‹ De l'electrisation localisee et de son application a la pathologie et la therapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 437 sur 543 · I. — FAITS l'HYSIOLOCIQUES FONDAMENTAUX · texte numérisé non relu

I. — FAITS l'HYSIOLOCIQUES FONDAMENTAUX

L'élude physiologique du triceps sural est inséparable de celle du long péronier. Aussi exposerai-je ici parallèlement le résumé de mes recherches électro-physiologiques sur ces deux muscles.

A. — Triceps sural. — Le triceps sural (jumeaux et soléaire) étend avec une grande puissance l'arrière-pied et la moitié exlerne de l'avanl-pied ; il n'exerce aucune action sur la moitié interne de ce dernier. Après avoir produit le maximum d'extension du pied, dans son articulation tibio-larsienne, il lui imprime un mouvement de pivot sur l'axe de la jambe, de manière que sa pointe est portée en dedans et le talon en dehors; en même temps, il le fait tourner sur son axe antéro-postérieur en abaissant davantage son bord externe, tandis que son bord interne s'élève. Il en résulte que la plante du pied regarde en dedans.

On peut diviser en deux temps les mouvements articulaires qui ont lieu dans le tarse, sous l'influence du triceps sural, savoir : un premier temps pour le mouvement de l'articulation tibio-larsienne, et un second temps pour celui de l'articulation calcanéo-astragalienne.

Dans le premier temps, le calcanéurn, en s'étendanl, fait mouvoir l'astragale dans sa mortaise, et entraîne puissamment, dans le mouvement d'extension qui en résulte, le cuboïde et les deux derniers métatarsiens, comme s'ils ne formaient qu'un seul os avec lui, parce qu'il leur est uni, par le ligament calcanéocuboïdien inférieur, très-solidement et de telle sorte que ces os ne peuvent se mouvoir de bas en haut que dans une étendue trèslimitée. Mais, comme il n'existe pas à la face plantaire de ligament qui, pendant l'extension de l'arrière-pied, empêche la partie infe.rne rie l'nvanf-nieH rie rnmnnlpr. si une force aeit sur elle en

ART> jVj § r. — PARALYSIE DU TRICEPS SURAL. 98 5

sens contraire de l'extension, le premier métatarsien, le premier unéiCe et le scaphoïde cèdent à la P^.^^££ leur est opposée par le sol, malgré l'extension puissante exercée par le triceps sural sur les autres parties du pied. .

Le second temps commence au moment où l'astragale est arrivée aux dernières limites de son mouvement d'extension. A ce moment, le diamètre antéro-postérieur des surfaces articulaires du calcanéum étant oblique de bas en haut et d'arrière en avant, la moindre traclion exercée sur le tendon d'Achille fait glisser le calcanéum sur l'astragale. Ce glissement ne pouvant avoir lieu d'avant en arrière sous l'influence du triceps sural, parce que les ligaments qui unissent le calcanéum à l'astragale et au scaphoïde s'y opposent, le calcanéum se meut sur l'astragale, suivant la direction oblique d arrière en avant et de dedans en dehors des facettes de l'articulation sous-astragalienne. Ce glissement du calcanéum sur l'astragale produit un double mouvement de rotation du calcanéum sur son grand axe et sur l'axe de la jambe. C'est de ce double mouvement du calcanéum que résultent l'adduction du pied et le renversement de sa face dorsale en dehors.

B. Long péronier. — 1° Le long péronier abaisse le bord interne de l'avant-pied et creuse la voûte plantaire; il maintient solidement, à la manière d'un ligament, le premier métatarsien dans cet état d'abaissement, pendant que le triceps sural étend avec force l'arrière-pied et la partie externe de l'avant-pied dans l'articulation tibio-tarsienne. 2° Il imprime ensuite au pied un double mouvement de rotation, en vertu duquel ce dernier se porte dans l'abduction ; en môme temps son bord externe s'élève. 3° Ce muscle agit faiblement comme extenseur sur l'articulation tibio-tarsienne.

L'abaissement du bord interne du pied par le long péronier est le résultat d'une série de petits mouvements articulaires successifs. Ainsi le premier métatarsien s'abaisse sur le premier cunéiforme, celui-ci sur la scaphoïde, et ce dernier sur l'astragale. La tête du premier métatarsien (la saillie sous-métatarsienne ou talon antérieur) est alors abaissée chez l'adulte dont la voûte plantaire est normale, d'environ un centimètre et demi par le premier mouvement, et d'un centimètre par le second ; le dernier mouvement a moins d'étendue.

Au maximum d'action du long péronier, la tôle du premier métatarsien se trouve placée sur un plan inférieur à celui de la tôle du second métatarsien. Le mouvement du bord interne de l'avantpied ayant lieu alors obliquement en bas et en dehors, la tôte du premier métatarsien exécute une sorte de mouvement d'opposition et va recouvrir un peu la tCte du second métatarsien. Enfin, au plus haut degré de contraction du long péronier, les trois cunéi-

rieure, ce qui imprime à l'avant-pied un mouvement de torsion qui se propage à tous les métatarsiens et diminue le diamètre transversal de cet avant-pied.

Les mouvements d'abduction du pied et d'élévation de son bord externe, dus à l'action du long péronier, sont la conséquence du glissement du calcanéum sur l'astragale, en sens inverse de celui qui a heu sous l'influence du triceps aurai*

Ce glissement est favorisé par les dispositions anatomiques des surfaces de l'articulation calcanéo-astragalienne, mais il ne pourrait se faire, sans l'existence de la fosse triangulaire, profonde, qui termine en dehors le sillon interosseux, creusé sur la face supérieure du calcanéum. En effet, pendant que l'astragale se meut sur le calcanéum, sous l'influence de la contraction du long péronier, le bord antérieur de la facette articulaire postérieure de l'astragale s'enfonce dans cette fosse triangulaire, repoussant devant elle la partie correspondante du ligament interosseux.

Page 1