DE LA VALEUR THÉRAPEUTIQUE DE LA FARADISATION LOCALISÉE
§ I. — Exposition sommaire des faits cliniques qui prouvent que la faradisation localisée a nue grande valeur thérapeutique dans le traitement des paralysies atrophiq ues.
Voulant faire prévaloir l'emploi thérapeutique des courants continus constants, Remak avait accusé les courants induits d'exercer une action paralytique sur les nerfs (1).
En présence des faits acquis à l'électro-thérapie par une longue expérimentation clinique, faits reconnus exacts en Europe et môme en Amérique par un grand nombre d'observateurs, oser dire que les courants d'induction exercent uneaction paralytique sur les nerfs, me paraissait blesser tellement la vérité, que je n'ai pas jugé nécessaire de combattre l'étrange assertion de Remak. Je comptais que la simple observation clinique en ferait promptement justice.
Mais je n'ai pu garder plus longtemps le silence, lorsque récemment encore j'ai vu des jeunes savants s'étayant par des nouvelles expériences faites sur des rats et des lapins, soutenir encore, comme Remak, que les courants induits paralysent les nerfs et qu'ils font disparaître, au bout de fort peu de temps, toutes leurs manifestations vitales (2).
(1) Remak, Galvanothérapie, etc., traduit de l'allemand en français par le docteur A. Morpain. Paris, 18G0, valeur anti- paralytique des courants induits, p. 447
(2) Onimus et Legros, de l'influence des courants électriques sur la nutrition
IU CUAI\ III. — EXAMEN DES PRINCIPALES MÉTUODES D'ÉLECTR.
L'observation clinique — je le répèle — proleste contre une telle assertion. Voici dans quels termes j'ai rappelé sommairement (1) les fails que ces observateurs ont la prétention de renverser.
« En 1852, j'ai rapporté (2) quelques cas de paralysies alrophiques, consécutives a des lésions traumatiques de nerfs mixtes, qui dataient de plusieurs années, et dans lesquels les membres paralysés élaient tellement atrophiés que les muscles, qui ne répondaient plus à l'excitation électrique, paraissaient entièrement détruits. La température de ces membres était abaissée; les veines cutanées élaient très-petites, la peau décolorée, terreuse et souvent violacée. Eh bien! sous l'influence de la faradisation musculaire directe, appliquée d'après certaines règles que j'ai exposées ailleurs (3), j'ai vu dans tous ces cas : 1° la température des membres augmenter assez rapidement, 2° les veines cutanées grossir et la peau reprendre sa coloration normale, 3° les muscles augmenter progressivement de volume et recouvrer leur force tonique leur sensibilité, leur contraclililé volontaire et beaucoup plus tard
leur conlraclilité électrique.
«Depuis 1852, une foule d'observateurs, en Europe, ont contrôlé et confirmé expérimentalement ces résultats électro-thérapeutiques- ils ont consigné leurs recherches sur ce sujet dans de nombreuses publications. - Je signalerai, comme l'une des plus importantes, celle de M. R. Philippeaux, de Lyon. - En Amérique, la faradisation musculaire directe a été appliquée assez récemment, dans les hôpitaux de Philadelphie, au traitement des paralysies traumatiques, par des chirurgiens chargés spécialement par M. Hammond, chirurgien en chef de l'armée des Etats du Nord du service des blessés, dans la dernière guerre civile des Etals-Unis Voici dans quels termes les résultats thérapeutiques de celle méthode d'électrisation localisée ont été jugés par ces chirurgiens distingués, ce Le. seul grand moyen, disent-ils, dans le traitement des paralysies par défaut d'innervation, est la faradisation (par la
méthode de M. Duchenne) La plupart de nos cas étaient des
blessures anciennes, quand ils se sont présentés à nous. Nous pou-
(Gazette des hôpitaux, 10 janvier 1869). MM. Onunus et Legros avaient an.érieument adressé à l'Académie des Sciences une note sur cette même quesuon. 0 Duchenne (de Boulogne), de la paralysie musculaire pseudo-kyperlropkiaue.
■ ,• / i^mipmpnt des wrah/sies consécutives aux lésions (tes
?e Mit., 1861.