‹ De l'electrisation localisee et de son application a la pathologie et la therapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 443 sur 543 · I. — FAITS PHYSIOLOGIQUES FONDAMENTAUX · texte numérisé non relu

I. — FAITS PHYSIOLOGIQUES FONDAMENTAUX

A. — Le jambier antérieur produit simultanément les trois mouvements suivants : flexion du pied sur la jambe, élévation du bord interne de l'avant-pied, et adduction du pied.

La flexion résulte du mouvement de l'articulation tibio-tarsienne ; elle est exécutée avec une grande puissance.

L'élévation du bord interne de l'avant-pied est due : 1° à une succession de petits mouvements articulaires, savoir : du premier métatarsien sur le premier cunéiforme, de celui-ci sur le scaphoïde, et de ce dernier sur l'astragale, mouvements qui ont lieu en sens inverse de ceux qui sont propres à l'action du long péronier, mouvements qui sont exécutés avec une grande force; 2° à la rotation de dedans en dehors et de bas en haut du caîcanéum sur l'astragale.

L'adduction est la conséquence du glissement des facettes articulaires du caîcanéum sur celles de l'astragale, glissement dont le mécanisme est le même que celui du mouvement de l'articulation calcanéo-astragalienne, et qui est propre à l'action du triceps sural. Or on sait que ce mouvement de l'articulation calcanéo-astragalienne ne peut faire tourner le caîcanéum sur son grand axe, sans faire pivoter en môme temps celui-ci sur l'axe de la jambe ; c'est de ce double mouvement que résulte l'adduction du pied par le jambier antérieur. Mais la force de l'adduction du pied par le jambier antérieur est faible, comparativement à la puissance du mouvement de flexion qu'il produit dans l'articulation tibio-tarsienne.

La forme générale du pied est modifiée par l'action du jambier antérieur : sa face plantaire regarde en dedans, et les phalanges, surtout celle du gros orteil, s'inclinent sur les métatarsiens.

B. — Le long extenseur des orteils fléchit le pied sur la jambe et le porte dans l'abduction; il étend aussi les orteils, mais ce dernier mouvement paraît beaucoup moins prononcé que les précédents.

La flexion du pied par le long extenseur des orteils est le produit

les articulations libio-aslragalienne el calcanéo-astragalienne. Chez l'adulte, le degré d'élévation de l'extrémité du pied résultant de ces mouvements de l'articulation calcanéo-astragalienne est, en moyenne, de 4 centimètres et demi ad bord externe de l'extrémité du pied, et à son bord interne d'un centimètre et demi au-dessus de la direction horizontale ; le calcanéum s'abaisse alors d'un demicentimètre.

Le mécanisme du mouvement calcanéo-astragalien dû à l'action du long extenseur des orteils est le même que celui qui a été décrit à Toccasion du long péronier latéral ; cette articulation se meut néanmoins davantage dans le premier cas que dans le second, de telle sorte que le mouvement de trochlée, oblique de dedans en dehors et d'arrière en avant, qui est spécial à cette articulation et qui produit une légère élévation du pied en même temps que son abduction, est beaucoup plus prononcé.

Le long extenseur des orteils agit plus puissamment sur l'articulation calcanéo-astragalienne que sur l'articulation tibio-tarsienne.

De la synergie d'action de ce muscle et du jambier antérieur résultent soit la flexion directe du pied sur la jambe, soit la flexion abductrice ou adductrice, soit les mouvements de circumduclion , Mais, pendant la flexion instinctive du pied sur la jambe, qui a lieu dans le second temps de la marche, les forces sont combinées de telle sorte que le pied se porte en môme temps un peu dans l'abduction. L'utilité de ce mouvement, c'est que la flexion adductrice qui résulte des mouvements simultanés de l'articulation tibiotarsienne et calcanéo-astragalienne, est plus étendue que la flexion directe produite uniquement par le jeu de l'articulation tibio-tarsienne.

Le muscle dit péronier antérieur n'est qu'une dépendance du long extenseur des orteils; il manque souvent, et cependant le long extenseur des orteils n'en possède pas moins le pouvoir d'exercer les mouvements spéciaux décrits ci-dessus..

Le long extenseur des orteils étend aussi les orteils ; cette action est beaucoup moins prononcée que celle qu'il exerce sur les articulations calcanéo-astragalienne et tibio-tarsienne. D'un autre côté, son utilité comme fléchisseur abducteur est beaucoup plus grande, puisqu'il est le seul muscle qui puisse neulraliserlaclion du jambier antérieur, fléchisseur adducteur, pour reproduire la flexion directe ou abductrice, et que le pédieux peut, sans lui, étendre puissamment les orteils.

art. iv, § m.

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