‹ De l'electrisation localisee et de son application a la pathologie et la therapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 52 sur 543 · ART. III. — VALEUR T11ÉRAPEU. DE LA FARADISAT. LOCALISÉE · texte numérisé non relu

ART. III. — VALEUR T11ÉRAPEU. DE LA FARADISAT. LOCALISÉE

vons assurer qu'elle (la faradisation localisée) a été dans nos mains delà dernière utilité (almost value). Dans quelques cas, elle a, en une seule séance, rétabli les mouvements dans des parties qui en étaient, privéesdepuis longtemps; dans d'autres, quelques séances ont restauré plus ou moins le mouvement dans un membre entier, et nous avons vu bien peu de cas dans lesquels il n'y ait pas eu une meilleure nutrition, plus de sensibilité et de force, lorsque nous avons pu continuer la faradisation assez longtemps. En un mot, nous ne pouvons répéter avec trop d'insistance qu'avant de l'avoir employée, aucun membre, quelque paralysé qu'il soit, ne doit être abandonné par le chirurgien, comme incurable (1). »

J'aurais pu citer, comme exemples, d'autres espèces de paralysies dans lesquelles la lésion de la nutrition est également profonde, et dont triomphe souvent la faradisation localisée. D'ailleurs les faits cliniques qui prouvent incontestablement l'heureuse, j'oserai même dire, — à cause des assertions contraires, — la merveilleuse influence de la faradisation localisée sur la nutrition des muscles en même temps que sur leur motilité, seront exposés dans les chapitres qui traitent spécialement de l'application de cette méthode d'électrisation aux paralysies traumatiques des nerfs, aux paralysies consécutives aux myélites de l'adulte et de l'adolescence, aux paralysies saturnines, rhumatismales (on verra même qu'appliquée au traitement des paralysies atrophiques graisseuses — spinales — de l'enfance), la faradisation localisée agit non-seulement sur la nutrition des muscles, mais aussi sur celle du membre entier où elle empêche l'arrêt de développement des os.

§ II. Examen critique des expériences électro-physiologiques qui ont servi de base aux attaques récentes dirigées contre la valeur thérapeutique de la faradisation localisée. — Leur inexactitude.

Lorsque, pendant plus de vingt ans, j'ai obtenu de tels résultats de l'application de l'électrisation localisée, ou lorsque je les ai vus contirmés en Europe et en Amérique par une foule d'observateurs les plus autorisés, on voudrait me persuader, en nrobjectant des déductions tirées de quelques expériences faites1 sur des lapins, que je me suis fait illusion.

Autant que personne, j'admire la médecine expérimentale; sans faire reposer sur elle exclusivement tout l'avenir de la thérapeutique, j'ai toujours professé qu'elle est destinée à l'éclairer el à la contrôler. Mais si, contre toute logique, elle devait nous conduire à

(1) S. Weir Mitcliell, George R. Morehouse, and William W. Keen, Guns':to Wounds and other injuries of nerves. Pliiladelpliia, 1858.

buuiKNNE. — 3e édition. 10

UG CUAP. III. — EXAMEN DES PRINCIPALES MÉTHODES U'ÉLECTR.

jeter ainsi le doute sur les faits les mieux établis par l'observation clinique, il faudrait y renoncer.

A. Heureusement, dans le cas dont il s'agit ici, ce n'est pas l'expérimentation qu'il faut accuser, mais ceux qui ont mal expérimenté ou qui ont mal interprété les résultats de leurs expériences. Je vais le prouver, pour ce qui a trait, du moins, au sujet dont il est ici question.

Sur des lapins, ils ont découvert le sympathique dans la région du cou, l'ont, soulevé légèrement au moyen d'un fil placé sous lui, et Vont électrisé, pendant deux ou trois minutes, avec de forts courants d'induction. Alors l'artère de l'oreille correspondante s'est retrécieau point de cesser d'être aperçue. En cessant l'électrisation, l'artère avait reparu peu à peu, et finalement elle était plus grosse qu'avant l'opération. Au bout d'un instant la température de ce côté était plus élevée que celle du côté opposé (1).

Il est de toute évidence que, dans ces expériences, la dilatation des vaisseaux de l'oreille, consécutivement à la faradisation du sympathique cervical du môme côté, est produite par la paralysie de leurs vaso-moteurs. N'y a-t-il pas môme lieu de s'étonner que le nerf sympathique déjà mis en contact avec l'air et peut-être plus ou moins mutilé dans celle expérience, n'ait pas élé, pour ainsi dire, tué par le fort courant d'induction qui l'a traversé directement pendant plusieurs minutes, et que les vaisseaux aient pu revenir plus lard à leur calibre normal?

Procéder ainsi dans les expériences dont le but est d'étudier l'action des courants d'induction sur le système nerveux, c'est faire de la loxicologie. Ne sait-on pas d'ailleurs que certains poisons qui, à faible dose, activent les battements du cœur, les arrêtent au contraire à forte dose? Attendre une action thérapeutique d'une telle manière d'appliquer les courants d'induction, autant vaudrait soutenir que la foudre peut guérir la paralysie aussi bien que l'électricité sagement et méthodiquement administrée.

Nul besoin n'était certes de la médecine expérimentale pour savoir qu'au poinl de vue thérapeutique, la faradisalion localisée est une arme h -deux tranchants. L'observation clinique empirique m'avait bien vile appris, au début de mes recherches électro-thérapeutiques, qu'appliquée a dose trop forte et pendant un temps trop long sur un muscle ou un nerf, la faradisalion localisée pouvait en augmenter et môme en produire la paralysie ou l'atrophie, au lieu de les guérir. C'est cette observation clinique qui m'a conduit à établir le précepte de pratiquer la faradisation musculaire à un degré mo-

(1) Onimus et Lcgros, loc. cit.

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