FARADISATION DES ORGANES INTERNES
l’un en avant, l’autre en arrière, ne pouvaient échapper à l’action de l'excitation électrique. Le second excitateur (une éponge humide enfoncée dans un cylindre métallique) était posé sur l’épigastre. Cette application était faite dans le bat de modifier l’état du tube digestif de cette malade, qui paraissait frappé de paralysie depuis un mois. Son estomac était, en effet, énormément distendu par des gaz, et elle avait une constipation opiniâtre. Je ne rapporterai pas maintenant son histoire, car elle est encore en traitement. Mon intention est seulement de faire connaître actuellement les phénomènes qui se développent pendant l'excitation du pneumogastrique à cette hauteur. Lorsque j'ai fait passer le courant avec une intermittence par seconde, la malade a ressenti des chocs antérieurs assez douloureux au niveau du point où se trouvait l’excitateur olivaires la sonde était agitée d'un mouvement très évident, et en même temps la malade rendit une assez grande quantité: de gaz. Mais il ne se produisit aucun autre phénomène physiologique appréciable pendant l'opération, bien que j'eusse augmenté l'intensité du courant jusqu’au maximum de l'appareil. Une fois, je fis passer un courant très rapide et peu intense; Ja douleur fut très vive ; la malade se plaignit d’une constriction profonde, mais ce fut tout ; il n’y eut de modification appréciable ni dans la calorification , ni dans la circulation.
F. Faradisation du diaphrag me.— J'exposerai le procédé qu'on doit employer pour faradiser le diaphragme, dans la deuxième et la troisième partie de ce livre, à l'occasion de l'étude électrophysiolopique et pathologique de ce muscle.
G. Les viscéres compris entre l'estomac et le rectum sont inaccessibles à la faradisation directe. — Cependant on peut exciter l'intestin indirectement par une sorte d'action réflexe, en plaçant les excitateurs sur deux points très éloignés de ce canal. On sait que M. Leroy (d'Étiolles) a provoqué des selles en faisant passer des courants galvaniques de la bouche au rectum. Un vétérinaire dont j'ai oublié le nom dit avoir employé avec succès sur des chevaux le même procédé et dans le même but. J'ai répété avec M. Leblanc cette expérience sur des chevaux, et J'avoue que nous navons pu obtenir d'évacuation alvine, quelque variée qu'ait été l'intensité du courant. Nous avons seulement remarqué que , pendant le passage du courant, et lorsque ce courant était très intense et très rapide, les sacro-spinaux et les muscles des membres se tétanisaient.
Ce mode d'électrisation de l'intestin agit en même temps avec une grande énergie sur la moelle épinière ; c’est l'excitation de
ce centre nerveux qui produit la contraction musculaire d'un grand nombre de muscles. Aussi doit-on être très réservé dans son emploi et n’agir qu'à-faible dose.
Ce procédé serait d’ailleurs très dangereux chez l'homme et ne pourrait être employé qu’à une très faible dose, car le rhéophore appliqué dans la bouche agit inévitablement sur la cinquième paire, dont on connaît l’excitabilité extrême, et produit des phosphènes. J'ai tenté cette opération chez Célestine, dont il a été question plus haut, mais elle ne put la supporter, bien qu'à faible dose. Je la modifiai de la manière suivante : Un excitateur étant placé dans l'œsophage à l'orifice cardiaque, je mis l'autre dans le rectum ; alors il m'a été possible d'agir au maximum de mon appareil. Tout l'intestin fut évidemment excité, car Célestine ressentit et eut toute la journée des coliques et des douleurs abdominales; mais je dois le dire, je ne réussis pas à vaincre sa constipation.
Je ne vois pas la nécessité d'employer ces procédés d’une application si pénible pour le malade et qui ne sont pas sans inconvénients. Il m'a souvent suffi de placer un excitateur olivaire dans le rectum et un second excitateur humide sur les parois abdominales pour obtenir une évacuation alvine. Ce procédé a pu provoquer une selle chez une hystérique de la salle Sainte-Marthe, n° 20, qui avait depuis trois semaines une constipation que M. Briquet n’avait pu vaincre et dont le ventre était énormément ballonné. Par ce même moyen, j'ai fait disparaître un étranglement interne de l'intestin chez un malade qui allait être opéré si Je n'avais réussi. Je reviendrai sur ce fait par la suite.
$ II. — Faradisation des organes des sens,
Je vais exposer rapidement les différents procédés de faradisation qui ont le mieux réussi dans les paralysies des sens.
A. Sens du toucher. — Appliquer les excitateurs humides sur le trajet des nerfs collatéraux et sur la pulpe des doigts.
B. Sens de la vue. — J'ai démontré dans le chapitre précédent que le galvanisme jouit de la propriété spéciale d'exciter très vivement la rétine, en produisant des sensations lumineuses, lorsqu'on applique des excitateurs humides sur les points de la