‹ De l'électrisation localisée et de son application à la physiologie, à la pathologie et à la thérapeutiqueChapitre 83 sur 140 · CONTRACTILITÉ ÉLECTRO-MUSCULAIRE DANS LES PARALYSIES · texte numérisé non relu

CONTRACTILITÉ ÉLECTRO-MUSCULAIRE DANS LES PARALYSIES

tractilité et de sensibilité électro-musculaires (1), toujours réunies” dans l'état de santé, peuvent ou exister isolément, ou se perdre simultanément, soit en partie, soit en totalité, sous l'influence de certaines conditions pathologiques.

Je ne me bornerai donc pas dans ce chapitre à rechercher, ainsi qu'on l'a fait jusqu à présent, quel est l’état de la contractiité électro-musculaire dans les paralysies, mais je tiendrai compte en même temps de l’état de la sensibilité des muscles paralysés.

— La contractilité produite par l’action directe du courant électrique sur le tissu musculaire mérite seule l'ancienne dénomination d'érritabilité hallérienne. La contractilité qui se développe dans les muscles, sous l'influence de l'excitation artificielle (mécanique ou électrique) des troncs nerveux, a été appelée motricité par M. Flourens. Les physiologistes modernes ne paraissent pas admettre ces distinctions, et confondent généralement les propriétés des nerfs et des muscles sons la dénomination commune d'irritabihité. L'illustre G. Cuvier a même sévèrement critiqué la dénomination proposée par M. Flourens, en disant que c'était une superfluité de langage. On sait cependant qu'un nerf séparé de l'axe cérébro-spinal perd son excitabilité. Certains poisons, le curare, par exemple, n'abolissent-ils pas immédiatement l'excitabilité des centres et des troncs nerveux, en aissant intacte la contractilité électro-musculaire (2)? Mais si uelques physiologistes semblent objecter que l'excitabilité s'éteint toujours en premier lieu, dans lescentresoudanslestroncs nerveux, et que l'irritabilité (la contractilité électro-musculaire), n’est pas autre chose que cette même excitabilité qui vit encore dans les terminaisons nerveuses, je répondrai par des faits déjà

(1) La contractilité musculaire qui se manifeste sous l'influence de l'électricité “est généralement appelée irritabilité par les auteurs; mais je lui ai préféré la

dénomination de contractilité électro-musculaire, qui exprime seulement un fait, et ne peut soulever les anciennes et interminables discussions qui sont attachées au mot irritabilité,

(2) 11 paraît résulter des expériences récentes de M. Alph. Robert, membre de l'Académie de médecine , que le chloroforme exercerait sur le système nerveux une action analogue à celle du curare. J'ai constaté moi-même, dans une de ses expériences, que chez l’animal anesthésié par le chloroforme, la moelle épinière, puis les nerfs, avaient perdu leur excitabilité, tandis que les muscles possédaient encore leur irritabilité intacte.

… nombreux, que, dans certains cas pathologiques, j'ai constaté l'absence de la contractilité électrique dans les muscles , tandis. que les troncs nerveux conservaient encore presque intacte ] faculté de provoquer leur contraction, c’est-à-dire la motricité de M. Flourens.. | |

: En présence de ces faits, je crois-que l'excitabilité des troncs nerveux et l’excitabilité des muscles sont des phénomènes parfaitement distincts, souvent isolés par la pathologie, et'en con: séquence, qu'il n’est plus permis de les confondre dans le lan: gage... ”

Dans les études électro-pathologiques auxquelles je vais me livrer, je ferai abstraction de l’état de la motricité; il ne sera question que de la contractilité électro-musculaire, désignée quelquefois par l’ancienne dénomination d'irritabilité hallé: rienne.

Les paralvsies que je me propose d'étudier successivement sont : les paralysies saturnines , les paralysies consécutives aux. coliques végétales, les paralysies avec lésion de la moelle ou des nerfs qui en émanent, les paralysies consécutives aux lésions: cérébrales, les paralysies rhumatismales, les paralysies hysté: riques. 1%

Grâce au concours bienveillant de mes confrères, j'ai pu réunit un grand nombre de faits recueillis dans les hôpitaux de 1 Charité et de l’'Hôtel-Dieu; mais, pour ne pas donner trop d'ex tension à ce travail, je n’en rapporterai que le nombre rigoureus sement nécessaire à la démonstration des propositions que J'aurai à formuler.

ARTICLE PREMIER

PARALYSIES SATURNINES.

J'ai étudié l'état des propriétés musculaires à l’aide de la. faradisation localisée, dans dix-huit cas de paralysie satufaitill Tous ces cas, sans exception, ont présenté, à des degrés variés, les phénomènes que j'exposerai dans les observations qui seront rapportées dans cet article (1).

(1) Depuis l'époque où j'écrivis ces lignes, c'est-à-dire depuis trois ans, jai observé au moins une centaine de paralvsies saturnines, qui toutes ont con-

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MOBSERVATION LXV. -— Paralysie saturnine des deux avant-bras. — . Gharité, salle Saint-Félix, n° 4, service de M. Andral, fait provisoirement par M. Pidoux. — Gervais, fondeur en caractères depuis 1835, eut pour p

la première fois, en novembre 1845, une constipation opiniâtre, avec: +

vomissements et fièvre. Deux applications de sangsues furent pratiquées

sur la région épigastrique, et la constipation ne céda qu'après dix-sept jours à des lavements purgatifs. Un mois après, l'indicateur et le pouce de

Ja main droite se fléchirent, sans qu’il fût possible au malade de les étendre.

Cette paralysie disparut trois mois après , sous l'influence de quelques

bains. En novembre 1846, nouvelle constipation moins opiniâtre que la

première, et suivie d’un affaiblissement musculaire dans les membres su- … périeurs, sans paralysie ni flexion des doigts, ni chute du poignet. En quatre “mois, le malade vit revenir ses forces, sous l’influence des bains sulfureux.

En 1847, douleurs vives siégeant dans la région antibrachiale postérieure, . .

et augmentant à la pression, surtout au niveau du quart inférieur du

radius. Il entra alors à la Charité, dans la salle Saint-Louis, n° 16, et en sortit ë guéri de ses douleurs quinze jours après. Il s'aperçut bientôt que le médius

st l’annulaire dela main droite se fléchissaient et qu’il ne pouvait plus les

étendre. Il n’en continua pas moins de travailler, bien que les autres doigts Me la même main se paralysassent à leur tour. L’affaiblissement des muscles

de la région antérieure s’ajouta à la paralysie des muscles de la région postérieure. En janvier 1849, la paralysie frappa le médius et l'annulaire ‘du côté gauche. En avril 1849, douleurs dans les deux bras, suivies de la paralysie des autres muscles de la région postérieure de l'avant-bras

gauche, à l'exception des longs extenseur et abducteur du pouce, de l'exdenseur du petit doigt et des supinateurs. N fut alors admis à la Charité, au h de la salle Saint-Félix. Pendant les trois premières semaines, il fut

raité dans ce service, sans aucun résultat appréciable, par les vésicatoires,

es bains sulfureux, par la strychnine à l'intérieur et par la méthode en-

dermique. Ce dernier médicament occasionnant des accidents, on dut Konger à la faradisation localisée. Je constatai alors les phénomènes sui-

vants: À droite, flexion forcée du poignet et des doigts sans extension volontaire possible, mais lorsqu'on maintient les premières phalanges relevées, l'extension des deux dernières phalanges est possible (1) ; adduction

du poignet et mouvement de supination conservés ; atrophie considérable “des muscles de la région postérieure. (Le relief musculaire de la région

postérieure de l’avant-bras a presque entièrement disparu , on y voit une

sorte d’enfoncement entre le radius et le cubitus. — À gauche, chute du

Mirmé l'exactitude des propositions que j'y ai formulées: Chaque jour j'ai eu l'occasion de démontrer ces faits, soit à l'hôpital, soit dans mon cabinet, aux médecins qui suivent mes expériences.

(1) On doit comprendre le mécanisme de ce phénomène depuis que j'ai démontré les fonctions et les usages des interosseux. (Voyez la deuxième partie,

chap, 1°.)

poignet, qui peut cependant êtresrelevé un peu avec de grands efforts;

flexion et paralysie des trois premiers doigts ; adduction du poignet-.e | mouvements du pouce et du petit doigt conservés ; les autres muscles dela. région antérieure sont moins paralysés qu’à droite. Sous l'influence de Ja

faradisation localisée dans chacun des muscles de l’avant-bras, je notedes

symptômes suivants: À droite, l’extenseur commun des doigts, l’exten-

seur du petit doigt, le long extenseur du pouce, les radiaux, n’entrent pas

en contraction avec les excitateurs humides, l'appareil gradué maximum

(90°). Une aiguille étant enfoncée dans ces muscles, l’électro-puncture ne

provoque que des contractions fibrillaires, même à un courant aussi intense

que possible (40°). Le long abducteur du pouce se contracte encore, bien

qu’il ait perdu un tiers à peu près de sa contractilité électro-musculaire,

Les autres muscles de l’avant-bras jouissent de leur contractilité électrique,

— A gauche, l’extenseur commun des doigts et le long extenseur du

pouce n’ont pas plus de contractilité électrique qu'à droite; les radiaux

ont perdu la moitié à peu près de leur contractilité normale. Les autres

muscles de l’avant-bras et de la main jouissent de toute leur contractilité électrique. Bien que les muscles ne se contractent pas sous l'influence de

la faradisation localisée, le malade éprouve une sensation analogue celle

qui accompagne la contraction des muscles sains; mais celte sensationa diminué notablement dans les muscles lésés dans leur contractilité.

OPSERVATION LXVI — Paralysie saturnine du membre supérieur gauche (Charité, salle Saint-Félix, n° 1, service de M. Andral), sure venue graduellement chez un peintre qui a eu plusieurs coliques saturnines, et datant de trois semaines. $

Le poignet tombe à angle droit sur l’avant-bras; les doigts sont fléch dans la paume de la main ; le bras peut à peine être écarté du tronc; l'ex tension et la flexion de l’avant-bras sur le bras sont seuls possibles ; amaigrissement général du membre; diminution du relief des muscles dela région postérieure de l’avant-bras ; atrophie assez considérable du deltoïde:

Je constate à l’aide du fadarisme : 1° que l’extenseur commun des doigts et les radiaux ne se contractent pas à un courant de 90 degrés; 2° que les autres muscles du bras et de l’avant-bras possèdent leur contractilité électrique ; que les fibres moyennes du deltoïde ne se contractent pas à un. courant de 90 degrés, tandis que du côté sain les fibres moyennes se con= tractent énergiquement à un courant de 25 degrés; 3° que la sensibilité électro-musculaire n’est que faiblement diminuée dans les muscles qui ne se contractent pas sous l'influence du faradisme, et qu’elle est normale dans ceux qui ont conservé leur contractilité électrique.

Réflexions. — Bien que j'aie à faire connaître, dans la quatrième partie , l'influence thérapeutique du faradisme dans ces para:

PARALYSIES SATURNINES. 507

lysies, je dois dire dès à présent qu'en peu de séances (trois où quatre séances), les muscles qui avaient conservé leur contractilité électrique ont recouvré, chez ces deux malades, toute leur force, quand, au contraire, la guérison des muscles lésés dans cette propriété a demandé un temps assez considérable.

…Je vais rapporter l'analyse de l’ebservation d'un malade que je n'ai pas traité par le faradisme, mais chez lequel j'ai pu constater l’état de la contractilité électro-musculaire avant et après son traitement par la strychnine.

OBSERVATION LXVII — Paralysie saturnine des deux membres supédre consécutive à des coliques saturnines chez un peintre. — Charité,

e Saint-Michel, n° 9, décembre 1847, service de M. Rayer. — Para- IVsie complète et RE ET général des membres supérieurs ; atrophie considérable des muscles des régions postérieures de l'avant-bras et du bras, et du muscle deltoïde des deux côtés ; chute des poignets ; flexion continue des doigts; pas de contracture. Par le faradisme , je constate la perte presque complète de la contractilité électro-musculaire dans les muscles de la région postérieure de l’avant-bras, excepté dans l’anconé, les süpinateurs, le long abducteur du pouce, et le cubital postérieur ; diminution très notable de la contractilité électrique dans le triceps et le deltoïde. Les muscles lésés dans leur contractilité électrique ont perdu une partie assez notable de leur sensibilité électrique.

Dans ces trois cas, la sensibilité de la peau était normale sur us les points.

Je ne rapporterai pas les autres observations de paralysie saturnine que J'ai réunies, parce qu ‘elles présentent toutes, sans exception, à peu près les mêmes symptômes et les mêmes phémomènes électro-pathologiques.

* Réflexions générales sur les observations précédentes. — Dans les observations précédentes, on est frappé d'un phénomène fort bizarre : c’est que la lésion de la contractilité électro-musculaire semble toujours se porter de préférence sur certains muscles, alors méme que le membre entier est frappé de paralysie.

Si l’on étudie, en effet, la marche de cette lésion dynamique, et l'ordre dans lequel les muscles en sont successivement atteints, on remarque que l'extenseur commun des doigts, et après eux les extenseurs propres de l'index et du petit ‘doigt, puis le long extenseur du pouce, sont les premiers atteints dont leur contractilité électrique (vov. obs. LXV).

Lorsque l'extenseur commun est seul paralysé, le sujet perd la faculté d'étendre la première phalange du médius et de l’annulaire; l'index et le petit doigt conservant ce mouve: ment affaibli, il est vrai, grâce à l'intégrité de leurs extenseurs propres.

Alors aussi la lésion peut agir inégalement ou isolément, non seulement sur chacun de ces extenseurs, mais aussi sûr chacun des faisceaux de l’extenseur commun des doigts. Ainsi, chez un malade qui présentait une paralysie partielle de la main (Charité, salle Saint-Vincent, n° 11, service de M. Andral, 1849), j'ai observé une diminution assez considérable de la contractilité électrique seulement dans l’extenseur propre de l'index et dans le long extenseur du pouce; la force musculaire était généralement un peu affaiblie dans les muscles de l’avant-bras. D'autres fois l'extenseur propre du petit doigt jouit de sa contractilité électrique normale, même quand les autres extenseurs de l'avant-bras ont perdu cette propriété musculaire en tout ou en partie (voy. obs. LXV).

Des muscles extenseurs de l’avant-bras, la lésion de la contractilité électro-musculaire s'étend aux muscles radiaux. Les deux radiaux peuvent être affectés à la fois ou isolément. Dans ce dernier cas (phénomène constant jusqu'à présent), c'est le second radial qui est atteint le premier ; et lorsqu'étant lésés simultanément, ils le sont d’une manière inégale, c'est enco le second radial qui, de ces deux muscles , est le plus malade.

Enfin, le cubital postérieur, le long abducteur et le court extenseur du pouce, sont presque toujours les derniers muscles de la région postérieure de l’avant-bras qui perdent la propriété de se contracter sous l'influence de {a faradisation(voy.obs.LXW et LXVI).

Chez tous mes malades, les supinateurs et l’anconé ont conservé la contractilité électrique dans toute son intéorité. Jenes- Salerai pas d'expliquer cette sorte d'immunité de ces muscles» qui, comme Îles autres cependant, sont sous la dépendance du nerf radial.

Dans ces paralysies saturnines, les muscles de la région antibrachiale antérieure, ceux de la paume de la main, et les interosseux palmaires, conservent toujours leur contractilité électrique à l'état normal (voy. obs. LXV, LXVI et LXVIT). On sait cepen-

PARALYSIES SATURNINES. ! 509 dant que ces muscles sont affectés aussi à un faible degré dans leur contractilité volontaire.

Je viens de dire que les muscles de la main ne sont pas ordinairement atteints par le poison. Il est vrai que j'ai vu deux ou trois fois les muscles de l'éminence thénar considérablement atrophiés du côté droit, chez des peintres atteints de paralysie saturnine. Ces muscles, quand ils ne sont pas entièrement transformés, conservent leur contractilité électrique. J’attribue cette atrophie à la compression exercée par le manche dela brosse, et non à l'influence toxique du plomb. Les muscles de la main gauche sont ordinairement intacts. Il en existait un exemple à la Charité, au n° 5 de la salle Saint-Michel. On pouvait aussi voir, au n° 15 de la salle Saint-Jean-de-Dieu, Charité (service de M. Bouillaud), un lapidaire qui avait éprouvé des coliques saturnines dues à l’action d’une meule de plomb dont il faisait un usage continuel : tous les muscles de la main droite étaient chez lui considérablement atrophiés, mais ils avaient conservé leur contractilité électrique. Tous les muscles de l’avant-bras étaient intacts.

La lésion de la contractilité électrique n'est pas toujours limitée à certains muscles de la région antibrachiale postérieure ; elle atteint souvent le deltoïde, en laissant intacts les

uscles du bras (voy. obs. LXVI).

Enfin au bras, le triceps est plus souvent lésé dans sa con- 'actilité électrique que le biceps.

Dans la paralysie saturnine générale du membre supérieur, outre les supinateurs et les muscles de la réglon antérieure de l’avant-bras, j'ai toujours vu le grand pectoral, le trapèze, et les muscles qui s’insèrent dans la fosse sous-épineuse conserver leur aptitude à se contracter sous l'influence de la faradisation.

Tel est l’ordre dans lequel on voit les muscles atteints succes- Sivement dans leur contractilité électrique chez les sujets atteints de paralysie saturnine du muscle supérieur. Le muscle deltoïde se paralyse quelquefois primitivement, Je vais en citer un exemple :

OBSERVATION LX VIIT.—Au numéro 13 de la salle Saint-Ferdinand, service de M. Cruveilhier, j'observai, en 1849, un malade atteint d’une paralysie du deltoïde du côté droit, consécutive à plusieurs coliques saturnines.

ets

Chez cet homme, les fibres moyennes avaient complétement perdu leur con: tractilité électrique, qui cependant existait encore, mais à un très faible degré, dans les fibres antérieures et postérieures. Je ferai remarquer toutefois que l'extension volontaire des doigts ne me paraissait pas complètes

La perte ou la diminution de la contractilité électro-muscu laire précède-t-elle ou suit-elle la perte de la contractilité volon: taire? Je ne possède pas encore les éléments nécessaires à1a solution de cette intéressante question. |

Cependant j'ai toujours remarqué, dans les paralysies même récentes, que la lésion de la contractilité électro-musculaire était arrivée au maximum qu'elle doit atteindre, car Jamais je ne l'ai vue augmenter progressivement, ainsi qu'on l’observe dans d’autres paralysies. |

Bien que, dans la paralysie saturnine, les muscles aient perdu en tout ou en partie leur contractilité électrique, ceux-ci n’en conservent pas moins une grande partie de leur sensibilité (obs. LXV, LXVI, LX VII). I me paraît prouvé, en conséquence, que la sensation qui accompagne la contraction électro-muscu: laire n’est pas le produit de cette dernière, mais bien le résultat de l’action directe du faradisme sur la sensibilité m usculaire. «

Un membre frappé de paralysie est généralement amai gti; mais il est remarquable que l'atrophie s attaque principalement aux muscles qui ont souffert dans leur contractilité électriques Je me crois fondé à dire que ces derniers muscles sont les se als qui, en réalité, aient subi l'influence délétère de l'intoxication Saturnine. J'ai vu, en effet, que les autres muscles du membre paralysé, non seulement souffrent peu dans leur nutrition, maïs! qu'ils recouvrent très vite leur force et leurs mouvements VOz lontaires sous l'influence du traitement (1).

(1) L’anatomie pathologique est venue confirmer l’assertion précédente, comme le prouve le fait suivant :

OssenvarTion LXIX. — Au n° 15 de la salle Saint-Louis (Charité, service de M. Briquet) mourut en 1851 un homme qui, pendant une vingtaine d’annéts, avait conservé une paralysie saturnine double de quelques muscles de la région postérieure de l’avant-bras. J'avais constaté pendant sa vie que ces derniers muscles ne se contractaient pas par l'excitation électrique, tandis ‘que ceux de la partie antérieure de l’avant-bras jouissaient de toutes leurs propriétés; mais leur force était très affaiblie; ils étaient considérablement atrophiés, à un degré infiniment moindre, il est vrai, que les muscles paralysés.

À l’autopsie, les muscles dans lesquels la contractilité électrique n'existait plus

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