I. Il existe deux paralysies de l'enfance dont les symptômes
sont tellement identiques dans la période d’acuité, qu'il est im-
possible de les distinguer l'une de l’autre, IT. L'une se termine toujours par une guérison rapide : c'est
celle qui a été décrite par Kennedy, sous le nom de paralysie
temporaire de l'enfance, dénomination Juste et qui me paraît devoir être conservée.
HT. L'autre a une longue durée, et se termine par l'atrophie ou par la hs graisseuse d'un plus on moins grand nombre de muscles, et, plus tard, par la déformation ou FPatti-
tude vicieuse des membres consécutivement au trouble apporté dans l'équilibre des forces musculaires. Cette dernière paralysie a été parfaitement étudiée par Heine, surtout au point de vue des difformités qu’on observe dans une seconde période (période d’atrophie). Je propose d'appeler cette dernière maladie, paralysie atrophique graïsseuse de l'enfance.
IV. Ces deux espèces de paralysies ont été confondues par M. Rilhiet, qui les a décrites sous la dénomination de paralysies essentielles de l'enfance.
V. La paralysie temporaire de l'enfance me paraît être une affection périphérique légère, peut-être de nature rhumatismale ; tandis que la paralysie atrophique graisseuse doit être rapportée à un état morbide quelconque d'une partie plus ou moins étendue de Ja moelle épinière.
VI. L'exploration électro-musculaire permet de distinguer à coup sûr, à une époque voisine du début, ces deux espèces de paralvsies de l'enfance. En effet, dans la paralysie temporaire, la contractilité électro-musculaire est toujours intacte; elle est, au contraire, affaiblie ou abolie dans la paralysie atrophique graisseuse.
VIE. On peut encore reconnaître, dans la période d'acuité, la paralysie atrophique graisseuse de l'enfance, alors que tous les muscles sont ésalemént paralysés; quels sont ceux qui doivent recouvrer les premiers leurs mouvements sans souffrir dans leur nutrition, quels sont ceux qui s'atrophieront plus ou moins, quels sont, enfin, ceux qui sont frappés de mort ou menacés de devenir graisseux ; car les premiers conservent leur contractilité électrique à peu près normale, les seconds perdent une grande partie de cette propriété, et les troisièmes en sont privés complétement,
VIII. Dans une période avancée, la paralysie atrophique graisseuse de l'enfance pourrait être quelquefois confondue avec une paralysie de cause cérébrale de l'enfance, si l’on n'employait pas l'exploration élecuro-musculaire comme moyen de diagnostic différentiel. On constate, en effet, dans celle-ci l’existence de tous les muscles que l'on fait contracter individuellement, quelque atrophiés qu'ils soient, tandis que, dans l'autre, ilest toujours un certain nombre de muscles qu'on ne retrouve plus par cette même exploration électro-musculaire.
|; IX. La paralysie atrophique graisseuse de l'enfance, qu'on observe chez l'adulte, a une grande analogie avec l'atrophie musculaire graisseuse progressive; mais la première se distingue par un arrêt de développement du squelette de la région ou du membre où siége l'atrophie, arrêt de développement qui n'a pas encore été observé dans la seconde.
X. La faradisation localisée appliquée à temps, c'est-à-dire à une époque rapprochée du début de la paralysie atrophiqué sraisseuse de l'enfance , pourrait abréger la durée de la para: lysie, diminuer, sinon prévenir l’atrophie des muscles, et peutêtre empêcher leur transformation graisseuse.
XE. A une époque très avancée de la maladie (après un an et plus de durée), les muscles qui ne sont pas praisseux ont recou: vré leur contractilité électrique , quelque atrophiés qu'ils aient été. La faradisation localisée peut leur être trèsutileen développant leur force et en favorisant leur nutrition.