‹ De l'electrisation localisee et de son application a la pathologie et la therapeutique par courants induits et par courants galvaniques interrompus et continusChapitre 98 sur 543 · ART> L EXPOSÉ DES FAITS · texte numérisé non relu

ART> L EXPOSÉ DES FAITS

On doit en conclure que la perte de la contraclilité électrique, dans les muscles placés sous la dépendance d'un nerf lésé traumatiquement, est un signe d'autant plus fâcheux, que celte contractiiilé est plus affaiblie.

L'absence de la contraclilité électrique dans certains muscles pouvait faire craindre que ces derniers fussent perdus à tout jamais; mais le malade accusant encore quelque sensibilité, lorsque je soumettais ces muscles à la faradisation, — ce qui annonçait que la communication nerveuse n'était pas complètement interrompue (1), — je pus annoncer au professeur Roux, en m'appuyant sur des faits antérieurement observés, que, tôt ou tard, sous l'influence de l'excitation électrique, ces muscles reviendraient a la vie. C'est, en effet, ce qui est arrivé à ces muscles qui, avant de retrouver leur nutrition et leurs mouvements, éprouvèrent, comme on l'a vu, une surexcitation de la sensibilité (une hyperesthésie momentanée), sous l'influence du traitement. V kyperesthèsie musculaire qui se développe sous l'influence de la faradisation dans un membre parahjsé par une lésion traumatique de ses nerfs, est donc un signe favorable.

La succession des phénomènes thérapeutiques qui se manifestèrent sous l'influence de la faradisation localisée , chez Vanbelle, est d'autant plus remarquable, que je les ai vus se reproduire, dans le môme ordre, dans des cas analogues. Voici le résumé de ces phénomènes, dans l'ordre de leur manifestation : 1° retour rapide des mouvements volontaires dans les muscles qui n'avaient pas perdu leur contraclilité électrique; 2° exaltation de la sensibilité (hyperesthésie) dans les muscles dont la contraclilité électrique avait été profondément lésée et dont la sensibilité était seulement diminuée; 3° retour de la nutrilion et ensuite des mouvements volontaires dans les muscles du bras, de l'avanlbras, el enfin de la

main.

L'action thérapeutique de la faradisation localisée, sur les muscles dont la contractil/lé électrique avait été gravement altérée, a été très-lente; il ne pouvait en être autrement, car évidemment la faradisation localisée ne peut donner la vie à des muscles privés de l'action nerveuse. Chez Vanbelle, l'excitation faradique n'a réelkment commencé à agir sur ses muscles privés de contraclilité électrique, que lorsque les nerfs, par leur régénération, ont permis à l'influx nerveux d'arriver librement jusqu'à eux.

La guérison a été si lente, chez notre malade, qu'on serait tenté d'en refuser l'honneur à la faradisalion localisée, et de l'attribuer plutôt au temps, et cela avec d'autant plus d'apparence de raison,

(1) J'avais remarqué que lu commotion ou la contusion dos troncs nerveux mixtes occasionnait généralement plus de troubles dans la contractili té que dans la sensibilité.

3 20 CI1AP. I. — l'A HA L. CONSÉC. AUX LÉSIONS DES NERFS MIXTES.

qu'on a vu, dit-on, des paralysies consécutives à des luxations scapulo-humérales guérir spontanément et avec le temps. Dans ces dernières paralysies, les muscles, sans aucun doute, avaient dû perdre très-peu de leur contraclilité électrique, c'est-à-dire que leurs nerfs n'avaient pas été gravement lésés. Mais, quant à Vanbelle, je crois pouvoir affirmer que la temporisation lui eut été fatale; on en verra la preuve dans les observations que je rapporterai bientôt. Si, d'ailleurs, l'action thérapeutique réelle de la faradisation localisée, dans cette espèce de paralysie, n'était pas complètement démontrée, les succès que j'en ai obtenus, dans certains cas analogues, où elle est intervenue très-lard, à une époque où la paralysie et l'atrophie étaient depuis longtemps slalionnaires, porteraient dans les esprits la conviction sur l'utilité, je puis dire môme sur la nécessité de l'emploi de cet agent thérapeutique, dans les paralysies consécutives aux lésions traumatiques des nerfs.

Je noierai un dernier phénomène, des plus importants au point de vue thérapeutique et non moins curieux au point de vue scientifique : c'est que, malgré l'absence des contractions électro-musculaires, l'action thérapeutique de la faradisation ne s'en est pas moins manifestée dans les muscles de Vanbelle. Enfin, ces mômes muscles ont longtemps joui de leurs propriétés principales (de leurs mouvements volontaires, de leur force et de leur nutrition), avant de recouvrer leur aptitude à se contracter sous l'influence de l'excitation électrique. , — Ce fait que j'ai vu se produire dans toutes les paralysies t7*aumatiques des nerfs modifiées par la faradisation localisée se trouvait en opposition avec les idées qui régnaient dans la science ; car on n'aurait jamais prévu qu'un muscle vivant pût ne pas se contracter ou ne se contracter que faiblement par l'excitation électrique, alors qu'un muscle mort se contracte encore quelques heures après que la vie l'aabandonné. (Je me réserve de traiter spécialement, dans le cours de ce livre, ce curieux phénomène).

Observation XXII. — Sommaire. Paralysie atrophique du membre supérieur, par lésion traumatique des plexus cervical et brachial. — Diagnostic différentiel et pronostic déduit, pour chacun des muscles paralysés, de l'état de la contractilité électro-musculaire. — Faradisation localisée, appliquée plusieurs mots après le début; guérison lente daiis les muscles qui ont été lésés dans leur contraclilité électrique . (Voir, pour les détails, Élcctrisation local., tre et 2e édit., obs. VIII.)

Réflexions. — Chez ce malade, tous les muscles qui meuvent le membre supérieur avaient égalementperdu la faculté de se contracter sous l'influence de la volonté. Un mois après la blessure qui avait occasionné celte paralysie, rien encore ne pouvait faire soupçonner

Page 1