‹ De l'electrisation localisee et de son application a la pathologie et la therapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 441 sur 543 · ART. IV, § IL — PARALYSIE DU LONG PÉRON 1ER · texte numérisé non relu

ART. IV, § IL — PARALYSIE DU LONG PÉRON 1ER

ligamenteuses qui entretenaient le valgus. Ce valgus, enfin, ne s'est plus reproduit, quoique la malade ne portât point d'appareil et continuât de marcher, parce que la cause productrice principale de ce valgus, la station sur le bord externe du pied, n'existait plus.

Et cependant la réduction du valgus par la ténotomie des muscles rétractés et par certaines manipulations, quand il n'y a que des contractures ou des résistances ligamenteuses, est la première et même la seule pratique qui, jusqu'à ce jour, ait préoccupé le chirurgien ! Tout en reconnaissant l'utilité sinon la nécessité d'en venir tôt ou tard à celte intervention de la chirurgie, le fait thérapeutique précédent démontre que celte déformation du pied n'est pas la maladie ou la lésion principale qui doive être combattue avant tout. Je puis môme ajouter que l'on est peu avancé, alors même que l'on a triomphé de cette lésion secondaire.

Le fait suivant démontre la vérité de celle assertion encore mieux que le précédent.

Observation CXCVI. — Pied plat valgus douloureux accidentel, datant de deux ans. — Contracture du court péronier et du long extenseur des orteils. — Paralysie du long péronier. — Guérison sous l'influence de la faradisation de cette paralysie, et conséquemment des douleurs, du pied plat, accidents qui avaient persisté après la ténotomie, malgré la réduction du valgus.

De même que pour le pied plat valgus douloureux accidentel, de même, dans le pied plat valgus douloureux congénital, l'expérimentation est venue confirmer l'exactitude de la genèse du valgus secondaire que je viens d'exposer. Ainsi, il n'est pas jusqu'à ce jour un pied plat valgus congénital douloureux, chez lequel je n'aie pas vu la douleur provoquée par la station ou la marche disparaître rapi dément sous l'influence de la faradisation du long péronier. Les malades ont remarqué alors qu'ils appuyaient de mieux en mieux

(*) Pied plat valgus avant le traitement.

FlG. 219 (*).

Fio. 220 (**).

sur la saillie sous-métatarsienne du gros orteil, où l'on voyait d'ailleurs apparaître un épaississemenl de l'épiderme. Dans plusieurs cas môme et chez déjeunes sujets, celle excitation faradique suffisamment prolongée du long péronier a formé la voûle plantaire dont la courbe a augmenté progressivement.

Je ne veux pas entrer trop avant dans cette question thérapeutique dont lout le monde comprend l'importance et la nouveauté. Je n'en ai parlé ici qu'au point de vue du problème pathologique que j'avais à résoudre, à savoir : 1° que le long péronier latéral est le seul muscle de la voûte plantaire qui maintienne solidement abaissée la saillie sous-métatarsienne (que j'ai appelée pilier antérieur de la voûte plantaire ou talon antérieur) ; 2° que par le fait de son défaut d'action, il se produit un pied plat, accidentel ou congénital, et secondairement un valgus ; 3° que ce pied plat occasionne des troubles spéciaux pendant la marche et la station ; 4° qu'il provoque des déformations et des douleurs qui peuvent alors ôlre attribuées à un faux point d'appui sur le bord externe du pied.

III. — RÉFUTATION DES OBJECTIONS DE BONNET (DE LYON) CONTRE LES PRINCIPES PHYSIOLOGIQUES EXPOSÉS DANS CE PARAGRAPHE.

La solution d'un des problèmes importants de ce paragraphe, l'action propre du long péronier latéral, est aussi complète que possible ; les éléments de ma démonstration ont été puisés dans l'expérimentation électrophysiologique, dans la pathologie et dans la thérapeutique., éléments, qui eux-mêmes se sont contrôlés et prouvés mutuellement.

Malgré cet ensemble de preuves, les nouveaux principes physiologiques qui ont mis en lumière la genèse du pied plat valgus, n'ont pas été compris, à mon grand regret, par Am. Bonnet (de Lyon). Ce célèbre chirurgien m'a fait l'honneur de les discuter et de les combattre dans des leçons cliniques.

Bonnet est, on le sait, un de ceux qui se sont occupés avec le plus de distinction des difformités qui peuvent affecter le pied, et en particulier de l'espèce de valgus désignée sous le nom de pied plat valgus douloureux. La haute position scientifique de mon contradicteur ne me permet pas de laisser ses arguments sans réplique.

« Je ne puis passer sous silence, dit Am. Bonnet, les idées de M. Duchenne (de Boulogne) sur la genèse du pied plat valgus, car elles trouvent ici une application directe. Elles peuvent se résumer ainsi : Le long péronier latéral abaisse le bord interne de l'avant-pied et maintient la voûle plantaire. Quand il est paralysé, le pied plat valgus survient . Ces assertions sont tellement en opposition avec ce que l'observation démontre, que nous chercherons à leur répondre, et par le raisonnement, et par les faits. »

Ces raisonnements de Bonnet et ces faits sont autant d'erreurs physiologiques ou de diagnostic, je vais le prouver :

(l)Les détails de ce fait ont été exposés dans la 2° édition de VÈlect. loc. ISGI,

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