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roideur et de gêne dans ies mouvements du côté gauche de la face (qui se trouvait du côté de la croisée). N'éprouvant aucune douleur, elle n’en continua pas moins à se livrer à ses occupations habituelles ; mais ses maîtres ayant été frappés du bouleversement de ses traits, elle vit avec surprise, en se regardant dans une glace, que le côté gauche de sa figure restait com plétement immobile.
Des sangsues furent appliquées derrière l'oreille gauche, puis des vésicatoires pansés à la strychnine ; une dérivation puissante fut faite aussi sur l'intestin au moyen de purgatifs aloétiques; et après ce traitement actif, continué pendant trois semaines sans aucun résultat satisfaisant, la faradisation localisée lui fut conseillée.
État de la malade le 10 février 1849. À gauche, la joue est boursouz flée à sa partie inférieure ; on ne voit aucun sillon à sa surface ni sur la peau du front, ce qui forme un contraste singulier avec le côté opposé, où ces lignes sont très prononcées ; l'aile du nez est affaissée, et obstrue presque complétement la narine; la commissure des lèvres se trouve 4 centimètre au moins au-dessous de la commissure opposée; la moitié gauche des lèvres est flasque et appliquée contre les dents, tandis que la moitié droite est un peu portée en avant, et présente la ligne ondulée qui sépare la peau de la muqueuse labiale, qui elle-même, étant un peu froncée, offre de petits plis verticaux; la paupière inférieure gauche est à 2 ou 3 centimètres au-dessous de sa position normale, d’où résulte, en apparence, une saillie énorme du globe oculaire; de ce côté, le sourcil est abaissé de 4 millimètres. La malade est complétement privée de mouvements volontaires de ce côté de la face : ainsi les paupières sont toujours immobiles et écartées l’une de l’autre ; tous les mouvements sont aCCOMpagnés, du côté droit, d’une distorsion énorme de gauche à droite ; pendant le rire, la commissure droite remonte seule vers l'oreille, et la bouche s'agrandit démesurément ; pendant la mastication, la malade est forcée d'appliquer la main sur la face pour repousser les aliments, qui tombent toujours entre la muqueuse buccale et les dents ; la salive comme leslarmes coulent involontairement; si la malade veut siffler ou souffler, la joue gauche se gonfle, et la moitié gauche des lèvres est repoussée par l'air expulsé, qui s’échappe par une large ouverture, tandis qu’au contraire là joue droite s'applique contre les dents, et que les lèvres se froncent et se serrent l’une contre l’autre; enfin la parole est difficile, surtout la prononciation des labiales, bien que les mouvements de la langue soient conservés ; pas de déviation de la luette ni de déformation du voile du palais:
La malade n’éprouve aucune douleur à la face ; la pression, exercée sur le point d’émergence des nerfs sous-orbitaire et mentonnier, sur les nerfs frontaux et temporaux, n’occasionne aucune sensation douloureuse.
L’excitation électrique, dirigée sur chacun des muscles et des nerfs mo: teurs de la face, ne provoque pas de contraction du côté paralysé, bien que le courant soit aussi intense que possible.
LT HÉMIPLÉGIE FACIALE RHUMATISMALE. CONTRACTURE DE LA FACE. 787 nm
Je faradisai, de deux en deux jours, chacun des muscles paralysés avec un courant aussi intense que possible, et dont les intermittences étaient des plus rapides; chaque séance durait huit à dix minutes. Ce ne fut qu’à la douzième séance que je constatai à gauche un comiencement de retour de la force tonique du grand zygomatique, par une petite élé- Vation de la commissure des lèvres ; puis la ligne uaso-labiale se prononça, ét l'œil fut un peu plus recouvert par les paupières. Quinze jours après, lé sourire commençait à relever la commissure gauche. À partir de ce jour, les mouvements volontaires, comme la tonicité des muscles, revidrent progressivement à leur état normal. 11 m'a fallu six semaines de traitement pour obtenir ce résultat. — J'ai revu Flavie en mars 1854 (cinq ans après sa guérison), et j'ai constaté une harmonie parfaite entre les deux côtés
de la face.
Je dois dire que j'ai choisi cette observation parmi les autres, comme un exemple de la guérison la plus complète que l'on puisse obtenir par la faradisation localisée dans une paralysie rhuinatismale de la septième paire arrivée au deuxième degré (avec abolition de la contractilité électro-musculaire). La guérison de Flavie a été assez rapide, car au degré où en était sa paralysie, il faut en général de trois à six mois de traitement. De plus il est malheureusement rare que l'on puisse, comme dans le cas précédent, ramener à l'état normal la contractilité volontaire: Il reste souvent, au contraire, une inégalité générale ou partielle entre les deux côtés pour les mouvements d'expression.
B. Les premiers effets du traitement électrique se manifestent par le retour progressif de la puissance tonique des muscles paralysés ; ainsi la commissure se relève, le sillon naso-labial se prononce de plus en plus; la narine affaissée s'agrandit, louverture des paupières revient à l’état normal, et cela bien avant que la malade ait gagné lemoindre mouvement volontaire ou expressif. Mais ce rétablissement de la contractilité tonique annonce, en général, le retour prochain de la contractilité volontaire. Je dois prévenir cependant le lecteur qu'il m'est quelquefois arrivé de n’obtenir un premier mouvement volontaire que trois semaines, un mois après le retour de la physionomie à l'état normal pendant le repos musculaire. C'est, en général, le grand zygomatique qui commence à se contracter, el Pour con- Stater le phénomène il faut engager le malade à sourire. — Après ce muscle viennent, dans l'ordre suivant : l'élévateur commun de l'aile du nez, le petit zygomatique , le buccinateur,
les orbiculaires des lèvres et des paupières, le triangulaire et le carré des lèvres, etc.
Pour constater le jeu de ces muscles, il faut bien connaître leurs fonctions et leur action sur la physionomie, engager le malade à exécuter les mouvements ou à rendre les expressions auxquels ils président, — Mes recherches sur les fonctions des muscles de la face m'ont singulièrement aidé dans cet examen de l’état de la contractilité volontaire individuelle des muscles,
On va comprendre l'importance de cet examen minutieux pour la réussite du traitement. J'ai dit plus haut qu’en général les mouvements volontaires reviennent successivement dans les muscles; mais il arrive quelquefois que certains d'entre eux résistent davantage à l’action thérapeutique de la faradisation ou restent plus ou moins paralysés. C'est sur ces derniers principalement qu'il faut alors diriger l'excitation électrique, sinon certains mouvements et certaines expressions restent irréguliers et dispracieux.