‹ De l'electrisation localisee et de son application a la pathologie et la therapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 444 sur 543 · PARALYSIE DES FLÉCHISSEURS · texte numérisé non relu

PARALYSIE DES FLÉCHISSEURS

H. — TrtOl'HLES FONCTIONNELS ET SIGNES DIAGNOSTIQUES.

A. Paralysiè du jambier antérieur. — Lorsque le jambier antérieur est paralysé, la flexion du pied sur la jambe peut encore être exécutée parle long extenseur des orteils, et le pied, pendant sa flexion, peut se porter dans l'abduclion, en tournant sur son axe antéropostérieur, de telle sorte que son bord externe est plus élevé que son bord interne.

Par le fait de la paralysie ou de l'atrophie du jambier antérieur, non-seulement le pied ne peut pas être porté dans l'adduction, pendant sa flexion volontaire, mais encore celle-ci n'est plus opérée directement

Il est vrai qu'alors l'extenseur du gros orteil, auxiliaire du jambier antérieur, pour l'adduction du pied pendant la flexion, parvient d'abord à neutraliser l'action abduclrice du long extenseur des orteils; mais seul il ne peut lutter longtemps avec ce dernier muscle, qui ne tarde pas à entraîner le pied dans le sens de son action. A l'état normal, l'extenseur du gros orteil prend une faible part à la flexion du pied sur la jambe; mais le jambier antérieur est-il paralysé, l'extenseur du gros orteil vient en aide à la flexion avec une grande énergie. Aussi voit-on, dans ce cas, la première phalange du gros orteil se renverser bientôt à angle droit sur son métatarsien, pendant la flexion du pied sur la jambe; et puis ce muscle s'hyperlrophie, à la longue, et quand il se contracte, son épais tendon fait, à la partie interne du pli du pied, une saillie presque aussi forte que celle du tendon du jambier antérieur du côté sain. A ces signes on peut affirmer que le jambier antérieur est paralysé ou atrophié.

Malgré la perte du jambier antérieur, les malades impriment facilement au pied des mouvements d'adduction et d'abduction, de renversement en dedans ou en dehors sur son axe antéro-postérieur, pourvu qu'ils n'aient pas à fléchir le pied au delà de l'angle droit; ils peuvent aussi maintenir solidement leur pied de manière à l'empêcher de tourner en dedans ou en dehors. On ne comprendrait pas qu'il en fût autrement, puisqu'ils possèdent encore les muscles court p'éronier et jambier postérieur, qui ont la propriété de produire ces mouvements divers. Comment donc expliquer que, chez ceux qui sont privés du jambier antérieur, la pointe du pied soit tournée plus en dehors pendant la marche ou la station? Voici le mécanisme de ces phénomènes. Lorsque, pendant la marche le membre inférieur placé en arrière abandonne le sol pour se porter en avant, le pied se fléchit sur la jambe. Or, comme ce

phié, ne peut se faire sans que le pied se place dans l'abduction, son bord externe s'élevant plus que son bord interne, il arrive que ce pied se trouve encore dans la même attitude, au moment où il se pose sur le sol, et il y reste jusqu'à ce qu'il s'en détache de nouveau. Celle attitude vicieuse du pied, pendant que le poids du corps repose sur lui, occasionne une certaine faiblesse dans la marche, et même de la claudication; on conçoit aussi qu'elle tende sans cesse à augmenter, et qu'elle puisse déformer progressivement certaines articulations.

Le sujet privé du concours de son jambier antérieur peut encore, lorsqu'il y prête son attention, fléchir avec force son pied sur la jambe, si son long extenseur des orteils jouit de toute sa puissance, et si les extenseurs du pied sur la jambe ne sont pas conlracturés. Dans ces cas, en effet, lorsqu'on s'oppose à celte flexion du pied, on sent qu'elle se fait avec force. Comment se fait-il donc alors que, pendant la marche, la pointe du pied butte contre les inégalités du sol? C'est que l'excitation nerveuse instinctive qui produit la contraction musculaire automalique de la marche, est sans doute insuffisante pour exécuter normalement la flexion du pied sur la jambe avec le long extenseur des orteils seul, flexion que le malade obtient toujours complètement quand il le veut, c'est-à-dire par le plus léger eflbrt.

Le jambier antérieur est volumineux; il présente presque la moitié de la masse des fibres musculaires qui concourent à opérer la flexion du pied sur la jambe. En conséquence, la force tonique, qui lutte contre celle des extenseurs du pied pour produire l'altitude moyenne du pied enire la flexion et l'extension, pendant le repos musculaire, doit devenir insuffisante ; aussi cet équilibre est-il rompu, après la paralysie ou l'atrophie du jambier antérieur, et voit-on un pied bot équin se former consécutivement. (On sait que l'état de raccourcissement conlinu dans lequel se trouvent alors les extenseurs, pendant le repos musculaire, produit même leur rétraction, à la longue.)

B. Paralysie du long extenseur des orteils. — Les troubles fonctionnels que l'on observe consécutivement à l'atrophie du long extenseur des orteils, soit pendant la flexion volontaire du pied L-t.rïà jambe, soit pendant la marche et la station, soit enfin dans l'attitude du pied au repos musculaire, sont les mêmes que ceux qui résultent de l'atrophie du jambier antérieur, avec cette différence toutefois, que, pendant la flexion, le pied exécute ses mouvements de latéralité et de rotation sur son axe longitudinal dans un sens opposé. Ainsi un malade privé de son long extenseur des orteils ne peut fléchir celui-ci, sans le porter dans l'adduction et sans renverser

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