V. — GALVANISATION PAR COURANTS CONTINUS CONSTANTS PERMANENTS
La galvanisation par courants continus constants permanents consiste à faire passer ces courants, sans intermittences, pendant un temps aussi long que possible (de 30 minutes à plusieurs heures), dans des organes, en atténuant, jusqu'au minimum, l'action de la fermeture et de l'ouverture du courant.
C'est dans ce mode de galvanisation que l'on a le plus à redouter l'action éleclrolytique de la pile. Hiffelsheim quia le plus préconisé —je l'ai dit plus haut (voyez p. 4 81) — l'application thérapeutique des courants continus permanents, avait fait construire une petite pile au sulfate de plomb, composée de 80 h 400 éléments qui avaient chacun 5 à 6 centimètres de longueur sur 8 de largeur. Bien que cette petite pile dont le courant était très-constant et la
208 C11AI\ III. — EXAMEN DES PUINCIP. MÉTHODES d'ÉLECTIUSATION .
tension assez grande, exerçât une action électroli tique relativement faible, on a vu cependant que la permanence et la longni u; du passage de son courant sur un môme point de la surlace cutanée l'altérait plus ou moins profondément (voy. l'observation XIII, p. 181). 11 importe donc de connaître exactement, dans ces circonstances, la puissance électrolilique de la pile dont on fait usage, et de savoir combien de temps les rhéophores de son courant permanent peuvent rester en contact avec les mêmes points de la peau, sans y produire de vésicalions ou d'escharres.
Est-il besoin de rappeler que la galvanisation par courants continus permanents doit être aussi divisée en réflexe et en localisée, et que la première agit spécialement sur les centres nerveux et l'autre sur la périphérie ?
La galvanisation réflexe par courants continus stabiles permanents d'une très-longue durée, c'est-à-dire composée de séances durant chacune une demi-heure à plusieurs heures et nécessairement à dose relativement faible), exerce-t-elle sur les centres nerveux une action thérapeutique plus puissante que la galvanisation réflexe par courants continus (stabiles) mêlés à des intermittences. Je dois réserver cette question que j'étudie expérimentalement en ce moment.
J'ai vu lagalvanisationl ocalisée par courants continus permanents exercer une action résorbante que Remak a appelée catalytique, dans des affections articulaires chroniques avec nodosités, dans des tumeurs ganglionnaires, une fois dans un cas de tumeurs musculaires de nature obscure (je regrette de n'avoir pas traité de la même manière un autre cas analogue que j'ai eu l'occasion d'observer, en consultation avecM.Nélaton), enfin dans une atrophie du deltoïde de cause rhumatismale. — Le temps m'a manqué pour me livrer, sur une échelle assez grande, à ce genre de recherches intéressantes, il est vrai, mais qui m'éloignerait trop de mes études cliniques habituelles sur les maladies des centres nerveux, des nerfs et des muscles.
Dans les cas où je n'ai pu me dispenser d'appliquer ou défaire appliquer ce traitement, j'ai embrassé avec un rhéophore humide(une plaque en cuivre platinée recouverted'unepeauhumide)laplusgrande
partie de la surface cutanée correspondante à l'organe ou à la région malade, et j'ai placé un second rhéophore humide plus haut, dans un point aussi rapproché que possible du premier. Alors j'ai fait passer, pendant 30 minutes et quelquefois une heure, suivant la tolérance individuelle, le courant continu permanent de 10, 15 à 20 éléments (proportionnellement à la durée de la séance) de 7 centimètres de hauteur, d'une pile au sulfate de plomb. — Je n'assistais habituellement qu'à une ou deux des premières séances, et les malades que je visitais, de temps à autre, conti-
nuaient eux-mêmes l'application de ce traitement, avec le soin, bien entendu, d'éviter de produire des vésications ou des escharres. Je n'ai eu qu'à me louer, dans l'espèce, des effets catalytiques de ce mode de galvanisation, bien qu'il soit habituellement très-long. Plusieurs fois j'en ai obtenu une guérison complète ; Remak a eu le grand mérite , de théoriser le premier, et encore mieux de démontrer les bons efTets catalytiques des courants continus constants.
VI. — ACTION THÉRAPEUTIQUE DE LA GALVANISATION DE LA PEAU, COMPARATIVEMENT A