I. — Gantelet des extenseurs du poignet
J'ai dit précédemment qu'il suffit de la paralysie partielle des extenseurs des doigts pour que le poignet se fléchisse avec force, quand le sujet veut ouvrir la main. Si l'on se rappelle le mécanisme physiologique de ce phénomène; on ne commettra pas la faute de l'attribuer à la paralysie des extenseurs de la main. Ai-jebesoin derappeler aussi que les extenseurs artificiels de la main seraient ici impuissants, et qu'il suffit de produire artificiellement l'extension des premières phalanges, pour faire cesser cette paralysie apparente des extenseurs du poignet ?
Il est une espèce de paralysie qui atteint ordinairement, en même temps, les extenseurs des doigts et les extenseurs du poignet: c'est la paralysie saturnine.
Si tous les extenseurs sont paralysés, on place deux ressorts à la partie postérieure de la manchette B (fig. 234), l'un en dedans, l'autre en dehors, et s'agrafanl, l'externe au niveau du second métacarpien, et l'interne au niveau du cinquième métacarpien.
II. — Gantelet du cubital postérieur (extenseur adducteur) artificiel.
Il arrive quelquefois ,dans cette paralysie, que le cubital postérieur est seul atteint en même temps que l'extenseur des doigts. Le gantelet de l'extenseur des doigts (décrit dans le premier paragraphe) rétablit alors, il est vrai, les fonctions de la main, mais alors l'extension du poignet ne peut se faire sans abduction.
Chez unejeune coloriste atteinte de paralysie saturnine des extenseurs des doigts et du cubital postérieur, l'application du gantelet des extenseurs des doigls avait rétabli l'usage de la main; son travail à l'aiguille était aussi facile qu'avant sa paralysie, mais l'attitude de l'abduction continue finissait par lui donner, dans l'articulation radiocarpienne, un sentiment de fatigue qui disparut quand j'eus ajouté à son appareil un cubital postérieur artificiel (voy. F, fig. 232), qui rétablit l'attitude normale de sa main.
Des trois extenseurs du poignet, le premier radial est le plus fréquemment atteint isolément dans la paralysie saturnine. Sur plus d'une centaine de cas, je n'ai pas vu une seule fois le second radial paralysé partiellement. Les troubles fonctionnels qui en résultent sont bien plus grands qu'après la paralysie du cubital postérieur. On y remédie aisémentavec un ressort qui s'attache à un gant, comme je l'ai dit, au niveau du premier métacarpien.
1 058 C11A1\ XVIII. — PROTI1ÈSE MUSCULAIRE ET PHYSIOLOGIQUE.
Mais lorsque la paralysie du premier radial est ancienne, l'articulation se déforme, par suite de l'abduction continue du poignet : les ligaments latéraux s'allongent du côté externe et se rétractent en dedans, au point que l'on ne peut ramener la main dans son altitude normale, surtout si l'action du second radial est également abolie. L'articulation se déforme aussi dans le sens de la flexion, et résiste aux efforts d'extension. J'ai eu plusieurs fois l'occasion d'observer cette difformité du poignet, coïncidant avec la griffe consécutive à la paralysie des interosseux, et j'en ai représenté un exemple dans la figure 94. Avec l'appareil que j'ai décrit précédemment^. 1051), et quej'aiappliquéàlaguérisondecelledéformalion des phalanges (voy.la fig. 234), voici comment j'ai obtenu graduellement l'extension abductrice du poignet : de l'extrémité de la tige fixée à la portion palmaire B de l'appareil parlent deux ressorts H, T, qui vont s'allacher à la partie supérieure de la face postérieure et externe de la manchette C; j'ai tendu ces ressorts de manière à ramener graduellement la main dans l'extension et dans l'abduction.
ARTICLE III