on ignorait que la contraction isolée de ce muscle produit des désordres considérables dans l'altitude de l'omoplate.
Voici, en effet, ce que montre l'expérimentation électro-physiologique.
Pendant que le membre supérieur est écarté d u tronc par la contraction isolée du deltoïde, il pèse de tout son poids sur l'angle externe duscapulum, et fait exécuter à celui-ci deux mouvements : 1° un mouvement de bascule, par lequel l'acromion est déprimé, tandis que l'angle inférieur B (fig. 199), s'élève et se rapproche de
la ligne médiane ; 2° un mouvement de rotation sur un axe vertical fictif place au niveau de l'angle externe, mouvement qui éloigne du thorax son bord spinal. Entre ce bord spinal et le point correspondant du thorax, on voit se former une gouttière plus ou moins profonde.
Comme celte action perturbatrice du deltoïde sur l'attitude del'omoplate était ignorée avant mes recherches électro-physiologiques, il n'est pas étonnant que la contracture dece muscle, ou plutôt le mécanisme et la cause des désordres partiels qu'elle occasionne aient été également méconnus ; la description de la contracture du deltoïde était donc encore à faire.
J'ai observé un cas de contracture en masse de tout le deltoïde. Le bras était constamment écarté du tronc, en dehors, et le scapulum offrait l'attitude vicieuse que l'on produit artificiellement par la faradisation de ce muscle, telle que je l'ai décrite et représentée ci-dessus dans la figure 199. Le sujet pouvait rapprocher l'humérus du tronc par la contraction de la portion externe du grand dorsal et de la portion inférieure du grand pectoral, sans toutefois pouvoir l'appliquer contre le corps. Alors on voyait l'angle inférieur du sca-
(*) Mouvement pathologique dn Bcapulum droit occasionné par la paralysie du grand dentelé, pendant l'élévation du bras. — Même mouvement anormal du scaoulum eauche oar récitation électrique du deltoïde gauche.
Fig. 199 [*).