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Fig. 94.
le ressort ne peut faire la flexion que d’une manière, c'est-à-dire si l'avant-bras se fléchit toujours brusquement en raison du degré de tension de ce ressort.
C'est parce que j'entrevoyais que les choses pouvaient bien se passer autrement que j'avais fait construire cet appareil.
N'est:il pas possible, en effet, que le mouvement volontaire soit le résultat d'une double action nerveuse, qui excite d'une part la contraction du muscle ou des muscles producteurs des mouvements, et de l'autre le relâchement proportionnel des muscles que l'on considère comme des antagonistes, et que Winslow a plus sagement appelés modérateurs; de sorte que lorsque les fléchisseurs se contractent graduellement ou brusquement, d'un quart, d'une moitié, etc., les extenseurs se relâchent de la même manière et dans les mêmes proportions. Or, si c'est là réellement le mécanisme de l’action nerveuse dans le mouvement voiontaire, mon appareil représenté dans la fig. 94, appliqué à mon malade qui avait perdu ses fléchisseurs de Vavant-bras, devait pouvoir en donner la démonstration. Eh bien! c'est ce qui eut lieu; car la première fois qu'il lui fut appliqué, c'est-à-dire sans qu'il s'y fût encore exercé, ce malade, privé comme je l'ai déjà dit de ses muscles fléchisseurs, put fléchir son bras lentement ou plus ou moins rapidement, par moitié, par quart, etc. ; enfin, il se servit de son bras comme s'il avait ses muscles fléchisseurs de l'avant-bras. Toutefois, on le concoit, il n'avait pas la même force que s’il eût joui de l’action de ses fléchisseurs. Il est donc de toute évidence qu'au moment où ce malade veut opérer la flexion, la double action nerveuse à lieu, et quelle se manifeste seulement dans le modérateur des mus. cles fléchisseurs perdus. C’est en vertu de cette action miodératrice des extenseurs sur le ressort B, qu'il peut opérer la flexion comme s il possédait ce fléchisseur.
Ces principes de mécanique nerveuse une fois bien établis, on prévoit tout le parti que l'on peut en tirer pour le traitement de certaines paralysies partielles, dans lesquelles on veut employer la gymnastique nerveuse. Ainsi, les malades dont les fléchisseurs ou les extenseurs seront paralysés pourront, à l’aide d’appareils construits d'après les principes que J'ai exposés, étendre ou fléchir les membres comme s'ils possédaient leurs muscles, et les fréquentes décharges nerveuses qui résulteront de ces
mouvements volontaires, rendus possibles, grâce à ces appareils, arriveront aux muscles paralysés, et hâteront le retour des mouvements et de la nutrition.
J'ai déjà fait plusieurs applications heureuses de ces appareils, que j'ai modifiés selon la région ou l'ordre des muscles affectés. Ainsi, j'ai fait construire par M. Mathieu (1) un appareil dans lequel un ressort de caoutchouc s’attachant au talon et à la partie supérieure et postérieure de la jambe supplée à l’action des gastro-cnémiens. On conçoit qu'au lieu de l'appareil simple et peu dispendieux représenté dans la figure 94, on peut en faire de plus compliqués et plus commodes, comme celui que j'ai fait fabriquer pour un enfant âgé de dix ans qui, privé de ses fléchisseurs de l’avant-bras depuis sa naissance, n'avait Jamais pu se N servir de son membre placé dans l'extension permanente. Cet appareil est représenté dans la fig. 95, et il suffit de le voir pour en comprendre le mécanisme, qui est le | même que celui représenté dansilà | figure 94.
L'expérience ma déjà démontré
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