DE BOULOGNE
Mon appareil volta-faradique à double courant était assez compliqué à son origine; il subissait le sort de tout appareil nouveau. La multiplicité de ses contacts en rendait la description difficile à comprendre, et bien que sa mise en action fût très-simple, elle oc-
casionnail de fréquents dérangements. L'usage de cet appareil primitif m 'ayant bientôt fait connaître tous ses défauts, je lui ai fait subir successivement des modifications importantes qui l'ont ramené à une grande simplicité, et ont diminué conséquemment la fréquence des accidents qui pouvaient en arrêter !a marche ou en affaiblir la force.
De plus, l'appareil modifié offre aujourd'hui un système de graduation plus parfait et des moyens plus variés de produire des intermittences plus ou moins rapides.
Afin de faire mieux ressortir l'importance de ces modifications, j'ai représenté (fig. 44) l'appareil primitif et (fig. 45 et 47) les
l ie. 44. Grand appareil volta-faradique à double courant — appareil primitif de M. Ducheune
(de Boulogne).
appareils perfectionnés, l'un (fig. 45) dont les hélices sont cachées par une enveloppe, et l'autre (fig. 48), dont les hélices sont à découvert.
§ I. — Description.
A. — Grand appareil volta-faradique recouvert, de M. Duchenne (de Boulogne)
(dernier modèle).
Le premier modèle de l'appareil volta-faradique (fig. 44) (1) se composait : 1° d'une pile plate 0; 2° de deux hélices superposées ; 3° d'un graduateur formé par l'hélice externe mobile et que l'on faisait marcher sur l'hélice interne au moyen de la tige R; 4° d'un rhéomètre magnétique V; 5° d'une roue dentée D fixée sur une petite planche enfermée dans le tiroir TJ, qui, lorsqu'on voulait s'en servir, pouvait être relevée comme dans la figure 44; 6° d'un trembleur A.
(1) Cet appareil a été présenté à l'Académie des sciences de France par M. le professeur Despretz en 1848.
Vit
Le dernier modèle (1) (fig. 45 el 48) diffère du premier : 1° par la suppression de la roue dentée D (fig. 44), qui est remplacée par une pédale rhéotome Y (fig. 45), dont le mécanisme sera expliqué bientôt- cette modification a permis de supprimer les contacts trop multipliés de la figure 44 et de simplifier la fabrication de l'appareil ;
Fig. 4b. - Grand appareil rolta-faradique recouvert, de M. Duchenne ^de Boulogne).
2° par la graduation opérée au moyen d'un cylindre de cuivre B, recouvrant plus ou moins les deux hélices qui constituent la double induction ; 3° par l'emploi d'un tube F rempli d'eau , appelé modérateur, et qui, combiné avec les tubes gradualeurs, permet de mesurer les doses électriques plus ou moins petites, de
Fig. 47. — La pile de son tiroir inférieur.
Fig. 46.— Les deux piles du tiroir supérieur de la figure 43.
même que les doses les plus élevées ; 4» par l'emploi d'un commutateur des hélices E (fig. 48), dont l'usage sera bientôt
(,) cet appareil modifié a été présenté en 1850 à l'Académie de médeci « Voy. Rapport de Soubeiran (Huit, de VAcad. de méd., 1850, tome XVI, p. 656).
ART. „. GRAND APPAREIL VOLTA-FAItADIQUE DE L'AUTEUR. 233
exposé- 5° enfin, par une modification importante de la pile.
Voici la description de l'appareil qui a subi les plus récentes modifications. Je me servirai des figures 45, 46, 47, 48, 49, pour en décrire toutes les parties.
L'appareil est mis en action par une pile formée de trois couples. Ces derniers sont renfermés dans les tiroirs U et U' (fig. 45). Il y a deux couples dans le tiroir supérieur et un couple seulement dans le tiroir inférieur (fig. 47).
Chaque couple est composé d'un charbon plat CC (fig. 46) adhèrent à un bac en caoutchouc durci h et dune plaque en zinc ZZ', ayant la môme surface que le charbon dont il est séparé par un diaphragme en drap.
Les fils de platine destinés à établir les contacts des charbons sont aussi disposés comme dans Je couple (fig. 55) du petit appareil, tandis que les contacts des zincs diffèrent dans chacun des couples. Ainsi : 1° Dans le couple du tiroir inférieur V (fig. 45), une lame en fer b (fig. 47), rivée et soudée au zinc Z, est pliée à angle droit en haut, à son extrémité antérieure, de telle sorte que lorsque ce tiroir est rentré (voy. U, fig. 45), il se trouve en contact avec une petite lame en platine fixée à la paroi antérieure de l'appareil, au niveau du bouton L; 2° dans le compartiment postérieur du tiroir supérieur, le zinc Z (fig. 46) est également prolongé par une lame en fer b. Celte lame est pliée à angle droit en haut, à son extrémité antérieure, et, lorsque ce tiroir est fermé, elle peut être mise en contact avec une petite lame platinée fixée à la paroi antérieure de l'appareil dans le point correspondant au bouton G ; 3° enfin le zinc Z (fig. 46) du couple placé dans le compartiment antérieur du tiroir supérieur repose sur un fil de platine qui se replie sur la paroi postérieure du bac après l'avoir traversé, et ce fil de platine se trouve alors en contact avec un double ressort a fixé à la cloison médiane de ce tiroir supérieur, ressort qui, dans le compartiment postérieur, appuie sur le contact en platine du charbon C La paroi latérale gauche de ce tiroir a été enlevée afin de laisser voir la disposition des parties constituantes de ces deux couples.
2° Les hélices superposées constituant le système d'induction se composent de deux fils de cuivre rouge, différant en diamètre et en longueur, et recouverts par de la soie.
Le fil de cuivre le plus gros (1 /2 millimètre de diamètre) et le plus court (100 mètres de longueur) est enroulé sur une botte de fil de fer doux, de manière à former une hélice. Les extrémités de ce fil, qui produit le courant de la première hélice (extra-courant des auteurs), aboutissent aux petites plaques platinées fixées sur l'appareil au niveau des boulons E, L (fig. 45), qui sonl les pôles positif et négatif de la pile enfermée dans les tiroirs U et U'.
Le fil le plus fin (un dixième de millimètre de diamèlre) et le plus long (1000 mètres de longueur) est enroulé sur le fil précédent; il donne naissance au courant de la deuxième hélice (premier ordre des auteurs); les extrémités de ce fil se rendent aux deux ressorts du commutateur des hélices.
3° Le commutateur des hélices E représenté dans la figure 48, que Ton ne peut voir dans la figure 45, est destiné à faire passer rapidement et alternativement le courant, soit de la première hélice, soit de la seconde hélice, dans les conducteurs attachés aux boulons rhéophores P et Q ; je ne crois pas devoir le décrire ici ; il suffira de savoir qu'en tournant l'aiguille F (fig. 48), à droite ou à gauche, on conduit l'un ou l'autre courant dans les rhéophores, comme cela, du reste, est indiqué sur la plaque située au-dessus de cette aiguille.
4° Le graduateur B (fig. 45) est un cylindre de cuivre qui enveloppe les hélices, et à la partie supérieure duquel existe une échelle de graduation. Le bouton B', fixé à son extrémité, est destiné à l'attirer ou à le repousser sur cette bobine.
5° Le modérateur se compose d'un tube de verre F {fig. 45), terminé à son extrémité inférieure par un fond en métal auquel est soudé un boulon I, et à son extrémité supérieure par une virole K de laquelle part un petit crochet qui sert à mettre le modérateur en rapport avec un des boulons rhéophores P où se rend l'un des pôles des hélices des courants. Dans la virole supérieure est placé un petit bouchon traversé par la tige J du modérateur. Le tube est rempli d'eau.
6° Le trembîeur se compose d'un fer doux mobile A (fig. 45) et d'une vis platinée S, contre laquelle ce fer doux est repoussé par un petit ressort.
7° La pédale Y (fig. 44), qui remplace la roue dentée D (fig. 45) est destinée à faire les intermittences éloignées avec le pied ; ce qui laisse les mains entièrement libres, soit pour tenir les rhéophores, soit pour graduer les courants.
8° Le.rhéomètre magnélique mesure l'intensité du courant initial. C'est une boussole divisée en quatre parties dont chacune est sub-divisée à son tour en 90 degrés. Ce rhéomètre ne fait plus partie de l'appareil, comme précédemment.
D.— Grand appareil volta-fnradique découvert de M. Duchenne(de Boulogne).
J'ai représenté (fig. 48) l'appareil dont les hélices sont à découvert. Il diffère de l'appareil usuel (fig. 45) de la manière suivante : 1° il n'a pas d'enveloppe extérieure, ce qui permet de voir la disposition de la bobine A et la marche du cylindre B sur cette dernière ;
2° il possède deux cylindres graduateurs : l'un B qui agit sur la deuxième hélice, et l'autre C qui dépouille la première hélice; 3° son fer doux D est mobile et peut être retiré (fig. 49), de manière à pouvoir étudier l'influence des cylindres B et G, indépendamment de l'aimantation temporaire ; 4° outre le commutateur des hélices E, il possède un commutateur des pôles H faisant corps avec lui, ce qui permet de changer rapidement la direction des courants, sans déplacer les réophores (ce commutateur a encore d'autres avantages qu'il est inutile d'exposer ici) ; 5° son trembleur (fig. 50, p. 249) est construit de manière que la rapidité des intermittences puisse être augmentée progressivement, depuis 4 à 8 par seconde jusqu'à un nombre presque incalculable dans le même espace de temps.
Fig. 4S. — Grand appareil volta-faradique découvert, et fig. 49, faisceau de fils de fer doux.
La pile est indépendante ; elle peut être fixée à l'appareil, à l'aide des crochets M, M (fig. 48). — Elle est. disposée comme celle qui a été décrite, ci-dessus, mais elle se compose de 4 éléments. Cet appareil, comme le précédent, peut être mis en action avec une pile quelconque (1).
§ H. — Manière de mettre l'appareil en action.
1° Depuis 1861, comme je l'ai dil plus haut, j'ai tout à fait renoncé
(l) Pour mettre en action le grand appareil découvert qui fonctionne dans mon cabinet, j'emploie une pile au sulfate de plomb de 20 couples. Une pareille source électrique n'est pas nécessaire, mais je ferai remarquer qu'elle fait marcher en même temps toutes les sonneries de mon appartement et mon télégraphe de cabinet.
236 CUAP. IV. — DES APPAREILS ÉLECTHO-MÉDICAUX.
à l'emploi de l'acide sulfurique pour mettre en action mes piles plates et je me sers exclusivement du bisulfate de mercure.
Afin de charger cette pile, on verse de l'eau sur le charbon, jusqu'à ce qu'il en soit bien pénétré ; on étale sur la surface de ce charbon du bisulfate de mercure, en quantité suffisante pour former une couche d'un demi-millimètre environ d'épaisseur, et on le délaye avec un peu d'eau. On étend ensuite sur ce bisulfate le drap préalablement trempé dans l'eau, puis on pose sur ce drap le zinc amalgamé qui alors se trouve en contact avec le fil de platine. Ainsi préparés les couples sont introduits dans les compartiments qui leur sont destinés; leur numéro d'ordre est marqué sur une des parois latérales du bac en caoutchouc (voy. fig. 46 et 47). Ensuite on enfonce les tiroirs (voy. U et U' fig. 45) et l'on tourne le bouton A de manière que sa barre prenant une direction verticale empêche les tiroirs de s'ouvrir. Alors voici comment sont établies les communications des éléments de la pile entre eux et de celle-ci avec le circuit de la première hélice.
Le zinc du couple du tiroir inférieur, qui est le pôle négatif de la pile, correspond au boulon L {fig. 45), et le contact en platine du charbon de ce couple communique avec le ressort de la pièce en cuivre sur laquelle se visse le bouton N. Or, comme les boutons N et G se trouvent en face des deux petites lames platinées que l'on voit à droite de la face antérieure de l'appareil et au-dessus des tiroirs U, U', et que ces deux plaques sont reliées entre elles par un fil de cuivre, il suffit de tourner de gauche à droite les boutons N et G jusqu'au contact pour que le charbon de ce couple du tiroir inférieur communique avec le zinc Z (fig. 46) du couple postérieur du tiroir supérieur. Ensuite le charbon de ce dernier couple étant mis, comme je l'ai dit précédemment, en communication avec le zinc Z' du couple antérieur, par l'intermédiaire du double ressort 0, et le fil en platine du charbon de ce dernier couple se trouvant en contact, à l'aide d'un ressort, avec le bouton E, ce dernier devient le pôle positif de la pile. Les petites lames en platine, qui sont fixées à gauche de la paroi antérieure de l'appareil, reçoivent les extrémités du fil de la première hélice; en tournant donc de gauche à droite jusqu'au contact les boutons E et L, qui sont les pôles de la pile, le courant de cette dernière passera dans le fil de la première hélice.
En somme, il suffit de placer dans chacun de leurs compartiments les trois couples chargés au bisulfate de mercure, ainsi que je l'ai décrit, de fermer ensuite les tiroirs U et U' (fig. 45), détourner de gauche à droite le bouton L' (par une raison que je ferai connaître plus bas), et enfin de tourner jusqu'au contact les boutons E,G,L,N, pour le courant de la pile passe dans le fil de la première hélice.
ou, en d'autres termes, pour que le circuit formé par la pile et la première hélice soit fermé.
L'appareil peut marcher aussiseulementavec les deux éléments du tiroir supérieur U' (fig. 4 G) ; alors il possède encore une puissance très-grande et répond aux besoins généraux de la pratique. On aura soin de tourner le boulon L'(fig. 45) de gauche à droite jusqu'au contact, afin de supprimer le couple du tiroir inférieur U, qui pourra servir à renfermera les rhéophores et les conducteurs. Il est inutile de dire que lorsqu'on emploiera les trois éléments de la pile, pour les cas où l'on aura besoin d'une grande force, le bouton L' devra être détourné de gauche à droite.
2° Veut-on obtenir les intermittences rapides du trembleur A (fig. 45), on tourne à gauche le bouton G, qui maintenait fixe la plaque mobile, puis on tourne de gauche à droite les boutons E, G, L, N, jusqu'à ce qu'ils soient en contact avec les petites pièces platinées qui leur correspondent. A l'instant, cette plaque s'agite rapidement entre la vis S et l'aimant temporaire de l'hélice centrale.
Si les intermittences doivent être plus ou moins éloignées les unes des autres, les choses étant disposées comme précédemment, on tourne de gauche à droite le bouton C, jusqu'à ce que la plaque A du trembleur soit immobile; on détourne le boulon L de gauche à droite, jusqu'à ce qu'il ne soit plus en contact avec la pièce platinée qui lui correspond ; on met en rapport avec ce bouton l'un des conducteurs fixés à l'un des boutons 1 de la pédale rhéolome Y, et l'autre conducteur qui est fixé au second bouton i' de cette pédale est mis en communication avec le boulon L'. Alors il suffit d'appuyer le pied sur le boulon à ressort 2 de la pédale et de le relever ensuite pour fermer et ouvrir le courant. On conçoit qu'il soit ainsi facile d'obtenir des intermittences plus ou moins éloignées les unes des autres.
3° Lorsque le graduateur B est entièrement enfoncé dans l'appareil, les courants sont à leur minimum d'intensité; il suffit donc, pour les augmenter, de faire sortir ce graduateur, ou par millimètres ou par centimètres.
4° L'appareil étant mis en action, on fixe les conducteurs sur les boulons P cl Q auxquels on fait arriver, selon les indications à icmplir, le courant de la première hélice ou celui de la seconde hélice, en tournant à droite ou à gauche l'aiguille du commutateur; aux extrémités libres des conducteurs sont fixés les rhéo- I iiores : cylindres, balais métalliques, elc.
5° Doit-on faradiser des organes très-excitables, ou mesurer des doses infiniment faibles? La partie supérieure R du modérateur F est mise en rapport avec un des boutons P ou Q, et l'un des ii. ophores est fixé à son extrémité inférieure I. Alors, plus on
238 CflAP. IV. — LIES APPAREILS ÉLECTRO-MÉDICAUX.
élève la tige J du modérateur, plus l'épaisseur de la couche d'eau que le courant doit traverser est grande, et conséquemment plus l'intensité de l'appareil est affaiblie. Dans cet état d'affaiblissement, les courants de l'appareil peuvent être divisés et mesurés par le tube graduateur B.
6° Dans l'intervalle des faradisations, on interrompt le courant en desserrant la vis E afin de conserver la puissance de la pile. Alors les plaques en caoutchouc durci sont placées entre les draps et le zinc que l'on a eu soin d'essuyer, si l'appareil ne doit pas être de nouveau mis en action, avant plusieurs heures. On remarque, après l'avoir essuyé, que le zinc est amalgamé par l'action propre de la pile.
Une pile au bisulfate de mercure, ainsi chargée, peut servir deux à trois semaines, en fonctionnant plusieurs heures par jour, sans que l'on ait d'autres soins à prendre que d'entretenir l'humidité des draps et de remuer un peu, chaque jour, avant de s'en servir, le bisulfate de mercure étendu sur le charbon. Je recommanderai enfin d'entretenir dans un état de propreté les contacts platinés.
Lorsque le bisulfate de mercure est entièrement décomposé (alors la pâle, de jaune qu'elle était primitivement, est devenue verdâtre), on lave le charbon et les draps, et l'on charge la pile avec du nouveau bisulfate de mercure comme précédemment. Si la pile de l'appareil venait à se détériorer, ou avait besoin d'une réparation, on pourrait le faire également fonctionner à l'aide d'une pile quelconque (de Daniel, de Bunsen, ou au sulfate de plomb). Il suffirait alors de mettre les pôles de cette pile en rapport avec les boutons E' et L' (fig. 45) qui reçoivent les extrémités des ûls delà première hélice.
§ Hlt Théorie de l'appareil Yolta-faradique de M. Duchenne
(de Boulogne).
Si la pile étant enfoncée dans l'appareil, aucune interruption n'a lieu, soit par le trembleur, soit par la pédale, le courant de celte pile qui est transmis par les boutons L, E {fig. 45) au fil de la bobine centrale, est continu et ne donne lieu à aucun phénomène d'induction, mais il produit l'aimantation du fer doux de la bobine.
Dans cet état de choses, laisse-t-on la liberté à la plaque A du trembleur, en desserrant la vis G, cette plaque est attirée par l'aimant de la bobine. A l'instant môme, le courant étant interrompu, l'aimantation cesse; le fer doux du trembleur est repoussé par un ressort contre la pointe platinée de la vis S et ferme le courant, qui produit une nouvelle aimantation. Ces aimantations temporaires
et ces solutions de continuité 'du courant se succèdent avec une extrême rapidité dans l'appareil recouvert (fig. 45) et à volonté avec plus ou moins de rapidité dans l'appareil découvert (fig. 48). Quoique la théorie du trembleur soit connue, j'ai dû la rappeler, afin d'expliquer le mécanisme de ses différentes pièces.
Au moment où le courant de la première hélice est interrompu, on observe des phénomènes physiques et physiologiques qui se produisent en vertu de deux forces combinées, savoir : l'action inductrice du courant sur lui-môme, par l'influence mutuelle de. ses spires et par l'influence réciproque de ce courant et du fer doux aimanté de la bobine.
Si les extrémités du fil fin qui recouvre l'hélice centrale sont réunies par un corps conducteur, un courant se produit dans la deuxième hélice et se manifeste, à chaque intermittence de cette première hélice, par les effets physiques et physiologiques qu'il développe dans les corps placés dans son circuit.
Pour la théorie de la graduation par le cylindre métallique B, voyez plus loin, § IV, G.
§ IV. — Exposition des principales propriétés de mon grand appareil volta-ffaradique à double courant, et des principes qui m'ont dirigé dans sa fabrication.
A. — Hélices.
Les deux hélices de l'appareil volta-faradique que je viens de décrire jouissent du maximum de leurs propriétés physiologiques différentielles, grâce aux proportions de diamètre et de longueur que j'ai données à leurs fils, proportions que l'expérience m'a fait connaître comme les meilleures, à ce point de vue.
J'ai professé que la puissance des hélices devait être grande, dans certaines circonstances, mais l'expérience, ou plutôt les besoins de la thérapeutique m'ont obligé à l'augmenter de plus en plus. C'est ce qui explique pourquoi la longueur de mes hélices, qui n'avait primitivement que 8 centimètres, est aujourd'hui à peu près doublée, la longueur de leurs fils ayant été augmentée proportionnellement (jusqu'à 1000 mètres pour le fil fin et 200 mètres pour le fil gros). 11 serait facile d'aller au delà de cette puissance; je n'en vois pas jusqu'à présent l'utilité, et ce serait peut-être imprudent.
Cet accroissement de puissance a nécessairement augmenté le poids de l'appareil représenté dans les figures 45 et 48, mais sans rendre son volume plus considérable.
240 CUAr. IV. — DES APPAREILS ÉLECTRO-MÉDICAUX.
B. — Commutateur des hélices.
Dans mes premiers appareils, les extrémités des fils de chaque hélice se rendaient dans les houlons métalliques (deux inférieurs pour la première hélice et deux supérieurs pour la seconde) auxquels se fixaient les cordons conducteurs des rhéophores. Il en résultait que lorsque l'on avait à changer d'hélice , il fallait, chaque fois, déplacer les cordons conducteurs. Celte disposition rendait certaines expériences difficiles et était incommode pour la pratique. Il est, en effet, d'autant plus facile de comparer entre elles les propriétés physiologiques différentielles des courants de la première et de la seconde hélices, que l'on peut passer plus rapidement de l'une à l'autre de ces dernières; de plus, il arrive fréquemment, dans la pratique, que l'on doit appliquer alternativement ces deux courants chez un môme sujet. Rien n'est alors plus ennuyeux que d'avoir à changer, à chaque instant, l'attache des conducteurs. C'est en outre une perte de temps. Ces exemples font comprendre l'utilité du commutateur des hélices.