‹ De l'électrisation localisée et de son application à la physiologie, à la pathologie et à la thérapeutiqueChapitre 92 sur 140 · DEN CADET SNS OP · texte numérisé non relu

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d'élection.

N'a-t-il pas été démontré, en effet, plus haut, que ces dernières paralysies (les paralysies saturnines et végétales) sont caracté)

risées par la perte plus où moins complète de la contractilité et! de la sensibilité électriques de certains muscles de la répion |

jostérieure de l’avant-bras.

La paralysie consécutive à la lésion du nerf radial serait la seule 4

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quiaurait quelque ressemblance avec les paralvsies saturnine | etvépétale, I suffit cependant d'un peu d'attention pour les différencier encore; car dans la première, tous les muscles animés!

par lé nerf radial perdent, soit complétement, soit à des degrés! variables, leur contractilité et leur sensibilité électriques, tandis! que dans les dernières, J'ai toujours observé une sorte d'immüu-!

(1) Voy. le chapitre VI pour le diagnostic différentiel des paralysies générales. |

ù DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL DES PARALYSIES. 299 nité pour les supinateurs. On se rappelle aussi que la paralysie saturnine envahit dans un certain ordre les muscles de la région postérieure de lavaut-bras; qu'elle attaque, par exemple, le second radial avant le premier, l'extenseur commun avant les extenseurs propres, etc. Eh bien! on peuttirer parti dans certains diasnostics douteux, de la connaissance de ces phénomènes. Ainsi, la perte de l'extension du médius et de lannulaire avec conservation de ce mouvement d'extension dans l'index et le petit doigt réveille toujours en moi l'idée de paralysie saturnine. Non seulement la paralysie spinale et celle des nerfs émanant de la moelle, se distinguent facilement des autres paralysies par des caractères électro-pathologiques, mais encore on peut, à l'aide de ces mêmes signes, et en tenant compte du degré d’affaiblissement de la contractilité et de la sensibilité électro-musculaires, diagnostiquer à coup sûr le degré de maladie de chacun des muscles animés par le nerf lésé et en déduire le pronostic, à l'époque où il importe le plus dele faire, dès le début. Je me réserve de démontrer et de développer plus tard ces faits importants en traitant spécialement de l'application de la faradisation localisée au diagnostic, au pronostic et au traitement des paralysies traumatiques des nerfs (Voyez la quatrième partie, chapitre E°°).

$ II. — Paralysies dans lesquelles la contractilité électro-musculaire est intacte.

Les paralysies qui composent la seconde classe, c'est-à-dire celles qui conservent intacte la contractilité électro-musculaire, sont moins faciles à différencier entre elles que celles de la première classe.

C'est ici que je regrette d'avoir été obligé de rejeter comme inexacts et sans valeur pratique les phénomènes électro-musculaires spéciaux attribués par M. Marshall-Hall à la paralysie cérébrale. Il est évident, en effet, que l'augmentation de la contractilité électro-musculaire (lirritabilité), si elle existait réellement, comme le célèbre phvysiologiste l'a inféré de ses expériences,distinguerait bien nettement les paralysies cérébrales des paralysies rhumatismales et hystériques; mais je ne Fai que trop bien démontré, il faut renoncer à ce signe diagnostique précieux. ù

Si l’état de la contractilité électro-musculaire n'offre aucun signe qui puisse servir à distinguer entre elles les paralvsies cérébrales, rhumatismales et hystériques, il n’en est pas de. même de la sensibilité électro-musculaire qui, d'après les faits. exposés précédemment, reste en général intacte dans les premières, augmente dans les secondes et diminue dans les der= nières. 4

Je crois devoir dire qu'il faut se garder d'accorder aux signes tirés de l'état de la contractilité et de la sensibilité électro-musculaires une valeur exagérée et d'en faire des signes pathognomoniques de telle ou telle espèce de paralysie. Mais rapprochés des symptômes généraux et de l'histoire de la maladie, ces signes acquièrent une grande valeur et décident presque toujours du diagnostic, obscur ou impossible en leur absence.

ARTICLE IL

DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL DES PARALYSIES LIMITÉES AUX MEMBRES INFÉRIEURS, ET DES PARALYSIES LOCALISÉES DANS LES MEMBRES SUPÉRIEURS OU DANS UN CÔTÉ DU CORPS.

Les phénomènes électro -musculaires qui sont propres à chaque espèce de paralysie s’observent dans les membres inférieurs comme dans les membres supérieurs.

Ainsi, 1° l'hémiplégie causée par une hémorrhagie cérébrale, par une tumeur ou un ramollissement du cerveau, laisse en général intacte la contractilité et la sensibilité électro: musculaires aux membres inférieurs aussi bien qu'aux membres supérieurs. 2° Dans la paraplésie hystérique bien constatée, Jai toujours trouvé la diminution de Ja sensibilité électro-musculaire ou cutanée coïncidant avec l'intécrité de la contractilité électromusculaire. 3° Les lésions des nerfs sont également suivies aux membres inférieurs comme aux membres supérieurs de la perte ! ou de la diminution de la contractilité et de la sensibilité | électriques dans les muscles qu'ils animent. Je pourrais, au besoin, en citer des exemples nombreux, mais ce serait en pure perte, car il ne peut venir à l'esprit de personne quil en soit aus trement. 4° J'ai vu des lésions de la moelle bien constatées, soit par la cause qui les avait produites, comme des lésions trauma:

DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL DES PARALYSIES. 535 tiques, soit par l'autopsie, se caractériser généralement par la perte ou la diminution de la contractilité et de la sensibilité des muscles paralysés. 5° Enfin, la paralysie saturnine, comme la paralysie végétale, quand elle atteint les membres inférieurs, exerce aussi une action élective sur certains muscles dont elle abolit ou altère ces mêmes propriétés électro-musculaires, ainsi que je le prouverai par la suite.

S Ier. — Diagnostic différentiel des paraplégies.

Bien que les mêmes lésions produisent des phénomènes électro-musculaires semblables dans tous les membres, ceux de la partie supérieure comme de la partieïnférieure du corps, le diagnostic des paralysies basé sur la connaissance de l’état des propriétés électro-musculaires est loin d’être toujours aussi certain pour les membres inférieurs que pour les membres supérieurs.

Sans doute, le diagnostic sera facile et sûr, lorsqu aux membres inférieurs on trouvera une diminution ou une abolition de Ja contractilité et de la sensibilité électro-musculaires, car il n'y a qu'une lésion spinale ou l'intoxication saturnine qui puisse produire de tels phénomènes.

Le diagnostic sera encore facile pour les membres inférieurs, lorsqu'il s'agira d'une femme, et que les muscles paralysés offriront une diminution de la sensibilité coïncidant avec l'intégrité de la contractilité électro-musculaire. Ces signes rendront alors très probable l'existence de la paraplégie hystérique.

Mais lorsque chez l'homme la paraplégie se présente avec lintésrité de la contractilité électrique des muscles paralysés, le diagnostic devient des plus obscurs. La raison de cette obscurité cest quil existe incontestablement des paraplégies de cause cérébrale et des paraplégies (les plus communes, selon moi) que je ne sais à quelle lésion rapporter, paraplégies peut-être périphériques, ou rhumatismales, ou dépendant d'une lésion centrale de lamoelle; c'est que, dans ces différentes paraplégies, la contractilité électro-musculaire est absolument dans le même état, c'està-dire parfaitement intacte et qu'il est difficile, pour ne pas dire impossible, de les distinguer entre elles.

La paraplésie, ai-je dit, peut être causée par une lésion cérébrale. Je vais essayer de le prouver.

Mes recherches spéciales m'ont fourni l'occasion d'observer chez l’homme un certain nombre de paraplévies dans lesquelles jai constaté l'intégrité de la contractilité électro-musculaire. Voici comment certaines d’entre elles ont marché: la paralysie, limitée d'abord aux membres inférieurs pendant un temps qui a varié de quelques mois à plusieurs années, a gagné progressi-

vement les membres supérieurs et la langue, quelquefois celle-ci !

avant ceux-là ; elle s'est généralisée, en un mot, sans perte de la contractilité électro-musculaire, et en se compliquant de troubles qui indiquent évidemment un commencement de travail céré= bral, tels que des éblouissements ou tournoiements, l’affaiblissement ou la perte de la mémoire, le changement de caractère, etc. Ces affections débutant par la paraplépie, peuvent même aboutir à la paralysie générale des aliénés. Ne se rappelle: t-on pas qu'un de nos malheureux confrères, le docteur B...,a

été longtemps paraplégique avant d'arriver progressivement à la :

paralysie générale des aliénés, à laquelle il a succombé. St je ne me réservais de revenir tôt ou tard, dans un travail spécial, sur cette question des paraplégies, quand je croirai l'avoir étudiée suffisamment, j'exposerais ici les faits tirés de ma pratique, et qui démontrent l'existence des paraplégies de cause cérébrale: Je ne puis cependant résister au désir de publier le résumé d'une observation qui me parait prouver qu'une lésion du cerveau peut frapper partiellement de paralysie le membre inférieur.

OBSERVATION LXXIX. — Banbieu (Jean-Baptiste), trente-neuf ans;

journalier, entré le 2 mai 1853 à la Charité, salle Saint-Félix, n° 4, ser= ?

vice de M. le professeur Andral. — Constitution en apparence assez forte,

pas d'amaigrissement. Le malade dit se bien porter habituellement. Il ya &

huit jours, il s'est aperçu pour la première fois d’une faiblesse dans la jambe gauche, faiblesse qui aurait été en augmentant chaque jour, et pour laquelle il rentra à l'hôpital. On s'assure qu'il existe réellement une

paralysie complète du mouvement volontaire dans tout le membre inférieur ! gauche; la sensibilité y est conservée. — Aucune autre paralysie. — !

État général assez bon; cependant il existe un peu de fièvre, — On entend de nombreux râles muqueux dans les deux côtés de la poitrine. — Appétit diminué, soif (frictions à l’eau-de-vie camphrée, une portion). Le 3, même état. Le 4, je constate, en présence de M. Andral, que les muscles se contractent sous l'influence de l'excitation électrique avec une énergie à peu près égale dans les deux membres inférieurs, lesquels possèdent leur sensibilité normale, J’exprime alors l'opinion que cette paralysie

ne dépendait pas d’une lésion de la moelle, — Le 5, les mouvements volontaires s’exécutent beaucoup plus facilement que la veille dans la jambe gauche. Le malade réclame de nouvelles électrisations. — Le 6, le mouvement volontaire est rétabli dans le membre paralysé ; il se conserve les

ours suivants. La fièvre persiste (bouillons). — Le 10, on s'aperçoit que

fe malade tient par moments des propos incohérents ; mais il n’y a pas de délire continu. En même temps, la langue devient très sèche, la fièvre ardente , le pouls un peu irrégulier. Céphalalgie non continuelle (saignée de 3 palettes; purgatifs). — Les jours suivants, les mouvements s’affaiblissent dans le bras gauche et la moitié gauche de la face, sans cependant qu’il y ait paralysie ; selles involontaires. Coma, prostration profonde, amaigrissement très rapide. De temps en temps on observe des contractures passagères des membres droit et gauche indistinctement. Mort le 48 mai non précédée de convulsions.

J'ai constaté chaque jour, jusqu'à sa mort, l'intégrité de la contractilité. électro-musculaire.

C'était la première fois que je voyais chez l'homme la paralysie limitée à un des membres inférieurs sans que la contractilité électro-musculaire fût lésée, c'est-à-dire en l'absence du signe pathognomonique de la lésion d’un point de la moelle ou des nerfs qui en émanent. Aussi quand Je vis le membre de ce malade, qui était complétement paralysé, conserver intacte sa contractilité et sa sensibilité musculaires, J'eus comme un pressentiment que le cerveau n’était peut-être pas étranger à la paralysie. La marche de la maladie et l'autopsie ont donné raison à cette vue de l’esprit. L'autopsie vint apprendre, en effet, que ce malade avait succombé à une méningite granuleuse. Or, il était beaucoup plus rationnel de rapporter la paralysie du membre inférieur droit, qui avait marqué le début de Ja méningite, à la lésion du cerveau qu'à un état pathologique de la moelle, qui fut d'ailleurs trouvée parfaitement saine.

Je dois ajouter, pour faire ressortir l'importance et l’authenticité de ce fait, que l’autopsie de Baubieu a été faite avec le plus grand soin sous les yeux de M. Andral, qui avait été frappé de la singularité du fait, par M. le docteur Axenfeld, interne du service et lauréat des hôpitaux. C'est à son obliseance que je dois les détails de cette autopsie, que je vais reproduire textuellement.

Autopsie. —C'avité arachnoïdienne sèche ; —pie-mère, granulations jaunâtres de différents volumes le long des vaisseaux et principalement de la scissure de Sylvius ; mais le plus grand nombre existant sur les deux faces

correspondantes des hémisphères, où l’on voit aussi des fausses membranes ! larges de 4 centimètre. — Granulations à la base de la toile choroïdienne, :

—Méninges non infiltrées, se détachant sans entraîner de substance cérébrale ; ventricules un peu dilatés; peu de liquide; ramollissement blane au niveau du septum , des piliers et de la partie postérieure du corps cal:

leux ; ramollissement blanc des surfaces optiques et striées. Le point le plus À

ramolli est l’étage postérieur du ventricule gauche. —La moelle, coupée en tronçons, partout bien consistante ; on la dépouille facilement de son enve-

loppe.—Granulations tuberculeuses dans les deux poumons qui sont engoués !

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