‹ De l'electrisation localisee et de son application a la pathologie et la therapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 422 sur 543 · II. — TROUBLES FONCTIONNELS ET SIGNES DIAGNOSTIQUES · texte numérisé non relu

II. — TROUBLES FONCTIONNELS ET SIGNES DIAGNOSTIQUES

Les sujets dont les fléchisseurs sublime et profond sont paralysés ne peuvent plus fléchir les deux dernières phalanges sur les premières. Ils conservent cependant le pouvoir de fléchir les premières phalanges ; mais ce mouvement de flexion est alors inséparable de celui d'extension des deux dernières phalanges. Si, en effet, chez un sujet privé de l'action de ses fléchisseurs sublime et profond, on maintient les deux premières phalanges des doigts dans la flexion, de manière à relever en môme temps les premières phalanges, si ensuite on engage le malade à fermer la main, on voit les premières phalanges s'infléchir pendant que les deux dernières s'étendent, et cela avec d'autant plus de force qu'il fait plus d'effort pour fléchir ses trois phalanges. Est-il besoin de dire que ce mouvement en sens inverse des trois phalanges est exécuté par ses muscles interosseux et lombricaux ?

(l) M. Cliassaignac a bien voulu soumettre à mon observation un homme dont les tendons fléchisseurs sublime et profond, divisés par un instrument tranchant, au niveau du poignet, ne s'étaient pas réunis après la guérison de la blessure. Bien qu'il cftit perdu, avec l'action de ces muscles, la flexion des deux dernières phalanges, j'ai constaté qu'il fléchissait puissamment avec ses interosseux les premières phalanges sur les métacarpiens, par exemple, celle de l'index avec une force de 15 kilos.

ART. m, § IV- — PARALYSIE DES OPPOSANTS DU POUCE. 97 J

Consécutivement à la paralysie des fléchisseurs sublime et profond, l'extension des deux dernières phalanges s'exagère progressivement à tel point, que l'on voit à la longue ces phalanges se renverser sur leur face dorsale, et former un angle ouvert en arrière, au niveau de leurs articulations.

J'ai une fois observé l'atrophie isolée des faisceaux du fléchisseur sublime du médius et de l'annulaire, ces doigts étaient déformés comme dans la figure 204 ; le sujet n'en pouvait mouvoir que les articulations métacarpo-phalangiennes et phalangetto-phalangienne.

La paralysie du fléchisseur profond se reconnaît à l'impossibilité de fléchir la dernière phalange. Les troubles fonctionnels qui en résultent sont beaucoup moins graves que ceux qui sont produits par la perte du fléchisseursublime. Cependant elle occasionne une gêneassez grande dans certaines professions. Ainsi j'ai rencontré l'atrophie du fléchisseur profond chez une pianiste de talent, qui ne pouvait plus tirer de son instrument une

aussi grande puissance de son qu'avant celle atrophie, bien qu'elle eût conservé l'agilité de sa main et de ses doigts. Cela dépendait de ce que ses dernières phalanges se renversaient sur les secondes,, quand elle les posait sur les touches, à cause de la faiblesse ou de l'inertie de ses fléchisseurs profonds.

Fig. 204.

§ iv. — Paralysie €les muscles ou faisceaux musculaires producteurs de l'oppositiou du pouce.

J'ai observé fréquemment la paralysie partielle des muscles de l'éminence thénar, à la suite de la lésion Iraumatique de la branche terminale du nerf médian, qui se distribue au muscles de l'éminence thénar; alors la paralysie est limitée au court abducteur, à l'opposant et à la porlion externe du court fléchisseur du pouce (1); mais la lésion de cette branche terminale du médian

(1) Depuis longtemps j'avais observé, à l'aide de l'exploration électrique, que,, consécutivement à l;i lésion traumatique du nerf médian ou de sa branche terminale, tous les muscles de l'éminencc lliénar étaient paralysés ou atrophiés à l'exception du faisceau interne du court fléchisseur qui se rend à l'os sésamoïde interne ; d'autre part, j'avais vu que la lésion du nerf cubital atteignait toujours en

n'en atteint pas toujours toules les fibres, et conséquemment la paralysie peut se localiser dans l'un des muscles qu'elle anime.

La paralysie saturnine ou végétale atteint quelquefois les muscles de l'éminence thénar.

Enfin l'atrophie musculaire progressive débute ordinairement par les muscles de l'éminence thénar en les détruisant partiellement et successivement (voy. fig. 108, p. 494 et HO, p. 495). C'est cette maladie qui m'a offert des occasions fréquentes d'étudier les faits physiologiques et pathologiques que je vais exposer.

Trois muscles concourent à l'opposition du pouce : ce sont les muscles dits opposant, court fléchisseur, dans sa portion externe, et court abducteur.

L'opposant n'agit que sur le premier métacarpien ; il est le moins opposant des trois muscles précédents, alors même qu'il place le premier métacarpien à son maximum d'opposition, comme je l'ai représenté dans la fig. 203. On voit que l'extrémité du pouce,

quele muscleprécédent; de plus, il incline latéralement la première phalange, qu'il fait tourner

interne du court fléchisseur devait recevoir son innervation a la fois du nerf cubital et du nerf médian. Des anatomistes, entre autres, M. Cruveilhier à qui j'avais communiqué mon hypothèse, déduite de l'observation clinique, m'a dit n'avoir pu trouver un filet nerveux provenant du nerf cubital et se rendant à ce faisceau musculaire. L'anatomie pathologique vient de donner raison à mon hypothèse ; en effet un élève de M. Charcot a constaté récemment à l'examen nécroscopique, l'atrophie et la dégénérescence graisseuse de ce faisceau interne du court fléchisseur, survenues à la suite de la lésion Lraumatiquc du nerf cubital, chez une femme qui est morte dans le service de M. Charcot. Ce fait anatomo-pathologiquc a été communiqué à la société de Biologie, dans sa séance du 17 avril 1872 (voy. aussi lievuc photographique des hôpitaux, mars et avril 1872).

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