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Altérations de la conductibilité cardiaque

(Pouls lent permanent)

Les troubles de la conduetibilité cardiaque, donnant naissance à des bradycardies, ont été ces dernières années l’objet de nombreuses recherches, et leur étude a été faite de façon précise, lors de l'apparition des méthodes graphiques.

On a fait appel aux électrocardiogrammes dans l'espoir qu'ils pourraient expliquer bien des points qui restaient encore obscurs. Nous exposerons ici les modifications apportées aux électrocardiogrammes de malades présentant du pouls lent permanent, et nous verrons si la méthode électrocardiographique à pu donner des éclaircissements sur la pathogénie encore bien discutée du syndrome de Stockes-Adams.

Tous les auteurs qui ont pris des électrocardiogrammes dans des cas de pouls lent permanent ont observé nettement sur les tracés une dissociation aurieulo-ventriculaire.

Chez une bradycardiaque qui avait seulement vingt- neul pulsations par minute, Einthoven constata sur son électrocardiogramme que sur dix à onze contracüons des oreillettes, il n’y avait que quatre contractions des ventricules (Fig. 12).

Au congrès de médecine interne de Wiesbaden (1909) Friedl-Pick à montré un électrocardiogramme obtenu dans une maladie de Stockes-Adams et où la disso-

ciation des deux rythmes ventriculaire et auriculaire

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est indéniable. Il y a, en eflet, soixante-douze secousses auriculaires pour trente secousses ventriculaires.

Vaquez, Clere, Esmein ont communiqué à la Société médicale des Hôpitaux un cas de pouls lent permanent, étudié par la méthode électrocardiographique. Ici encore, on notait que les ondulations répondant à l'oreillette étaient plus fréquentes que les secousses ventriculaires.

Dans toutes ces recherches, encore trop peu nombreuses, la dissociation auriculo-ventriculaire est donc nettement établie.

Du reste, les mêmes faits avaient déjà été observés par la comparaison des tracés radiaux et des tracés des veines jugulaires. Chauveau, en effet, a montré dans des cas de pouls lent permanent, que le tracé des veines Jugulaires présentait des soulèvements plus nombreux que les tracés radiaux. Chacune des pulsations de la Jugulaire, correspondant à une systole de l'oreillette droite, on pouvait conclure qu'il existait une dissociation auriculo-ventriculaire. Il était intéressant de noter la concordance qui existe entre les phlebogrammes et les électrocardiogrammes, ce qui montre bien l'exactitude des deux méthodes.

La méthode électrocardiographique permet-elle de fixer la pathogénie des bradycardies partielles, et en particulier du pouls lent permanent ? Nous rappellerons très brièvement les différentes pathogénies invoquées, basées sur des expériences, que nous n'avons pas à rapporter dans ce travail.

Pour certains auteurs, les bradycardies partielles

relèveraient d’altérations du myocarde, siégeant dans

les fibres musculaires auriculo-ventriculaires, qui constituent le faisceau de His. La lésion de ce faisceau empêcherait l'excitation venue de loreillette de se propager au ventricule, et la contraction myocardique serait alors € bloquée » (Herzblock).

Pour d'autres auteurs, linhibition ventriculaire serait produite par l'irritation du pneumogastrique en un point quelconque de son trajet, extra ou intracardiaque.

Les études faites à l’aide des électrocardiogrammes ne sont pas suflisamment nombreuses pour qu'il soit possible d'en tirer des arguments en faveur de Pune ou l’autre de ces théories.

Nous devons cependant signaler les modifications apportées aux électrocardiogrammes par lirritation du pneumogastrique. Hering, expérimentant sur des chiens curarisés, auxquels on pratiquait la respiration artificielle, a pu observer que l'excitation du pneumogastrique amène la suppression de la partie de l’électrocardiogramme, qui correspond à la systole ventriculaire ; preuve indubitable que sous l'influence de cette excitation, le ventricule cesse ses contractions. lei encore, les résultats donnés par lélectrocardiogramme sont concordants avec les laits expérimentaux d’Arloing, de Vaquez et d’Hallion, qui ont montré depuis longtemps que lPexeitation faible des vagues déterminait des troubles du rythme cardiaque analogues à ceux du Herzblock.

Nous publions un tracé obtenu chez un malade dont le diagnostic clinique était : myocardite chronique

avec arythmie de type indéterminé (Fig. 13). Chez ce

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