‹ De l'électrisation localisée et de son application à la physiologie, à la pathologie et à la thérapeutiqueChapitre 93 sur 140 · SO · texte numérisé non relu

SO

RE 0 EE 2 er nie à sun A

en bas et en arrière; au sommet gauche, caverne du volume d’une noix, ! — Point de tubercules dans les ganglions bronchiques, qui sont petits et!

rosés. — Péritonite granuleuse générale jusque sur le foie, la veine, etc,, point d’épanchement notable.

J'ai dit aussi qu'il existe chez l’homme un grand nombre de :

parapléoies qui n'offrent pas de troubles dans la contractilité

ssiléshs

électro-musculaire, dans lesquelles les muscles conservent leur !

développement normal, qui ne se généralisent pas, et ne s'ac= compagnent d'aucun phénomène qui puisse faire remonter leur origine à la moindre lésion cérébrale. D'un autre côté, ces para*

plégies ne présentent pas le signe électro-musculaire (la dimi4

nution de la contractilité et de la sensibilité électro-musculaires)

qui permettrait de les rattacher sûrement, soit à une lésion de!

l'une des parties constituantes de la moelle, soit à une lésion de

ses nerfs, ou à la paralysie saturnine. Quelle peut donc être la cause ou la nature de ces paraplépies qui sont tellement graves 4 qu'elles résistent pour la plupart à toutes les médications, ét! ne finissent souvent qu'avec la vie? Sont-elles rhumatismales, :

siégent-elles dans les nerfs périphériques, selon que tendent à le

penser quelques pathologistes? Enfin existe-t-il dans ces cas quelque lésion inconnue de la moelle, analogue à celle de là partie centrale, dont j'ai rapporté un exemple précédemment (page 521), lésion qui abolit ou trouble les mouvements sans porter atteinte aux propriétés musculaires (à la contractilité, à la sensibilité électro-musculaires et à la nutrition)?

A quels signes peut-on distinguer les paraplépies de cause

cérébrale de ces paraplégies de cause inconnue, et qui sont | peut-être ou rhumatismales, ou périphériques, on sous la dé | pendance d'un état inconnu de la moelle? Les recherches que !

je me propose de faire sur la paraplégie tendront à éclairer ces différentes questions.

DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIÈL DES PAPALYSIES. 539

Quant aux paraplégies occasionnées par la lésion des voies urinaires, Je crains qu'on n'ait pris dans ces cas l'effet pour la cause. Quel est l'état des propriétés électro-musculaires dans ces paraplégies? c'est aussi ce que je me propose de rechercher avant d'en faire une classe à part de paraplépgies. .

En résumé : 1° toute paraplégie qui présente une diminution plus ou moins grande de la contractilité électro-musculaire ne peut appartenir quà une paralysie spinale ou à une paralysie saturnine (ces dernières se distinguent facilement entre elles par leur siége); 2° toute paralysie qui, chez la femme, présente à la fois l'intéorité de la contractilité électro-musculaire et la diminution de la sensibilité électro-muüsculaire dépend très probahlement d'un état hystérique; ?° enfin, toute paralysie dans laquelle, chez l’homme, la contractilité électro-musculaire a conservé son état normal, dépend ou d'une cause cérébrale (ce

qui me paraît rare) ou d’une cause rhumatismale, ou d’un état morbide encore inconnu. “y

$ IL: — Diagnostic différentiel des paralysies localisées dans les membres ÿ supérieurs ou dans un côté du corps.

. Le diagnostic électrique (celui qui est déduit de l’état de la contraculité électro-musculaire) offre un très haut degré de certitude dans les paralysies des membres supérieurs; son intervention est des plus utiles dans la pratique; on rencontre fréquemment l’occasion d'en faire l'application.

Je regrette de ne pouvoir rapporter tous les cas de paralysie du membre supérieur dans lesquels l'exploration électro-musculaire m'a été utile; je dois me contenter d'en citer quelques exemples.

A. L'hémiplégie est facile à diagnostiquer quand elle est le résultat de l’hémorrhagie cérébrale ; cependant il est des Girconstances dans lesquelles le plus habile pourrait y être trompé, comme le prouve le fait suivant : |

OBSERVATION LXXX. — Hémiplégie consécutive à une hémorrhagie cérébrale datant de deux ans et demi et limitée au membre supérieur gauche. — Erreur de diagnostie causée par Les rapports mensongers du malade, et redressée par l'exploration électro-musculaire.

Au n° 50 de la salle Saint-Michel (service de M. Rayer), j'observai, en 1849, un malade exerçant la profession de peintre, et qui était affecté

d’une paralysie du membre supérieur gauche. La paralysie, me disait-il, »

datait seulement de quelques semaines et avait été précédée de plusieurs !

coliques saturnines. Comme il traînait un peu la jambe gauche, je lui de- : mandai s’il avait eu tout le côté paralysé. Il me répondit négativement, et je le crus sur parole. Cette paralysie du bras, survenue chez un peintre |

après des coliques saturnines, paraissait devoir prendre raug parmi les

paralysies saturnines ; le diagnostic fut du moins ainsi porté dans le service : où il se trouvait. Mais en explorant l’état de ses muscles paralysés, je dé-! couvris qu’ils avaient conservé l'intégrité de leur contractilité et de leur sensibilité électriques. Les traits du malade me rappelèrent un individu que | j'avais faradisé dans un service voisin, deux ans auparavant, pour une hémiplégie cérébrale. Mais il me jura qu'ilse trouvait pour la première fois à la 4 Charité. Enfin, cette paralysie qui, au dire du malade, était survenue len- ! tement après des coliques de plomb, et sans avoir été précédée d’hémiplégie, ne dut laisser dans les esprits aucun doute sur sa nature. C'était : donc une paralysie franchement saturnine, dans laquelle la contractilité !

électro-musculaire était intacte.

Ce fait, contradictoire avec ceux que j'avais observés jusqu'alors, devait, : on le comprend, singulièrement m’embarrasser. Aussi, bien qu'il fallût! l’accepter provisoirement, puisqu'il n’était pas niable, je ne cessai de! l'observer avec la plus grande méfiance. Quelques semaines plus tard, | ayant retrouvé parmi mes observations celle du paralytique que j'avais fa- ! radisé en 4847 dans le service de M. Cruveilhier et que des traits m'a vaient rappelé, je découvris que lé malade de la salle Saint-Michel nous! avait trompés. Je voulus établir son identité au bureau, et je constatai Sur | le registre que Guillemain (c'est le nom de notre malade), àgé de trente} sept ans, né à Limoux, demeurant rue Cocatrix, n° 16, était entré le 9 dé: ! cembre dans la salle de Saint-Ferdinand, ayant une hémiplégie cérébrale, | qu’il était sorti le 7 février 1848, et que le même individu était de nou- |

veau entré le 21 septembre 1849 dans la salle Saint-Michel, n° 30. Possés

dant ces renseignements, j'interrogeai Guillemain de nouveau sans lui! laisser deviner que je connaissais la vérité ; il persista dans son système | de mensonge. J’ajouterai, pour expliquer cette singulière conduite du malade, qu’en 1847 il fut renvoyé de l'hôpital pour insubordinationeet |

que, sans doute, il craignait d’être reconnu.

Je ne rapporte pas dans tous ses détails l'observation de ce! malade, qui fut recueillie en 1847 par l'interne du service de

Page 1