ART. IV, § I. — MOUVEMENTS PHYSIOLOGIQUES OU HACHIS
base de sustentation, redressent la colonne vertébrale, dans sa portion lombaire, en produisant une lordose (courbure lombosacrée). Cette lordose est d'autant plus prononcée, les fesses font un relief d'autant plus considérable, enfin une verticale conduite de l'apopbyse épineuse dorsale la plus postérieure tombe d'autant plus en avant du point le plus reculé de la face postérieure du sacrum, que l'atrophie des muscles de l'abdomen est plus avancée (voy. 117 p. 498).
2° Les muscles extenseurs des vertèbres lombaires et des dernières vertèbres dorsales (spinaux lombaires) viennent-ils, au contraire, à s'atrophier, alors que les muscles de l'abdomen sont restés intacts, le bassin se place dans la plus grande extension possible, afin de rejeter le tronc plus en arrière et d'en faire supporter le poids par les muscles abdominaux valides. Il en résulte une sorte de lordose bien différente de la précédente (voy. fig. 116, p. 498), car les fesses sont aplaties et une verticale, qui part des apophyses dorsales les plus postérieures, tombe très en arrière de la face postérieure du sacrum.
VI. L'ensellure physiologique, en a'autres termes, la courbure lombo-sacrée et l'inclinaison très-prononcée du bassin, loin d'être rares, exceptionnelles, sont des caractères ethnologiques de certaines races et de certaines familles.
Elles donnent au corps la forme la plus gracieuse, chez les races ibériques, par exemple; ou bien elles occasionnent, à un degré exagéré, une sorte de difformité du tronc, comme chez certaines races africaines ou indiennes.
Les caractères opposés, c'est-à-dire, une échine droite, roide, sans courbure lombo-sacrée apparente s'observent, par exemple, dans la race anglo-saxonne, en général, et dans d'autres races du nord de l'Europe.
VII. Les faits cliniques signalés ci-dessus (IV et V) démontrent que l'ensellure physiologique est due à la faiblesse relative des parois abdominales; ce qui est confirmé d'ailleurs, en général, par le développement considérable du ventre, pendant la grossesse, par le relâchement et la flétrissure des parois abdominales après l'accouchement; tandis que, chez les femmes dont la courbure lombosacrée est peu apparente, la paroi abdominale, en raison de sa force, présente plus de résistance au développement de la grossesse; elle revient sur elle-même et reste ferme et tendue, même après de nombreuses grossesses.
Les femmes dont l'ensellure physiologique est considérable, sont exposées à une déformation du ventre, après la grossesse et quelquefois à certaines infirmités.
1080 CHAS. XVIII. — l'KOTUÈSE MUSCULAIRE PHYSIOLOGIQUE,
ainsi connu, il sera possible de la modérer à l'aide de la gymnastique.
VIII. Entre les extrêmes opposés d'inclinaisons du bassin, dont il vient d'être question (V et VI), existentde nombreux intermédiaires. Quelle doit en être la règle ? On ne saurait l'imposer à l'esthétique, d'une manière absolue.
IX. De l'ensemble des faits cliniques qui précèdent, il résulte que les fléchisseurs des vertèbres lombaires concourent synergiquement avec leurs extenseurs à maintenir la station. Ce fait est encore mieux démontré par le rétablissement de l'attitude normale du tronc, pendant la station sur les pieds, sous l'influence du retour progressif de la force des extenseurs des vertèbres lombaires, lorsque le tronc s'était renversé en arrière, après leur atrophie.
X. Les spinaux lombaires ont une utilité et une importance infiniment plus grandes que les spinaux dorsaux, au point de vue de l'altitude verticale du tronc, pendant la station ou la marche, et au point de vue de sa conformation.
Cette proposition découle de l'observation clinique. En effet, les spinaux lombaires sont-ils paralysés bilatéralement, non-seulement il se forme une courbure lombaire antéro-postérieure, à convexité antérieure (lordose), mais aussi l'équilibre dans la station et la marche devient extrêmement difficile. Sont-ils atteints d'un seul côté, on voit se développer progressivement une scoliose, c'est-à-dire une déformation de la colonne vertébrale et de la cage thoracique, tandis que la paralysie double des spinaux dorsaux ne produit, qu'une incurvation dorsale à convexité postérieure (cyphose), sans troubles appréciables dans la station et la marche, et que leur paralysie unilatérale déforme très-légèrement le rachis.
XI. L'excès d'action continue des spinaux dorsaux peut convertir la légère courbure normale à convexité postérieure de la région dorsale du rachis en une ligne droite et même en une courbure à convexité antérieure (lordose dorsale), d'où résulte une déformalicn du thorax, avec aplatissement et diminution plus ou moins grande de son diamètre antéro-poslérieur.
Cet excès d'action des spinaux dorsaux est produit par un effort de compensation, lorsque la portion cervicale de la colonne vertébro-crânienne est maintenue dans la flexion, d'une manière continue, consécutivement à la paralysie des extenseurs des vertèbres cervicales, ou à la carie de l'une des dernières vertèbres cervicales ou des premières vertèbres dorsales, ou par une cause quelconque.
XII. Les recherches expérimentales que j'ai faites sur ceux des muscles moteurs des vertèbres cervicales et de la tête, dans lesquels il m'a été possible de localiser l'excitation électrique, ont toujours
ART. IV, § il.— -PATHOS. ET PROTHESE DES COUHB. DU RACHIS. 1081
muscles. Néanmoins j'ai à signaler, dans ce résumé, les particularités suivantes :
XIII. Pendant la station verticale, les extenseurs et les fléchisseurs de la tête concourent à la maintenir droite sur le cou, dans son attitude normale. En effet, les individus dont les extenseurs de la tête sont affaiblis ou paralysés, la maintiennent renversée en arrière, afin d'en faire supporter le poids par les fléchisseurs de la tête; si ces derniers au contraire sont paralysés, la tête est tenue un peu fléchie en avant, ainsi que le cou, de manière à en rejeter tout le poids sur les extenseurs.
XIV. La faradisation localisée peut faire contracter séparément la portion sternale et la portion claviculaire du sterno-cléido-mastoïdien.
Ces deux portions musculaires peuvent être également atteintes individuellement de spasmes. Dans ce cas, la portion sternale produit la rotation de la tête, d'une manière plus prononcée que la portion claviculaire. C'est l'inverse pour la flexion de la tête. Enfin je me crois fondé à dire que ces deux portions fonctionnent séparément, dans certaines circonstances.
Ces faits justifient l'ancienne division du sterno-cléido-mastoïdien en deux muscles distincts; le sterno-mastoïdien et le cléidomastoïdien.
§ il, — Pathogénie et prothèse physiologique des courbures
du rachis.
Il ne sera question, dans ce paragraphe, que de quelques courbures antéro-postérieures ou latérales du rachis, par inégalité des forces musculaires qui président à ses mouvements ou à ses attitudes par faiblesse ou paralysie et par contracture de l'un de ses plans musculaires. La place me manquant, je n'en traiterai que sommairement.
Quant aux courbures rachitiques et consécutives au mal vertébral (mal de Polt) je renvoie aux traités spéciaux et principalement à l'excellent livre de M. Bouvier (1).
\. — LORDOSE (COURBURE LOMBO -SACRÉE, ENSELLURE PHYSIOLOGIQLE).
De mes recherches électro-physiologiques et cliniques dont je viens d'exposer le résumé (§ I, p. 1077), il est donc ressorti : 1° que, chez certains sujets, la courbure lombo-sacrée physiologique va jusqu'à former une sorte d'ensellure ; 2° que, chez d'autres, elle est à peine prononcée; 3° que chez le plus grand nombre elle existe