ARX. L PROPRIÉTÉS QUE DOIVENT POSSÉDER LES APPAREILS
IL Mais la graduation ne serait pas exacte, s'il n'y avait pas proportionnalité arithmétique entre les divisions du graduateur et la force progressive de l'appareil.
La graduation doit s'opérer sur une échelle d'une étendue suffisante, en mesurant tous les degrés d'intensité des courants, proportionnellement au degré d'excitabilité de chacun des organes.
Il faut pour cela que l'appareil faradique puisse être converti en appareil très-fort ou très-faible, suivant les indications à remplir, à l'aide d'un système indépendant du graduateur et destiné à mesurer ou à distribuer exactement les courants forts et les courants faibles.
11 faut enfin, si c'est un appareil volta-électrique, que la force initiale de la pile agisse au môme degré d'intensité, ou du moins qu'elle soit connue de l'opérateur. On sait, en effet, que la pile qui anime les appareils volta-faradiques, est plus ou moins constante, suivant que ses acides sont plus ou moins concentrés, suivant qu'elle se polarise ou qu'elle s'épuise plus ou moins vite, ou qu'elle s'engorge plus ou moins de sels cristallisés et mauvais conducteurs. On conçoit qu'avec de telles variations dans la force initiale, la mesure des doses électriques devienne illusoire, et en conséquence qu'il soit impossible de formuler exactement les doses électriques qu'il convient d'administrer à chacun des organes.
Telles sont les propriétés principales que l'on doit trouver réunies dans tout appareil faradique destiné à des études électro-physiologiques et pathologiques médicales et à la thérapeutique. Il est d'autres conditions encore qu'il est très-important de rechercher dans les appareils faradiques. Ainsi ils doivent être portatifs, d'un maniement facile et d'un prix modéré. Gomme ces questions n'ont rien de scientifique, je n'ai pas jugé opportun de les discuter dans cet article, me réservant d'y revenir par la suite; quoique secondaires, elles intéressent, au plus haut degré, la pratique de l'électricité médicale.
Dans la première édition, j'avais joint à l'élude des propriétés différentielles des divers courants des appareils d'induction, l'examen critique des appareils faradiques alors en usage dans la pratique médicale; j'avais démontré que ces derniers ne réunissaient pas l'ensemble des conditions nécessaires à la faradisation localisée ou à l'application de celte méthode d'éleclrisation à mes recherches électro-physiologiques et qu'ils ne répondaient pas aux besoins de l'électro-thérapie.
Cet examen crilique a porté ses fruits. En effet, l'utilité de l'application de la faradisation localisée à l'étude de la physiologie et de la pathologie musculaires, et la vulgarisation de l'électroihérapie ont imprimé une grande activité au commerce des appareils d'induction. Il en est résulté que les physiciens et les fabricants, les uns dans
un but de progrès, les autres pour s'attirer la préférence des médecins, se sont appliqués à corriger ou à perfectionner leurs appareils. Aussi le nombre de ces appareils d'induction, perfectionnés ou modifiés, s'esl-il tellement accru en France et à l'étranger, que, pour les examiner ou les critiquer, il me faudrait entrer dans des développements qui me feraient sortir des limites que je me suis imposées. Ces efforts louables ont produit quelques appareils très-ingénieux. Malheureusement les inventeurs s'étant attachés particulièrement à diminuer leur volume et leur prix, ne se sont pas tous assez pénétrés des nouveaux besoins de la science et de la thérapeutique, besoins nés de la création de la méthode de i'aradisation localisée et de la découverte des propriétés différentielles des courants de diverses hélices.
Les observations critiques que j'avais faites sur les appareils, en général, m'avaient été inspirées par la longue expérience de ceux qui alors étaient les plus usités. Mais j'avais pensé qu'un nouveau devoir m'élaitimposé par la sévérité même de celle critique, celui d'essayer de faire mieux. C'est pourquoi je m'étais livré avec ardeur à un nouveau genre de recherches peu en harmonie avec mes habitudes, et qui m'eussent été bien pénibles, si je n'avais eu quelque aptitude et quelque goût pour la mécanique, et surtout si je n'avais eu constamment présente à l'esprit la réalisation d'une idée; la localisation de la puissance électrique dans les organes et son application aux sciences médicales.
Je m'étais donc mis à fréquenter les ateliers où j'avais appris bientôt les secrets de la fabrication ; après bien des essais, j'avais pu produire des appareils construits de mes propres mains, quoiqu'auparavanl je n'eusse jamais manié la lime ni le marteau. C'est d'après ces modèles que j'avais tracé le plan des appareils voltafaradique et magnélo-faradique, qui ont été exécutés avec talent par MM. Charrière et Deleuil. Depuis lors, ils ont subi de nouvelles et importantes modifications ; j'en vais donner la description dans l'article suivant, me réservant de passer en revue dans un autre article les appareils électro-médicaux les plus usités, et d'en faire l'examen critique.
ARTICLE II