‹ De l'électrisation localisée et de son application à la physiologie, à la pathologie et à la thérapeutiqueChapitre 62 sur 140 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Électro-physiologie des muscles de la face.

Lorsqu'on se représente le peu de surface des muscles de la face, et surtout le nombre considérable de rameaux et de filets nerveux qui croisent leur direction, on est en droit de douter de la possibilité de localiser dans chacun d'eux l'excitation électrique. C'est cependant ce qu'on peut obtenir facilement avec la connaissance parfaite de l'anatomie de cette région et avec un peu d'habitude; c'est ce qu'on me voit pratiquer chaque jour depuis bon nombre d'années.

L'étude électro-physiologique des muscles de la face exige l'emploi d'un appareil volta-faradique à double courant, dont les intermittences marchent avec une extrême rapidité (par un trembleur), et dont l'intensité puisse être mesuréeavec précision et à petites doses. Les intermittences d'un appareil magnétofaradique ne pouvant être assez rapprochées , les contractions des muscles de la face s'accompagnent d'un tremblement qui nuit à l'étude de leurs fonctions, au point de vue de l'expression.

(1) J'exposerai dans la troisième partie les déductions pathologiques que j'ai tirées des recherches exposées dans ce chapitre et les recherches que j'ai faites sur la paralysie et sur la contracture du diaphragme.

Les excitateurs coniques recouverts de peau humide sont les seuls quil convient d'employer à la face. On applique leurs extrémités sur le muscle qu'on veut mettre en action, ayant soin de les rapprocher le plus possible l’un de l’autre. Il est clair qu'on doit éviter de les placer sur la direction de filets nerveux, et s’il arrivait que l'un de ces filets füt excité, ce dont on serait prévenu par la contraction de quelques muscles éloignés de celui dans lequel on se proposait de limiter l'action du courant, il suffraits de placer l'excitateur un millimètre plus haut ou plus bas pour. obtenir une contraction parfaitement isolée. Il est bon de se. rappeler approximativement le degré d'excitabilité de chacun, des muscles de la face (ce que j'ai exposé dans la première partie, page 56), quand on veut éviter au sujet des douleurs inutiles. Si l'on n'a pas acquis l'habitude nécessaire, on com: mence par des doses très petites, et l'on s'élève graduellement jusqu'au degré d'intensité suffisant pour exciter le jeu musculaire.

En exposant dans la première partie ma méthode de faradisa= tion localisée, j'ai donné le conseil de ne laisser passer le courant que lorsque l'excitateur a été préalablement appliqué sur le point correspondant au muscle que l'on veut mettre en jeu. C'est le moyen d'épargner au sujet la sensation électro-cutanée qui se produit à l'instant où commence le contact de l’excitateur hu® mide. C'est suriout à la face qu'il importe de procéiler ainsi. Je tiens habituellement mes excitateurs coniques d'une main, comme dans la figure 48, page 7, pendant que l'autre est des” tinée à fermer, à ouvrir ou à graduer le courant. Mais il faut® une grande habitude pour opérer ainsi, et je conseille à ceux qui ne l'auraient pas acquise de tenir un excitateur dans chaque main , pour être plus sûr de les placer exactement sur le point: anatomique , et de charger un aide de la fermeture, de l’ouver: ture et de la graduation du courant.

Avec ces précautions, rien n'est plus simple, je le répète, que la faradisation localisée des muscles de la face; et cependant quelque soin qu'on prenne, les’ sujets, en général, ne peuvent s'empêcher de faire des contractions involontaires , étrangères à la contraction du muscle faradisé, ce qui gêne l'observation de l’action individuelle des muscles, et surtout de leur influencé sur l’expression. Pour éviter ces contractions déterminées par la.

RECHERCGHES EXPERIMENTALES. 375

sensation, et pour être bien sûr de ne produire que des contractions isolées, j'ai dû répéter sur le cadavre, peu de temps après la mort, toutes les expériences que j'ai faites sur l’homme vivant. Pendant plusieurs années, il ne mourait pas un sujet au moment de ma visite à l'hôpital de la Charité, que je n'étudiasse sur lui l'action individuelle des muscles de la face. Je ne saurais peindre l'impression qu'on éprouve à la vue d'un cadavre dont ôn anime ainsi les traits, auquel on fait exprimer à volonté la colère , la menace, la joie, etc.

Je dois dire que, pour obtenir une ent tiOn épale de chaque côté de la face , il faut faradiser les muscles homologues avec deux courants dérivés,comme Je l'ai indiqué précédemment (première partie, chapitré IT, page 50), car lorsqu'on se sert d'un seul courant en diriseant les électricités contraires sur chacun. des muscles hétasibus 6 muscle qui est excité par l'électricité positive se contracté avec beaucoup plus d'énergie que celui auquel arrive l'électricité négative. On conçoit que ces contpactions inépales doivent faire grimacer au lieu de rendre l'expression propre des muscles excités.

Je me suis aidé aussi dans ces études sur les muscles de la fâce, de l'observation pathologique ; elle seule apprend la part qui revient à tel ou tel muscle, dans ce qu'on appelle le jeu de la physionomie, qui n'est que le résultat des diverses forces taniques musculaires de la face.

Mes recherches électro-physiologiques sur ce point ont été consignées dans un mémoire présenté en 1850 à l'Académie de Médecine. J'avais l'intention de le publier en entier dans ce chapitre, malheureusement il a été égaré par l'honorable rapporteur de ce travail. N ayant pas eu Ïé téraps de le composer de nouveau, j en exposerai seulement le résumé que je ferai suivre de quelques considérations générales, puis du savant et spirituel rapport qu'il eut la bonne fortune de provoquer. Ce rapport, dû à la plume élégante de M. Bérard, et qui fait ressortir l'importänce de quelques points de mes recherches électro-physiologiques terminera heureusement l'exposition de mes études sur les fonctions musculaires (1).

(1) À cette époque, j'en avais à peine fini avec la région de la face, et cependant l'éminent physiologiste entrevoyait déjà l'avenir heureux qui était réservé

RÉSUMÉ GÉNÉRAL DE MON MÉMOIRE SUR LES FONCTIONS DES MUSCLES DE LA FACE, DÉMONTRÉES PAR L'ÉLECTRISATION LOCALISÉE. de

$ Ier. — Peaucier du front (frontal).

Le peaucier du front entraine toujours de bas en haut la peau du front, des sourcils, des paupières et de l’espace inter-sourcis lier. À un léver degré de contraction, il épanouit les traits; sous l'influence d'une contraction plus forte, il exprime le doute, l'étonnement; enfin, au plus haut degré de contraction et con curremment avec d'autres muscles de Ja face , il donne l'expression d'une surprise agréable ou de l'effroi, suivant celui de ces muscles avec lequel il associe son action. Dans tous les cas ,ül sillonne plus ou moins le front de plis transversaux, et quelques fois il attire en avant le cuir chevelu, sans redresser les cheveux. La perte de la tonicité du peaucier du front fait disparaître les rides du front et occasionne l'abaissement du sourcil.

6 II. — Peaucier de l'espace inter-sourcillier (pyramidal),

Les anatomistes se fondant sur la continuité des fibres dt pyramidal avec celles du frontal , ont généralement considéré ce petit muscle comme la terminaison du précédent. M. le profes: seur Cruveilhier, à qui l'on doit de belles études anatomiques sur Jes muscles de la face, place le frontal et le pyramidal dans une mutuelle dépendance, et conséquemment en fait un seul muscle:

au nouveau mode d'investigation scientifique qu'il appelait anatomie vivante, 'et que je me proposais alors d'appliquer à l'étude de toute la physiologie muss culaire,

J'avais cependant déjà présenté une série de travaux à l'Académie des sciences. La plupart des idées émises pour la première fois dans ces travaux ont aujourd’hui triomphé par l'évidence des faits; mais alors tout ce que j'avais adressé à la savante compagnie était, me disait-on, accueilli généralement avecindifférence. Désespéré, j'allais tout abandonner, quand M. Bérard releva mon courage par les paroles bienveillantes qu'il fit entendre en pleine académie. Peu de temps après, je trouvai le même appui dans M. Bouvier, à l’occasion de mon travail sur les muscles de la main ; et à l’Académie des sciences, à l'occasion‘ du concours de médecine et de chirurgie, M. Andral et M. Lallemand prenaient aussi ma défense. Je déclare que sans leurs bienveillantes et encourageantes paroles, des recherches électro-physiologiques que je publie dans ce livre n'auraient jamais vu le jour.

Ilme paraît très vicieux de classer le système musculaire d’après certaines dispositions anatomiques, car on s'expose à confondre des muscles qui, physiologiquement, sont complétement indépendants, et dont'les usages sont souvent opposés. Cette critique est applicable à quelques muscles de la face. Je vais essayer de la justifier à l’occasion du pyramidal en appliquant la faradisation localisée à l'étude de ses fonctions. … Si l’on place un excitateur sur la racine du nez, c'est-à-dire dans le point où les pyramidaux sont le plus développés, la peau de l'espace intersourcilier se plisse transversalement, en attirant en sens contraire celle du front et celle du dos du nez, et quelquefois en abaissant l'extrémité interne des sourcils. Chez quelques sujets, le lobule du nez se relève pendant l'opération. Tant que l’excitateur ne dépasse pas le nivean des sourcils, le mouvement de la peau a lieu de haut en bas, mais audessus de ce point, ce mouvement se fait au contraire de bas en haut. L'expression imprimée à la physionomie par ces mouveinents opposés forme un contraste frappant.

Cette étude électro-physiologique me paraît démontrer que le pyramidal est antagoniste du frontal, qu'il assombrit la physionomie, tandis que le frontal épanouit les traits de la face. . Est-il bien exact de dire que le frontal se continue avec les pyramidaux? Mes recherches électro-physiologiques me portent à croire que cette disposition anatomique doit être exceptionnelle. On trouve, en effet, entre le pyramidal et le frontal , un point neutre, c'est-à-dire un espace variant de 2 millimètres à #2 centimètres , dans lequel souvent l'excitateur ne peut développer aucune contraction appréciable. Cette expérience prouve donc que dans ce point la fibre musculaire n'existe pas.

De l’ensemble de ces phénomènes électro-physiologiques, Je crois pouvoir conclure que le pyramidal est physiologiquement lantagoniste du frontal, et qu'anatomiquement il en est souvent complétement indépendant ; qu'il assombrit la physionomie et exprime la menace en plissant transversalement l’espace intersourcilier.

6 III. — Orbiculaire des paupières et sourcilier.

Les fibres musculaires qui sont en rapport avec les deux tiers internes de l’arcade sourcilière froncent et abaissent le sourcil

en le portant vers le bord intefne de cette arcade. Ces fibres musculaires appartenant à l'orbiculaire des paupières et au. sourcilier, doivent être considérées comme un seul muscle, en: raison de leur identité d'action. Leur contraction isolée exprime la réflexion ; associées au pyramidal du nez, elles expriment la menace où la méchanceté. | Les fibres musculaires qui sont en rapport avec le tiers ex: terne de l’arcade orbitaire et avec la paupière supérieure, pros duisent en se contractant l’abaissement de cette paupière (1).

(1) Je ne puis résister au désir d'exposer ici quelques considérations sur le mécanisme du clignement, Un savant et habile anatomiste, M. Sappey, explique d’une manière aussi neuve qu'ingénieuse le mécanisme du elignement. LA De tout temps, les physiologistes ont attribué ce phénomène de clignement: 1° à la sensation du besoin de cligner ; 2° à la contraction du sphincter des paupières sur lequel le cerveau averti par la cinquième paire réagit à l’aide du nerf facial; 3° à la contraction consécutive de l’élévateur de la paupière supés rieure qui agit sous l'influence de la troisième paire. « Dans cette théorie , dit M. Sappey, le caractère distinctif de l’action museulaire a été évidemment Mé= connu : toute contraction musculaire est essentiellement intermittente. Quel est le muscle qui demeure contracté et tendu depuis le moment du réveil jusqu'à Pinstant où nous retombons sous l'influence du sommeil? Quel est celui qui demeure contracté et tendu pendant une heure? Le cœur se repose soixante dix-huit fois dans une minute; dans le même laps de temps, le diaphragme se repose dix-huit où vingt fois, et l'élévateur de la paupière supérieure resterait en permanence de contraction quinze ou dix-huit heures consécutives, s’il ne recevait du cerveau l'ordre de se relâcher. Non ,ce muscle est soumis dans son action à la loi commune; ses contractions sont intermittentes eomme celles de tous les agents musculaires; il se relâche environ une ou deux fois par minute et au moment de chacune de ses détentes, le sphincter, en vertu de sa forcé tonique prédominante , ferme l’orifice palpébral que les'contractions aussitôt” renaissantes de son antagoniste dilatent de nouveau ,.sans que la durée de cette oscillation ait été sensible pour nous. » L Ainsi, pour M. Sappey, l’occlnsion de l'orifice perpébral s'opère, non parce que le sphincter se contracte, mais parce que le dilatateur de cet oritice cesse de se coutraster, et que la Force tonique du premier muscle lemporte sur celle dé son antagoniste, l'élévateur de la paupière. Cette théorie de M. Sappey est si ra= tionnelle en apparence, qu'il est difficile de ne pas se laisser séduire par elle. Jy ai cru un instant et j'espérais la voir en parfait accord avec la pathologie, comme doit l'être tout phénomène physiologique bien établi, | Malheureusement elle est infirmée par l'observation pathologique ; je vais le démontrer. S'il est vrai, comme l'affirme M. Sappey, que dans le cliguement l’occlusion de l'orifice palpébral s'opère parce que l'élévateur de la paupière cesse de se contracter, et non parce que l’orbiculaire se contracte, le clignement ne devra plus avoir lieu toutes les fois que l'élévateur de la paupière sera paralysé. Or ce west pas çe qu'on observe alors, cat sitôt qu'on soulève la paupière dont

Les fibres de la moitié inférieure de l'orbiculaire élèvent notablement la paupière inférieure, qu'elles sont, de plus,destinées à soutenir par leur tonicité.

$ IV.— Peaucier du cou et de la face (peaucier proprement dit).

Le peaucier du cou tire obliquement de haut en bas et de dedans en dehors les tésuments de la partie inférieure de la face, en découvrant les dents de la mâchoire inférieure. Il ne ride pas

élévateur est paralysé, de manière que l’on impressionne la conjonctive, on voit cette paupière agitée par intervalles d'un mouvement de clignement très prononcé, mouvement qui persiste encore après avoir laissé retomber la paupière. [l'est des malades qui peuvent entr’ouvrir l’œil dont l’élévateur est paralysé en contractant le frontal ; eh bien, ils ne peuvent le faire sans que l’on voie apparaître le clignement, comme du côté sain, Il est évident que dans ces cas l'occlusion de l'ouverture palpébrale ne peut s’opérer que par la contraction de l'orbiculaire des paupières. C'est de la même manière que s'exécute le elignement dans l’état normal. C’est l'impression de l'air ou de la lumière sur la conjonctive qui excite le cerveau à réagir sur l'orbiculaire, qui se contracte alors pour abriter la rétine. La pathologie donne évidemment raison à l’ancienne théorie contre celle de M.Sappey. Parmi les faits pathologiques que je pourrais rapporter ici à l'appui de mon opinion, j'en citerai seulement un, que j'ai fait observer publiquement , entre autres par M. Lebert et par M. Gaillet, actuellement professeur de physiologie à l'École de médecine de Reims. C'était un malade couché au n° 2 de la salle Saint-Félix (service de M. Andral), qui avait une paralysie double des troisième et sixième paires et de la septième paire du côté gauche.Il pouvait entrouvrir l'œil droit, et alors son front se plissait fortement de ce côté, et en même temps son sourcil et sa paupière étaient attirés en haut, il réussissait ainsi à écarter les paupières de 3 à 4 millimètres , et en renversant la tête en arrière il parvenait à voir. Du côté gauche (où existait la paralysie de la septième paire), on n’observait alors Aucun mouvement dans la panpière, ni dans le front, ni daus le sourcil. Dès que l'air ou la lumière avait pu pénétrer dans l'œil droit par l'élévation de sa paupière supérieure, le clignement se produisait aussi fréquemment et complétement qu'à l'état normal. A gauche, lui soulevait-on la paupière qu'il ne pouvait élever lui-même, le clignement ne s’y faisait pas, bien que la vue y fût aussi bonne que du côté droit, En résumé, chez ce malade, le clignement se fait malgré la paralysie de l'élévateur de la paupière supérieure. À gauche, où existe la paralysie de la septième paire, l'orbiculaire ne se contracte pas.

Pendant le sommeil, l'élévateur de la paupière se rapproche. M. Sappey attribue ce phénomène uniquement à la prédominance de forge tonique de l’orbiculaire sur celle de l'élévateur. S'il en était ainsi, la paupière supérieure gauche une fois soulevée chez notre malade, aurait dù rester dans cette position, puisqu'elle n'était sollicitée par aucune force, son abaisseur étant paralysé comme son élévateur ; eh bien, cette paupière se fermait aussi bien que celle du côté OppOsé s après avoir été relevée. Il existe donc, indépendamment de l’action tonique musculaire, une force qui tend naturellement à abaisser la paupière supérieure 4

Ja peau du cou; mais ses fibres perdant leur courbure et devenant rectilignes pendant sa contraction, il soulève la peau et gonfle conséquemment le cou.

Son action s épuisant par la mobilité des téguments de la face, du cou et du thorax ,il n'a plus assez de force pour abaisser la mâchoire inférieure , Qui est maintenue rapprochée de la supérieure par la tonicité de ses puissants élévateurs.

Le peaucier du cou est, contrairement à opinion de Bichat, le plus expressif de tous les muscles. Il se contracte souvent sous l'influence de la douleur; par sa combinaison avec le frontal il exprime la terreur, et avec le pyramidal etle sourcilier, la fureur.

Par suite de la perte de la tonicité de ce muscle, la ligne qui dessine le contour inférieur de la face est moins arrondie êt semble dessiner davantage le bord du maxillaire inférieur.

J'établirai plus loin, par des expériences électro -physiologiques, que le peaucier ne se continue pas plus dans le triangulaire et le carré du menton, que le pyramidal du nez dans le frontal.

$ V.— Peaucier du dos du nez (triangulaire du nez).

Le peaucier du dos du nez attire obliquement la peau du nez de bas en haut et de dehors en dedans, en y formant trois ou quatre plis parallèles à la direction du dde du nez; maisil n’exerce aucune influence sur l’orifice du nez, soit comme constricteu, soit comme dilatateur. À son maximum de contraction, il élève l'aile du nez et tire un peu le lobule de son côté.

Il donne à la physionomie une expression de Jubricité.

Consécutivement à la perte de sa tonicité, la charpente cartilagineuse du nez s'affaisse lépèrement, et le lobule du nez est attiré du côté opposé par son antagoniste.

cette force me paraît résider dans la disposition organique de la paupière ellé=

à même.

Enfin, la production du clignement par la contraction de l’orbiculaire n'exclut pas le relâchement simultané de l'élévateur de la paupière, La pathologie semble même prouver que ce relâchement a lieu, en effet, pendant le clignement, en même temps que la contraction del she car lorsque ce dernier est pa-

ralysé (dans la paralysie de la septième paire), le clignement se produit encore bien que très faiblement, Alors l’élévateur se relâche par intermittences, et la . force inbérente à la disposition organique de la paupière qui tend à l'abattle l'emporte sur la force tonique de l'élévatéur, mais cette prédominance de force etant trés faible, le mouvement de clignement est nécessairement limité.

S VI.— Dilatateur externe de la narine (pinnal transverse de M. Cruveilhier).

Ce muscle dilate circulairement Ja moitié externe de l'orifice de la narine (de l'aile du nez), sans l’élever, en l'écartant de la ligne médiane.

La perte de sa tonicité est suivie de l'affaissement de l'aile du nez qui s'applique plus ou moins contre la cloison. Ce muscle passionne la physionomie.

$ VII. —Dilatateur interne de la narine et nasillard (myrtiforme des auteurs, pinnal radié de M. Cruveiihier).

Les faisceaux musculaires connus sous la dénomination de muscle myrtiforme, et qui, de la fossette incisive, se rendent à la cloison et à la partie postérieure de l'aile du nez, forment deux muscles parfaitement distincts par leurs ARS

Le faisceau de la cloison agrandit l'orifice nasal en déprimant lécartilage de la sous-cloison: c’est pourquoi je l'appelle dilatatèur interne de la narine. La perte de sa tonicité, jointe à celle du dilatateur externe, obstrue l’orifice nasal.

L'autre faisceau tire fortement en bas et en arrière l'extrémité postérieure de l'aile du nez. Pendant ce mouvement, le diamètre antéro-postérieur de la narine s'agrandit. De plus, si le muscle est très développé, et que sa contraction soit très énergique, on voit se former une dépression, une sorte de fossette à la naissance de la ligne naso-labiale, et la paroi latérale du nez suivre le mouvement de son aile et s’aplatir. Le rétrécissemnent de l'erifice de la narine, qui est la conséquence de cet abaissement et de cet aplatissement de l'aile du nez, est assez considérable pour donner à la voix un timbre nasillard, semblable à celui qui résulterait de la compression exercée au-dessus des ailés du nez par des lunettes. De là le nom de muscle nasillard que Je propose de lui donner.

Ce muscle est très développé chez certains sujets qui le contractent volontairement. Il vieillit singulièrement la physionomie en pinçant la base du nez, en creusant et en abaissant la naissance de la ligne naso-labiale.

$ VIII. — Grand zygomatique.

Par la contraction isolée du srand zvgomatique, la commissure des lèvres est tirée en haut et en deliors; la ligne qui sépare les lèvres décrit une courbe à concavité supérieure; le sillon naso-labiäl est moins courbe et s'éloigne davantage de la perpendiculaire; la ponimette soulevée devient plus saillante, et la peau, repoussée de bas en haut, se couvre de rides rayonnantes plus ou moins nombreuses au pourtour des paupières dont lou: verture diminue:

La contraction de ce muscle exprime toujours la gaieté, depuis le sourire jusqu’à la gaieté la plus folle; son action , unie à celle du frontal, exprime une surprise agréable; combinée à celle du peaucier du cou , il rend le rire sardonique. Quelques fibres du buccinateur se joignent quelquefois à lui, et donnent le sourire le plus agréable, comme on le verra plus loin.

La perte de tonicité de ce musclé occasionne l'abaissement de la commissure , qui se rapproche alors de la ligne médiane, fait disparaître la partie inférieure du sillon naso-labial, abaisse la pommette et entraîne en bas la paupière inférieure, qui ne peut plus clore complétement l'ouverture palpébrale par l’action de l'orbiculaire des paupières.

6 IX. — Petit zygomatique,

Le petit zygomatique attire en haut et un péu en dehors la partie de la lèvre supérieure qui correspond à l’attache inférieure de cé muscle, et qui est à quelqües millimètres en dedans delà commissure. Pendant ce mouveinent de la lèvre supérieure le sillon nasolabial se creusé, et son contour Sarrondit ; la pom= mette est un peu refoulée en haut, et les yeux se ape tiSde Enfin, au maximum de contraction de ce muscle, il 8e formé sur la lèvre supérieure, à quelques millimètres en dedans de là commissüfe, un petit pli vertical aù niveau duquél le bord libre de cette lèvre est un peü soulevé.

Le petit zygomatique donne à la physionomie uñ air chagrif, mais 1l pleure sans faire grimacer,

SX.— Élévateur commun de l'aile du nez et de la lèvre supérieure.

Ce muscle éleve à la fois l'aile du nez et la lèvre supérieure. Pendant cette élévation de l'aile du nez, l'ouverture de la narine n'est pas agrandie.

L'élévation simultanée de l'aile du nez et de la lèvre supérieure qui à lieu dans un point voisin de la ligne médiane, diminue la courbure du sillon naso-labial dont la direction devient plus perpendiculaire.

C'est le muscle qui se contracte quand on pleure à chaudes larmes. Il fait faire une très laide grimace; c'est le pleureur des enfants.

$S XI. — Orbiculaire des lèvres.

Électro-physiologiquement, l’orbiculaire des lèvres est composé de quatre portions parfaitement indépendantes, car si l'on agit sur une moitié de la lèvre supérieure ou de la lèvre inférieure, près dela ligne médiane de la commissure, la contraction est limitée dans cette portion de l'orbiculaire sans sé Communiqüer à la portion voisine.

L'excitation d'un point de ce muscle, voisiü de la ligue médiane , dans l'étendue de 4 à 2 centimètres, tire la Èvée en dédans en la fronçant; l'autre portion de l'tbiéiläiré ure la lèvre en dehors.

Si ce sont les fibres les plus excentriques qui se contractént, les lèvres se renversent en avant, tandis que les fibres concentriques les appliquent contre les dents. Ainsi, la moitié interne des fibres les plus excentriques de l'orbiculaire se contracte pour froncer les lèvres vers la ligne médiane, en les portant en avant, comme pour donner un baiser, ou pour &iffler. La même moitié interne des fibres les plus concentriques fronce les lèvres vers la ligne médiane en les appliquant solidement contre les dents, comme le font les joueurs de clarinette pour pincer entre les lèvres l’anche de leur instrument.

L'absence complète de l'orbiculaire des lèvres, que j'ai eu l'occasion d'observer cinq fois dans l’atrophie musculaire graisseüse progressive , donne à la physionomie un aspect étrange. Les deux lèvres très épaisses avancent considérablement en

avant et ne sont pas appliquées contre les dents. Les commis: sures étant entraînées par les buccinateurs, la bouche est largement fendue, et les joues sont aplaties et sillonnées de plis verticaux. Les sujets privés de l'orbiculaire des lèvres parlent encore très distinctement, mais ils articulent moins bien les labiales et prononcent difficilement les voyelles o et u.

$S XII, — Buccinateur.

Les excitateurs placés dans la cavité buccale , au niveau des fibres du buccinateur, qui vont s'insérer au bord alvéolaire supé: rieur, tirent obliquement en haut et en dehors le côté corres: pondant de la lèvre inférieure. Pendant cette contraction, la joue se gonfle, et la lèvre inférieure semble s enfoncer dans l'épaisseur de la joue. Il en résulte la formation d'un petit sillon de 4 ou 2 centimètres d'étendue, à concavité antérieure, qui, partant de la commissure des lèvres, se dirige un peu UE en dehors. A son origine, ce sillon donne naissance à une fossette plus ou moins profonde au niveau de la commissure des lèvres, qui est alors lésèrement tirée en dehors et en haut.

L'excitation des fibres inférieures du buccinateur tire en ba: et en dehors le côté correspondant de la lèvre supérieure ; maïs ce mouvement est moins évident et plus limité que le précédent. Pendant ce mouvement, la ligne naso-labiale ne subit pas la même influence que par Fexcitation du faisceau supérieur du buccinateur.

La contraction de tout le buccinateur par un excitateur qui embrasse toutes les fibres, tire fortement la commissure des lèvres en dehors en formant un ou deux plis verticaux qui creu sent la joue et Ja vieillissent. La continuité des fibres du buceï nateur semble parfaitement établie par ces expériences, d'au: tant plus qu'on ne trouve pas de point neutre (c'est-à-dire dont l'excitation ne provoque aucune contraction) sur la ligne qu sépare l'orbiculaire du buccinateur, comme cela existe toujours entre le pyramidal et le frontal.

La fossette de la commissure des lèvres due à l’action du faisceau supérieur du buccinateur sur la lèvre inférieure, quant elle n'est pas trop prononcée, donne de la grâce à la ph sionomie. Mais au delà de certaines Jimites, la prédominance

tonique de ce faisceau gonfle démesuréiment la joue en creusant un sillon dans lequel la lèvre inférieure semble s'enfoncer. Chez quelques personnes, le grand zygomatique se contracte synergiquement avec ce faisceau musculaire, pendant le rire ou le sourire; alors ces expressions sont très gracieuses.

$S XIII, — Élévateur de la houppe du menton et de la lèvre inférieure (hbouppe du menton).

Les mouvements déterminés par la faradisation du muscle de la houppe du menton varient suivant l'intensité du courant. Quand l'excitation est faible, elle ne produit que l'élévation du menton, mais si la dose électrique est augmentée, la lèvre inférieure est soulevée en masse, et d'autant plus que le courant est plus fort.

. Dans ce mouvement d'élévation, la lèvre inférieure se renverse et soulève un peu la lèvre supérieure, en sorte que les deux lèvres se portent un peu en avant. Ce mouvement de renversement de la lèvre inférieure est un effet produit seulement par là rencontre des deux lèvres, car si pendant la contraction du releveur du menton les mâchoires sont écartées, le renversement de la lèvre inférieure n'a plus lieu.

Sans le concours de l’élévateur de la houppe du menton, la prononciation des labiales est difficile ainsi que je l'ai constaté dans une paralysie double de ce muscle, consécutive à une névralgie des nerfs mentonniers. La dame qui était atteinte de cette affection fronçait les lèvres en prononçant les labiales (j'ai démontré, en effet, que les lèvres se rapprochent quand elles se froncent), souvent aussi cette dame soulevait son menton avec la main, pour faciliter la prononciation. Dans la paralysie de la septième paire, la prononciation des labiales est encore difficile, parce que le releveur ne se contracte que d'un côté. Ce muscle est Le seul qui se contracte dans les prières récitées à voix basse. Quand on l’excite avec un courant à intermittences un peu éloignées , le sujet semble en effet réciter une prière.

S XIV.— Triangulaire des lèvres.

Ce muscle abaisse la commissure des lèvres et diminue plus

Où moins la courbure du sillon naso-labial qui se rapproche

davantage de la perpendiculaire. La ligne qui sépare les lèvres décrit alors une courbe à concavité inférieure. A un léver degré de contraction , il exprime la tristesse, et chez les enfants il annonce les larmes; au maximum de contraction , il exprime le dégoût.

La continuité des fibres du peaucier dans le triangulaire des lèvres et le carré du menton a enpagé quelques auteurs à envisager ces derniers comme un simple prolongement du pre mier; il en résulterait alors que certaines fibres du peaucier se réfléchiraient ou dans le triangulaire, où dans le carré du menton. S'il en est ainsi, l'excitation électrique doit passer du peau cier dans le triangulaire, ou de celui-ci dans celui-là. Or, c'est ce que je n'ai pu obtenir, même en rapprochant le plus possible l'excitateur du point de jonction du peaucier et du triangulaire. Placé sur ce dernier, l’excitateur agit seulement sur la commissure en exprimant la tristesse et le dégoût, tandis que sur Île peaucier il produit la tension de la région sous-maxillaire et exprime la colère ou l'effroi en tirant la joue obliquement en dehors et en bas et en découvrant les dents de la mâchoire inférieure. La même expérience faite sur les fibres du carré du menton et du peaucier montre aussi une limite bien tranchée entre ces deux muscles.

En présence de ces faits, il est permis de douter de la continuité réelle des fibres musculaires du peaucier avec celles du triangulaire et du carré des lèvres. N'est-il pas possible que ces muscles soient isolés les uns des autres par une sorte de terminaison encore peu connue. Cette opinion, qui n'avait jusque à pour base que les expériences électro-physiologiques -précédentes, paraît confirmée par un fait anatomique qui n'a été communiqué par M. le docteur Gubler, agrégé de la Faculté, et médecin des hôpitaux.

Si l'on prend un faisceau musculaire du peaucier, dit M. Gt: bler, on peut le suivre aisément dans le triangulaire des lèvres, par exemple; mais avec de l'attention on peut s'assurer quà l'endroit où ce faisceau s'engage dans le muscle triangulaireñl existe une ligne grisätre, transversale, au niveau de laquelle les fibres FE AE 0 primitives sont manifestement interrompues par une petite bande de tissu cellulo-fibreux. Il y a dont en réalité deux faisceaux musculaires ajoutés bout à bout et

soudés par du tissu fibreux, à peu près comme cela se voit dans les muscles droits de l'abdomen; par conséquent, chacun des faisceaux communs au peaucier et au triangulaire des lèvres représente un petit muscle digastrique, ou même polygastrique, silon en démontre la continuité jusque dans l’orbiculaire ou lélévateur de la lèvre supérieure.

M. Gubler considère cette vue comme applicable aux autres muscles de la même région. Les petites intersections fibreuses dont il s'agit lui ont paru donner naissance à quelques filaments qui les retiennent soit à la mâchoire inférieure, soit à la peau, et diminuent nécessairement l'étendue de la contraction des filets musculaires auxquels elles servent de moyen d'union comme de séparation.

Cette disposition anatomique semble impliquer une certaine indépendance de mouvement dans chaque portion de faisceau musculaire, et conséquemment dans chacun des muscles dont elles font partie intécrante.

$ XV.— Muscies dilatateurs de l'orifice externe du conduit auditif (auriculaire postérieur).

La contraction électrique de l’auriculaire postérieur tire le pavillon obliquement en arrière et en haut. Je n'ai jamais vu Pauricule se diriger directement en arrière, même quand l'excitäteur était placé sur les fibres inférieures de son auriculaire postérieur. Dans son mouvement oblique en arrière et en haut, le pavillon entraîne dans le même sens la crête sémilunaire qui obstrue l’orifice externe du conduit auditif et agrandit le diamètre transversal de cet orifice.

$S XVI. — Muscles auriculaires supérieur et antérieur.

L'excitateur placé sur les points qui correspondent aux fibres de l'auriculaire supérieur détermine quelquefois un mouvement d'élévation du pavillon.

Le même excitateur placé au niveau des fibres de l’auriculaire antérieur produit un mouvement du pavillon souvent directement en haut, quelquefois en haut et en avant, mais jamais directement en avant,

J'ai toujours pu constater l'existence de l’auriculaire antérieur

au moyen de la faradisation localisée , tandis que sur dix sujets, je n'ai trouvé qu'une fois l’auriculaire supérieur. ;

Pendant le mouvement d'élévation du pavillon, mouvement dû aux auriculaires , le diamètre vertical de l'orifice externe du conduit auditif s'agrandit très notablement, et la courbure de la portion cartilagineuse de ce dernier tend à se redresser.

Il ressort de ces expériences : 1° que les auriculaires postérieur, supérieur et antérieur sont uniquement destinés à agrandir en tous sens l’orifice externe du conduit auditif; 2°que les mouvements imprimés par ces muscles au pavillon de l'oreille n'exercent aucune influence sur ses reliefs, et ne font pas varier l'angle qu'il forme avec la face latérale de la tête.

$ XVII.— Muscles du pavillon.

Mes recherches électro-musculaires m'ont appris que dans certaines circonstances les muscles du pavillon doivent exercer quelque influence sur l'audition. C'est pourquoi je crois devoir exposer l'étude électro-physiologique que j'en ai faite après celle des muscles auriculaires, qui, je crois du moins l'avoir démontré, facilitent singulièrement l'arrivée des ondes sonores sur la membrane du tympan.

Les anatomistes ont parfaitement décrit les muscles du tragus, de l’antitragus et de l'hélix, mais aucun d'eux na démontré leurs fonctions. Grâce à la faradisation localisée, il m'a été permis d'analyser les mouvements de chacun de ces petits muscles et d'apprécier la part d'influence qui leur appartient dans la production des phénomènes de l'audition.

Les muscles du pavillon doivent être placés sous la dépen: dance de la septième paire, car dans la paralysie de ce dernier nerf ils ne se contractent pas sous l'influence de l'excitation électrique du côté paralysé.

A. Muscles constricteur et inférieur de la conque de l'oreille (muscles du tragus et de l'antitragus). — 1. Un excitateur appliqué sur la face externe du tragus produit le soulèvement de Ja peau qui recouvre sa face interne, et diminue d'un demi-millimètre à un millimètre le diamètre transversal du fond de Ja conque , du vestibule de l'orifice du conduit auditif. Sous l'influence d'un courant plus intense, on observe quelquefois Ja dépression du tragus.

II. Un excitateur placé sur la face externe de l'antitragus produit l'élévation de ce dernier etle soulèvement de la peau qui revêt sa face interne. Si le courant est un peu plus intense, la partie postérieure de l'anthélix est abaissée et portée en avant. En même temps la courbe de l’anthélix augmente, et la moitié supérieure du pavillon est abaissée en masse. Il résulte de l’ensemble de ces mouvements un rétrécissement de la circonférence de la conque, avec diminution du diamètre vertical de l'orifice externe du conduit auditif.

Il me semble ressortir de ces expériences que les muscles du tragus et de l'antitragus n'ont pas d'autre destination que de protéger l'organe auditif contre les impressions trop vives produites par les sons intenses, graves ou aigus. En effet, du rapprochement de la paroi interne du tragus contre la crête semi-lunaire de l'orifice externe du conduit auditif, résulte lobstruction de cet orifice qui ne permet pas à un aussi grand nombre de rayons sonores d'arriver directement à la membrane du tympan. D'un autre côté, par le rétrécissement de la circonférence de la conque, la surface destinée à réfléchir et à rassembler les ondes sonores dans le conduit auditif diminue, et offre moins de prise à l'action des sons trop intenses.

En résumé, le sens de l’ouïe est doué, comme le sens de la vue, d'un appareil protecteur. De même que la contraction de l'iris ne laisse pénétrer dans l'œil que très peu de rayons lumineux, de méme aussi la contraction des muscles du tragus et de l’antitragus s'oppose à l'entrée dans le conduit auditif d’un trop grand nombre d'ondes sonores intenses. En raison de ces fonctions spéciales, j'appelle le muscle du tragus constricteur supérieur de la conque , et le muscle de l'antitragus constricteur inférieur de la conque.

Les muscles constricteurs de la conque, qui n'obéissent pas à la volonté, se contractent sans doute sous l'influence de l'action réflexe. On pourrait peut-être constater leurs fonctions dans certaines circonstances, par exemple chez les canonniers et chez tous les individus exposés à de vives impressions sonores.

B. Muscles de l'hélix. — Sous l'influence de la contraction électrique du grand muscle de l'hélix, on voitla portion ascendante de ce dernier s'effacer et s'appliquer contre la branche

390 APPLICATION DE LA FARADISATION À LA PHYSIOLOGIE. inférieure de bifurcation de l’anthélix, et la moitié supérieure du pavillon se porter un peu en haut et en avant.

La contraction électrique du petit muscle de l’hélix concour! à ce petit mouvement d'élévation et déprime la partie de l'hélix qui se trouve Située en arrière et au-dessus du trapus.

Pendant l'élévation de la moitié supérieure du pavillon, le crête du cartilage semi-lunaire de l’orifice externe du cônduüi auditif s'efface lépèrement.

Il m'est souvent arrivé de ne pouvoir faire contracter ces muscles, On doit en conclure qu'ils n'existaient pas.

En résumé, favoriser, sur la surface de la conque, l'arrivée des ondes sonores, qui se dirigent d'avant en arrière par l’efface: nent du bord antérieur de l'hélix, agrandir l'orifice du conduit auditif par le soulèvement de la moitié supérieure du pavillon, tels me paraissent être les usages des muscles de l’'hélix.

COURTES CONSIDÉRATIONS SUR L'UTILITÉ DE CETTE ÉTUDE DES MUSCLES DE LA FACE.

Ces recherches sur les muscles de la face n'offrent pas même utilité pratique que les précédentes (celles qui traitent des muscles de l'épaule , du diaphragme). Cependant elles sont loin d'être dépourvues d'intérêt; je vais essayer, du moins, delle démontrer par les courtes considérations suivantes :

La plupart des muscles de la face de l'homme expriment sês idées, ses passions. Eh bien, il me paraît parfaitement établ par mes expériences que chacun de ces muscles ne peut rendre qu'une même expression, à des degrés divers. Qu'on fasse con: tracter alternativement, par exemple, les muscles de la face d’un cadavre dont l'irritabilité n'est pas encore éteinte, et l’on verra toujours ses grands zygomatiques exprimer la joie, depuis le sunple sourire jusqu'au rire le plus effréné ; les petits Zygomäques le chagrin, ses pyramidaux la menace, ses frontaux l'éton: nement, ses peaucliers la terreur, la douleur, etc. Chacune de

-ces expressions est rendue sur le cadavre avec la plus grande vérité, sans quil soit nécessaire de faire contracter simultané ment d’autres muscles que celui qui est pour ainsi dire l’inter prête unique de telle pensée ou de telle passion. Les expressions

complexes exigent des combinaisons d'action musculaire; on

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