‹ De l'électrisation localisée et de son application à la physiologie, à la pathologie et à la thérapeutiqueChapitre 20 sur 140 · FARADISATION DES ORGANES INTERNES · texte numérisé non relu

FARADISATION DES ORGANES INTERNES

excitation faradique y détermine unténesnie insupportabie.C'est pourquoi on ne doit Jamais négliger d'isoler la tige qui supporte l'olive, à moins qu'il ne soit indiqué d'agir sur le muscle sphincter de l'anus.

B. Faradisation de la vessie: Dans toutes les opérations faradiques pratiquées sur la vessie, cet organe doit être fréalabietent vidé, comme dans la faradisation du rectum. Sans cette précaution , l'excitation, loin d'être limitée aux parois de ces deux organes, serait portée jusque dans le plexus sacré ou hypogastrique.

Si l’on veut faradiser les fibres musculaires du col de la vessie, un excitateur terminé par une olive est placé dans le rectum, comme dans l'opération précédente. Une sonde métallique courbe, isolée par une sonde en caoutchouc, excepté à son extrémité vésicale , et dans une étendue de 2 à 3 centimètres, est ensuite introduite dans la vessie et mise en rapport avec l’un des pôles de l'appareil. Quand celui-ci est en action, la sonde est ramenée de manière que son extrémité vésicale se trouve successivement en contact avec tous les points du col vésical. Le malade soumis à cette opération ressent alors des contractions résultant de l'excitation des fibres musculaires qui concourent à fermer le sphincter du col de la vessie.

Veut-on réveiller ou la sensibilité ou la contractilité du corps

de la vessie, l’excitateur vésical est promené sur tous les points de sa surface interne. Il est rare que je doive recourir à cette opération dans les paralysies de la vessie qui compliquent la paraplégie. Il me suffit presque toujours alors de faradiser énergiquement les parois musculaires de l'abdomen, pour rétablir cette fonction. Cette même opération fait aussi souvent disparaître la constipation qui a lieu d'habitude dans la paraplégie. Les faits nombreux que je possède semblent démontrer qu'un grand nombre de paralysies soit de la vessie, soit du rectum, ne reconnaissent pas d'autre cause que la paralysie ou l'affaiblissement des muscles abdominaux.

L'excitation électrique du rectum peut avoir des inconvénients qui S'opposeraient au procédé de faradisation qae je viens de décrire, si l’on ne cherchait à y obvier. À cet effet, j'introduis deux excitateurs dans la vessie. J'ai fait fabriquer, dans ce but, par M. Charrière, l'instrument suivant, que j'appelle excitateur vésical double (fig. 10 et 11).

L'excitateur vésical double est Composé de deux tiges métalliques flexibles, introduites dans une sonde à double éourañt qui les isole l'une de l'autre. Ces deux excitateurs sont terminés à leur extrémité vésicale, comme dans là figure 11; de telle sorte qu'étant a Does.

comme dans la figure 10, ils présentent la forme d'une sonde ordinaire. L'éxcitateur vésical double étant ainsi fermé et introduit dans la vessie, ses tiges sont poussées dé 3 à A centimètres, tanñdis que la sonde en caoutchouc est maintenue en place, de manière à produire l'écartement de l'extrémité vésicale de ses excitateurs. Alors, chacun des excitateurs mis en rapport avec les pôles d'un appareil d'induction, l'instrument est manœuvré comme précédemment. La sonde en caoutchouc à cloison, qui conduit les tiges des excitateurs, ne doit jamais être pénétrée par l'humidité, car les courants passeraient d'un | excitateur à l'autre, et se recompose- Fig. 10. Fig. A1. raient dans l'intérieur de la sonde, au lieu d'arriver aux plaques qui les téerminent.C'est pourquoi il faut avoir soin de vider préalablement la vessie.

C. Faradisation de l'utérus. — Dans certaines aménorrhées, l'efcitation électrique du col de l'utérus peut être employée avantageusement. J' emploie alors un excitateur construit comme ARE vésical double, dont il ne diffère que par la courbure de ses tiges et par la Hé des plaques qui le terminent (voy. fig. 12 et 13). Il est introduit fermé dans le vagin, comme dans la figure 13, puis ses deux plaques sont écartées comme dans la sp 12, en poussant les ges qui traversent ja sonde à cloison. L' opérateur g guide alors chacune de ses plaques avec l'index de la main ft et les place sur les côtés du col. Il ne reste plus alors qu'à mettre les extrémités libres de l’excitateur utérin en rapport avec les pôles d'un appareil. Les faits, peu nombreux il est vrai, que j'ai recueillis, me permettent d'espérer de bons

FARADISATION DÉS ORGANES INTÉRNES. 67 effets de ce mode d’excitation utérine dans les aménorrhées rébelles, qui ne dépendent pas seulément d'un état thloroanéimique.

Le rectum, la vessie, l'utérus hôrs l'état de grossesse, sont si peu sensibles à l'excitation faradique, que des malades éprouvent une sensation à peine appréciable pendant l'ôpération,méme lorsqu'elle est pratiquée avec Îles appareils les plus puissants. C'est pour Cette raison, comme je l'ai dit plus haut, que pendant la faradisation de ces or- Sanes je ne place jamais un des exci- & tateurs sur les parois de l'abdomen, & : dont la sensibilité, comparativement trop grande ,ne permettrail pas de dirigée sur eux un courant doué du degré d'intensité nécessaire à leur excitation électrique. Il est doné indispensable d'agir sur deux organes jouissant du même degré d’excitabilité, parexemple sur l'utérus et sur le rectum ou la vessie.

Si l'on veut exciter les organes contenus dans le bassin par la faradisation indirecte, on dirige l'olive de l'excitateur réctal sur la paroi postérieure du rectum. Alors le courant traverse là paroi intestinale et concentre son action dans le plexus sacré et hypogastrique situés derrière elle.

Fig, 19,

D. Faradisation du pharynx et de l æsophage.—- La faradisation du pharynx se pratique au moyen d'un excitateur dit pharÿngien. Ce dardiéf se compose d'une tigé métallique très flexiblé, articulée à la manière de la sonde œsophagienne, terminée par une olive également en métal, de 3 à 4 millimètres de diamètre, ét garnie d'ane sonde en caoutchouc qui isole la üge conductrice. La courbure de cet excitateur est diminuée où augmentée à volonté au moyen d'un mécanisme particulier, de manière qu éfant introduit dans lé pharynx, son extrémité olivaire puisse atteindre le constricteur inférieur, !

Veutôn faradiser les muscles constricteurs du pharynx , on promène l'olive sur l'œsophage, pendant qu'un second excitateur humide est placé sur la partie postérieure du cou. L'opérateur

doit se garder de diriger l'olive excitatrice sur les parois latérales du pharynx qui sont en rapport, de haut en bas, avec le pneumogastrique, le glosso-pharyngien et l'accessoire de Willis. Si l'excitateur se trouvait au niveau de ces derniers nerfs, l’action électrique, loin d'être limitée au pharynx, pourrait être portée au loin dans des orsanes dont la stimulation serait dangereuse ou tout au moins contre-indiquée. Pour faradiser l'œsophage, on se sert d'une sonde œsophagienne, ouverte à ses extrémités, et dans laquelle on place une tige métallique terminée par une petite olive en métal. L'excitateur œsophagien, étant ainsi isolé par la sonde en caoutchouc, n'agit que sur les points de l’œsophage qui sont en contact avec l'olive ; aussi doit-on promener cette olive sur toute l'étendue de l'organe que l'on veut exciter. On sait que l'œsophage est en rapport, dans sa portion cervicale, avec le nerf récurrent gauche, logé dans le sillon qui le sépare de la trachée ; que, dans sa portion thoracique, cet organe est longé par les deux nerfs pneumogastriques, lesquels se placent inférieurement, le gauche en avant, le droit en arrière de ce conduit. Il suffit de mentionner ces données anatomiques pour faire $entir la difficulté, on pourrait même dire l'impossibilité, d'éviter pendant la faradisation œsophagienne l'excitation de ces nerfs qui portent la vie dans les organes les plus importants. C'est pourquoi cette opération exige beaucoup de prudence et d'habileté.

J'ai eu l'occasion de pratiquer la faradisation du pharynx seulement sur deux malades atteints de paralysie des muscles constricteurs de cet organe ; dans ces deux cas, l'excitation électrique parut produire d'heureux résultats, Cependant, je ne veux tirer aucune conséquence de ces faits isolés ; je ne les cite que dans l'intention de faire connaître une des indications de la faradisation pharyngienne.

E. Faradisation du larynx. — Les muscles du larynx qui concourent à la phonation, excepté le thyro-aryténoïdien et le crico-aryténoïdien , sont accessibles à l’action directe de la faradisation. Voici le procédé opératoire que j'ai expérimenté plusieurs fois :

Je porte dans le pharynx l'excitateur pharyngien, et je le fais pénétrer jusqu'au-dessous de la partie postérieure du larynx. Le second exeitateur humide étant placé à l'extérieur, au niveau du

FARADISATION DES ORGANES INTERNES. 69 Muscle crico-thyroïdien, et l'appareil étant en action, je fais basculer l'excitateur pharyngien après en avoir augmenté la courbure, de manière que son extrémité olivaire soit en contact avec la face postérieure du larynx, et je lui imprime des mouvements de bas en haut et de haut en bas. Dans cette opération la stimulation est portée successivement et directement dans le crico-aryténoïdien postérieur, dans l'arvténoïdien et le crycothyroïdien (1).

La faradisation indirecte du larynx est encore plus simple ; il suffit de diriger l'extrémité olivaire de l’excitateur pharynsien sur les parties latérales du constricteur inférieur pour atteindre le nerf laryngé inférieur, qui, on le sait, anime tous les muscles intrinsèques du larynx ; on peut encore atteindre le laryngé inférieur gauche dans l'œsophage.

Sil est permis de tirer des conclusions de quelques faits que J'ai recueillis, ce procédé opératoire doit trouver de nombreuses et heureuses applications dans l’aphonie due à la paralysie des muscles du larynx. Je rapporterai plusieurs cas où cette opération a été pratiquée avec succès. (Voyez la EVe partie.)

F. Faradisation de l'estomac, du foie, des poumons et du cœur.— Alors même qu'on applique les excitateurs humides, et quelle que soit l'intensité du courant, l'épaisseur des parois thoraciques et abdominales ne permet pas à l'excitation électrique d'arriver jusqu'aux organes renfermés dans les cavités; cependant la plupart d'entre eux peuvent être faradisés indirectement, grâce au pneumo-sastrique, qui, on le sait, est accessible aux excitateurs dans le pharynx et l'œsophase. Mais on conçoit que les effets de la faradisation du pneumo-pastrique doivent varier suivant la hauteur à laquelle ce nerf a été excité.

A la partie inférieure de l’œsophage, son excitation est communiquée seulement à l'estomac et au foie, tandis qu à la partie supérieure du pharynx, elle se répand dans tous les organes quil anime.

Pour faradiser le pneumogastrique à sa partie supérieure, on doit promener l'olive de l'excitateur sur la partie supérieure et latérale du pharynx , et fermer le courant en plaçant le second

(1) M. Longet a démontré, par des expériences directes et fort bien faites, que le crico-thyroïdien joue un rôle important dans l’acte de la phonation.

excitateur sur Ja nuque. Quand on voudra limiter l’action faradique à l'estomac et au foie, un excitateur olivaire sera conduit par la sonde œsophasienne le plus près possible de l'orifice cardiaque, et lesecondexcitateur sera posé sur la régionépigastrique.

La faradisation du pneumopastrique est-elle quelquefois indiquée ? L'expérience ne m'a rien appris encore quant à l'influence thérapeutique de cette opération.

J'espère cependant que ce mode d'excitation pourra être appliqué avec succès au traitement de certaines affections nerveuses rebelles des viscères thoraciques ou abdominaux, par exemple dans la gastralsie. Il est inutile de dire que, dans ces cas, la faradisation du pneumogastrique doit être pratiquée à des hauteurs différentes. |

La faradisation du pneumopgastrique offre-elle des dangers ? Il me suffira de rappeler les organes importants que ce nerf tient sous sa dépendance pour engager mes confrères à une grande circonspection dans ce genre de recherches. Voici un accident quinm'est arrivé et qui pourra guider l'ex périmentateur: promenant un excitateur sur la partie latérale et supérieure du pharynx, sous l'action d'un courant rapide, bien que très modéré, le malade tomba subitement en syncope ; revenu à lui, il dit qu'il avait éprouvé une sorte d'étouffement et de seasation indéfinissable. Depuis lors, ayant faradisé le preumopgastrique à la même hauteur, avec une intermittence par seconde, et avec un courant très modéré, le même accident ne se renouvela plus,

mais la sensation précordiale se manifesta chaque fois. Les sujets ne témoisnent aucune sensation dans la résion de l'épigastre ou du foie, quand on faradise le pneumogastrique à cette hauteur. |

On peut pratiquer sans inconvénient la faradisation du pneumogastrique à la partie inférieure de l'æsophage.

OBSERVATION III. — J’ait fait, en ellet, cette application une vingtaine de fois chez une femme nommée Célestine Bonhamy, âgée de vingt-trois ans, couchée actuellement (17 février 4854) au n° 9 de la salle Sainte- Anne. L'olive métallique excitatrice, conduite au moyen d’une sonde œsophagienne à la partie inférieure de l’æsophage, était assez volumineuse pour se trouver nécessairement en contact avec les parois de ce canal , de façon que les pneumogastriques qui, près de l’orifice cardiaque, sont placés, comme on le sait, immédiatement contre la paroi œsophagienne,

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