RT. IV. — APPAR. MAGNÉTO- FARADIQUE A DOUBLE COURANT
Est-il indiqué d'employer un courant rapide, on tourne le régulateur des intermittences D de droite à gauche, jusqu'à ce que l'on sente un point d'arrêt. S'il est, au contraire, nécessaire de produire des actions éloignées, on tourne ce môme régulateur D en sens contraire, et l'on s'arrête quand l'aiguille de l'indicateur marque le nombre d'intermittences que l'on veut obtenir, par révolution de la grande roue. La manivelle mise en mouvement de gauche à droite, doit toujours agir à dose extrêmement faible, par exemple faire deux révolutions par seconde.
Pour graduer les courants, il suffît de se rappeler que lorsque la tige ft est rentrée dans l'appareil, le courant est à son minimum. La division de cette tige en millimètres permet de fractionner les doses électriques proportionnellement aux degrés d'excitabilité des organes et suivant les besoins de la thérapeutique.
La région sur laquelle on opère est-elle très-excitable, ou, en d'autres termes, est-il nécessaire de mesurer des doses très-faibles, on éloigne plus ou moins l'armature de l'aimant, en tournant de gauche à droite son régulateur N.
Veut-on enfin expérimenter sur la grenouille, on éloigne le plus possible l'armature de l'aimant, et l'on empêche le courant d'arriver au commutateur, en détournant de droite à gauche la petite vis 1 placée sur la base du ressort S.
Après avoir ainsi affaibli l'appareil, on peut mesurer des doses infiniment petites avec autant d'exactitude que les doses puissantes.
Enfin le bouton T du commutateur des hélices est tourne de droite à gauche, lorsque l'on veut faire arriver le courant de la première hélice dans les boutons P et P' auxquels les conducteurs des excitants sont fixés. On tourne au contraire le bouton T de gauche à droite, si l'on veut faire passer le courant de la deuxième hélice dans ces boutons rhéophores.
§ V. — Résumé.
L'exposition des propriétés que possède mon appareil magnétofaradique démontre que son invention constitue un progrès réel, non-seulement au point de vue de ses applications à la médecine, mais encore au point de vue purement physique.
A. — Au point do vue pratique.
11 est établi qu'il possède plus que les appareils anciens : 1° deux courants, l'un extra- courant, l'autre courant induit, fournis par deux hélices superposées qui jouissent de propriétés spéciales; 2° des intermittences lentes ou rapides à volonté, 3° des courants duchennk. — 3e édition. 18
J7 4 CllAT. IV. — DES APPAREILS ÉLECTRO-MOTEURS.
sans changemenlde direction, ou avec alternatives voltianes ; 4° une graduation exacte et vraiment médicale, graduation qui mesure également des doses très-fortes ou des doses infiniment petites, grâce à la combinaison des tubes graduateurs et d'un mécanisme que j'ai appelé modérateur des courants.
B. — Au point de vue physique.
a. Mon appareil démontre que les cylindres métalliques sont induits par les hélices aussi bien dans un appareil magnéto-faradique que dans les appareils volta-faradiques, ce qui était contesté par le célèbre physicien de Vienne, M. Dove ; de plus, que l'influence mutuelle des hélices et des cylindres ne s'exerce que dans les parlies des hélices recouvertes par les cylindres, d'où il résulte que l'action de ces dernières a lieu d'une manière progressive et dans des proportions arithmétiques.
Quand, à la longue et surtout par l'usage, l'aimant finit par s'affaiblir, il n'est pas nécessaire de démonter l'appareil pour lui rendre sa puissance magnétique. L'enroulement du gros fil qui fournit le courant de la première hélice sur le bras de l'aimant permet de rendre à ce dernier sa puissance magnétique primitive, en faisant passer le courant d'une batterie voltaïque dans l'hélice formée par ce fil. Voici comment il faut agir alors : on met l'armature en contact avec l'aimant, puis on fait passer dans le courant de la première hélice le courant d'une batterie de huit à dix piles de Bunsen, dont on place le pôle positif sur celui des ressorts des intermittences qui correspond au pôle boréal de l'aimant, tandis que le pôle négatif est mis en rapport avec le ressort du côté opposé. A l'instant où le courant voltaïque passe dans la première hélice, l'aimant augmente considérablement de puissance (il porte jusqu'à 40 kilogr.); et lorsqu'on ouvre ce courant, l'aimant perd une grande partie de la force magnétique qu'il devait au courant voltaïque, mais il conserve le maximum d'intensité magnétique dont il jouissait en sortant des mains du fabricant. Place-t-on ensuite les pôles de la pile dans un sens contraire à celui de l'expérience précédente, l'aimant est désaimanté presque complètement. Mais on peut lui rendre immédiatement toute sa puissance en agissant comme la première fois. J'ai répété bien des fois ces expériences, et je me fais un jeu d'aimanter et de désaimanter mon appareil.
b. Grâce à la réunion des deux hélices superposées et dont les fils sont de grosseur différente, on n'a pas seulement l'avantage d'obtenir des courants de deux ordres différents, dont les propriétés physiologiques sont spéciales, mais on peut encore montrer, dans les cours de physique, le phénomène de la décomposition de l'eau par