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Fig. 104. Fig. 405.
et qui repose habituellement sur la partie inférieure du rebord ges la cavité glénoïde, peut être luxée complétement, et facilement en arrière ou en avant. À l'exploration électro-musculaire , je constate l'existence Le quelques fibres musculaires dans la portion la plus interne du tiers antérieur du deltoïde ; je n’en retrouve plus dans les autres portions de ce AE Les pectoraux et les grands dorsaux sont très atrophiés. J al dit, page nee qu'il en est résulté une contracture de l’élévateur de l'épaule (le tiers
moyen du trapèze), et conséquemment l'élévation du moignon et du scapulum, comme dans la figure 105. |
Le bras est à peu près d’un tiers moins volumineux que celui du côté opposé. Le tissu cellulaire adipeux sous-cutané est très abondant. Ainsi, lorsqu'on saisit Ja peau entre les doigts, on constate une différence d’épaisseur de plusieurs centimètres entre le côté malade et le côté sain. Il en résulte qu’on ne peut juger du volume des muscles par le volume du bras. On sent, en cffet, à travers la peau, qu'il reste très peu de tissu appartepaut à ces muscles. J'obtiens une faible contraction électrique à la partie inférieure du biceps. Quant au triceps, il paraît avoir complétement disparu.
A l’avant-bras, je ne retrouve plus le long supinateur ni le premier radial par l'exploration électrique.
Main. L'éminence thénar est atrophite, je ne puis v faire contracter que le court abducteur du pouce.
Le petit malade peut écarter le bras légèrement en avant, et l'on sent alors se contracter quelques fibres internes du tiers antérieur du deltoïde ; tous les autres mouvements du bras sur l’épaule sont perdus. La flexion de l’avant-bras sur le bras est possible, mais elle n’a lieu qu’avec de grands efforts, et l'enfant ne peut soulever le plus léger poids. L'extension de l'avant-bras n’est produite que par la pesanteur de ce membre. Le poignet est habituellement dans une attitude d’adduction, et si lon veut le placer dans l’abduction, on éprouve une résistance invincible qui paraît opposée par des ligaments qui unissent l’avant-bras au carpe. On voit que la surface articulaire , formée par l'extrémité inférieure du radius et du cubitus, est oblique de dehors en dedans et de bas en haut. L’impossibilité de placer la main dans l’abduction occasionne chez cet enfant une grande gêne dans les usages de cette main. Le pouce ne peut être opposé qu'à l'index, et ce mouvement est très faible ; de là aussi le peu de dextérité de la main. Les os de Pépaule, du bras, de lavant-bras et de la main, sont moins développés que ceux du côté opposé. Enfin, la température y est habituellement moins élevée. |
Tel était l’état de cet enfant, lorsque je commençai le traitement; la maladie datait de quatre ans. Chacun des muscles atrophiés fut faradisé trois fois par semaine avec un courant aussi intense et avec des Intermittences aussi rapprochées que possible, c’est-à-dire proportionnellement au degré d’excitabiiité et de sensibilité de l'enfant. Dans l'intervalle des séances, je fis pratiquer la gymnastique localisée selon Ja méthode de Ling, associée à la gymnastique nerveuse pour les muscles qui avaient perdu leur action. Ce traitement a été suivi régulièrement depuis deux ans ; la faradisation n’a été suspendue que pendant plusieurs mois de l'été. IT en est résulté ‘une amélioration progressive, quoique très lente. Les fibres de la partie interne du üers antérieur du deltoïde, qui s'étaient contractées : par l'excitation électrique, sont devenues autant de faisceaux qui ont grossi peu à peu; d’autres fibres ont apparu ensuite dans toute la moitié
antérieure de ce muscle, et sont devenues lé centre de nouveaux faisceaux musculaires, mais il ne s’en est pas montré dans la moité postérieure.
La figure 105, dessinée d’après nature, représente l’état actuel du moignon de l'épaule gauche du jeune G. P... On voit le relief de son deltoïde ; le moignon, bien arrondi, forme un contraste frappant avec l'épaule disloquée d’une jeune fille qui est représentée dans la figure 104, et qui peut donner une idée de l'état dans lequel se trouvait le moignon de l'épaule du jeune G. P... avant le traitement.
Avec la nutrition musculaire, les mouvements sont également revenus chez cet intéressant enfant. Les principales fonctions du deltoïde sont entièrement rétablies. En effet, l'élévation des bras en avant ou en dehors est complète. L'absence de la moitié postéricure du deltoïde l’empêche seulement de porter facilement la main à la partie latérale et postérieure du tronc ; il fléchit ou étend l’avant-bras sur le bras, et ces mouvements se font avec un peu de force. L’attitude d’adduction de la main est beaucoup moins exagérée qu'avant le traitement, le jeune malade porte facilement les doigts sur tous les points de la face et de la partie antérieure dun tronc ; enfin, il peut opposer le pouce à tous les doigts de la main. La nutrition générale du membre est améliorée: ainsi la calorification y est normale, la peau plus injectée, et le tissu cellulaire sous-cutané a diminué d'épaisseur. Ce dernier phénomène, que j'ai vu se reproduire dans les cas analogues pendant le traitement faradique , pourrait être interprété défavorablement; car lorsqu'il se manifeste, la circonférence du membre diminue. Cette fonte du tissu cellulaire sous-cutané est un signe favorable ; je l’ai toujours vue coïncider avec un retour de la nutrition musculaire.
Ce beau résuitat, dû , sans aucun doute, à la persévérance apportée dans le traitement, a été admirablement secondé par les parents du petit malade. Non-seulement ils ne se sont pas laissé rebuter par la longueur du traitement, mais ils ont pratiqué le massage et la gymnastique localisée avec une grande exactitude. L'état actuel du jeune P... laisse sans doute beaucoup à désirer, mais je ne doute pas qu'en persévérant dans l'application de la faradisation et de la gymnastique, on n'arrive à augmenter encore considérablement la force et le volume des muscles aujourd'hui en voie de guérison.
Le fait précédent démontre d'une manière incontestable, que là même où l'absence de la contractilité électro-musculaire laisse craindre que le tissu musculaire ne soit devenu entièrement graisseux, on peut espérer quil restera encore quelques fibres saines cachées, autour desquelles il sera possible d'en développer d’autres qui, par leur réunion, formeront bientôt
des faisceaux musculaires, des portions de muscles et même des muscles entiers. Mais il faut que l'on sache qu'un tel résultat ne peut être obtenu qu'au prix d'un traitement très long, et qu'il serait inutile d'en commencer un semblable, si l’on ne se sentait assez de force de volonté pour le continuer pendant une année ou deux et même davantage, comme je l'ai fait pour quelquesuns des enfants dont j'ai rapporté l'observation.
Si l’on était certain d'obtenir toujours un résultat heureux, le médecin ne reculerait jamais devant les ennuis inséparables d'un traitement aussi long, et les familles devant les frais et les dérangements qu'il leur cause, Mais on ne peut malheureusement rien promettre. Je ne citerai qu'un exemple qui modérera l'espoir exagéré que pourrait inspirer le résultat obtenu dans le cas précédent. Chez la jeune fille représentée dans la figure 104, un an et demi de traitement n'a pas produit une seule fibre musculaire dans le deltoïde. Il est vrai que dans ce cas le deltoïde était complétement graisseux, ce que je n'ai pu apprendre que par cette expérience. On a dû remarquer aussi que le traitement faradique a été appliqué très tardivement (huit ans après le début). Je dois dire, cependant, que si chez cette jeune fille le résultat a été complétement nul pour le deltoïde, il n’en a pas été de même pour le biceps, dans lequel la faradisation a développé assez de fibres pour produire un commencement de flexion de l’avant-bras sur le bras, Ce muscle pourra certainement se développer encore, ce qui diminuera d'autant l'infirmité dont cette jeune personne est affligée.