CHAPITRE IIL
plication de la faradisation localisée à l'étude de l’état de la
contractilité et de la sensibilité électro-musculaires dans les paralysies.
Quand un muscle est frappé de paralysie des mouvements volontaires, perd-il ou conserve-t-il la faculté de se contracter sous l'influence des excitants artificiels, mécaniques, chimiques ou physiques ? Tel est le problème qui, depuis un demi-siècle, a préoccupé un grand nombre de patholosistes, qui l'ont résolu dune manière bien différente. Les uns, en effet, professent, avec Prochaska, Nysten et Legallois, que l'irritabilité est intacte dans la paralysie des mouvements volontaires; les autres, avec Muller, soutiennent une opinion contraire. En 1833,M. Marshal-
Hall crut pouvoir trancher la question en formulant la propos sition suivante : « Dans la paralysie cérébrale, l'irritabilité est, ah pnientées dans la paralysie spinale, l'irritabilité est dire sd
Cette proposition capitale, déduite par l'habile physiologiste anglais de quelques faits pathologiques et de ses expériences pratiquées sur les animaux, fut bientôt vivement controversée dans la Société médico- chirurgicale de Londres, devant laquelle elle fut portée par le docteur Todd. Ce dernier a publié un mémoire dans lequel on trouve de nombreuses observations recueillies en présence d'un grand nombre d'élèves et de médecins, lesquelles semblent mfirmer les doctrines de M. Marshal-Hallks D'où peuvent venir ces opinions opposées sur l'existence d un phénomène en apparence si facile à constater ?
C’est que pour arriver à un résultat certain dans de telles recherches, il fallait : 1° examiner l’état de chacun des muscles 2° connaître leur degré d’excitabilité à l'état normal, avant d'arriver à déterminer les différences qui peuvent exister entre l'état physiologique et Pétat pathologique. Comment , en effet, prouver que la contractilité électro-musculaire existe dans un muscle, en plus où en moins, si l'état normal de cette propriété musculaire n’est pas connu ? Les observateurs qui s'étaient livrés à ces recherches ne s'étaient pas placés dans de bonnes cond tions pour résoudre le problème qu'ils s'étaient posé, puisqu'ils, ne localisaient pas, ou plutôt ne savaient pas localiser l excitatio électrique dans chacun des muscles, et que d'ailleurs ils ne pos sédaient pas d'appareils qui leur permissent de mesurertexactement le degré d’'excitabilité de chacun des muscles ou faisceaux musculaires.
J'ai pressenti que l'application de la faradisation localisée au moyen de mes appareils de précision à l'étude de la contractilité électro-musculaire dans les diverses paralysies devait me conduire à des résultats plus précis, et me permettre peut être d'enrichir la science de faits nouveaux et importants pour" l'étude du diagnostic différentiel des paralysies. Je n'ai pas été trompé dans mes prévisions, ainsi que j'espère du moins le démontrer.
L'excitation électrique dirigée sur un muscle à l’état iotiiil en réveille, on le sait, la contractilité et la sensibilité. Ces propriétés musculaires, que je désigne sous la dénomination de con-