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Altérations de l'excitabilité cardiaque

(Rythme couplé. Bigéminisme cardiaque)

L’altération de l’excitabilité du myocarde peut se manilester par le rythme couplé du cœur. € Le rythme couplé consiste dans la succession régulière, au niveau du cœur, de pulsations couplées dont les caractéristiques sont : !° d’être d'intensité inégale, la première étant plus forte que la seconde, 2° d’être séparées par des intervalles inégaux, celui qui sépare la première pulsation de la seconde étant plus court que celui qui sépare deux couples successifs. Isolés où survenant d’une façon plus ou moins irrégulière, ces couples, essentiellement constitués par une extrasystole, suivie d’un repos compensateur, sont très communs dans les arythmies banales, mais c’est leur succession régulière qui lait le rythme couplé ». (Gallavardin).

L'étude de ce rythme couplé qui se traduit par la bradycardie et par le pouls bigeminé, avait été faite au moyen des sphymographes. Sur les tracés ainsi obtenus, on à pu étudier et bien délinir les extrasystoles qui se produisent avant la fin de la replétion diastolique des cavités ventriculaires. Mais l’extrasystole prend quelquelois naissance immédiatement après la période réfractaire et avant toute replétion ventriculaire. Dans ce eas, le tracé radial n’en porte d'autre trace que «€ lintermittence », qui n’est qu'une € fausse intermittence », puisqu'au même moment on | peut, à l’auscultation du cœur, entendre soit les deux bruits très rapprochés, soit un seul bruit sourd, « le

bruit en écho » d'Huchard.

Re

C'est iei que la méthode électrocardiographique peut rendre de signalés services, puisque toutes les extrasystoles figureront sur le tracé, exactement à l'endroit où elles auront pris naissance.

Les extrasystoles apparaissent sur les électrocardiogrammes comme des saillies positives et négatives successives, réalisant une oscillation à deux phases, comme celle qui est habituelle aux autres museles. Leur siège est différent suivant qu'elles sont nées dans les parois des oreillettes où dans celles des ventricules. Lewis, dans des recherches faites sur un certain nombre de malades et sur le cœur du chien battant in situ, a étudié de façon précise les extrasystoles et 1l est arrivé aux conclusions suivantes : Les extrasystoles du ventricule droit n'ont pas un caracière défini, permettant de les distinguer des extrasystoles nées du ventricule gauche. Cependant Kraus et Nicolaï prétendent que les extrasystoles du ventricule droit sont positives sur les électrocardiogrammes, alors que celles du ventricule gauche sont négatives. La forme de la courbe dépend, jusqu'à un certain point, de la phase de la diastole où lextrasystole prend naissance et cette forme peut se trouver compliquée par la survenue de l'impulsion normale d’oricine auriculaire. Lewis a aussi observé que plusieurs r'ÉgIONS de l'oreillette peuvent devenir lieu d'origine d’extrasystoles, et les courbes éleetrocardiographiques seront, pour chacune de ces variétés, de forme très différente. En général, toute extrasystole née aux dépens de l'oreillette entraine sur le tracé un allonge-

ment de la ligne horizontale 2. Enfin, il est possible

HEC ORESS

de mesurer très exactement sur l’électrocardiogramme la longueur de la pause compensatrice qui suit l'extrasystole.

Les renseignements fournis aux cliniciens par les électrocardiogrammes sur la nature des extrasystoles ont été très intéressants.

Nous publions un électrocardiogramme obtenu par Einthoven dansun cas de bigeminie du cœur (Fig. 10).

F1G. 10. — Electrocardiogramme d'un malade atteint de bigéminie du cœur (m. d. et p. g.) d'après Einthoven.

On y voit que chaque électrocardiogramme normal est suivi d’un électrocardiogramme où se manifeste une pointe brusquement très élevée indiquant une contraction anormale du ventricule.

Einthoven a enregistré simultanément chez un malade qui avait eu le typhus deux années auparavant,

le pouls et le courant d'action du cœur. On voit (Fig. 11)

F1G. 11. — Electrocardiogramme d’un malade atteint d'intermittences

du cœur (m. d. et m. g.) d’après Einthoven.

sur le sphygmogramme qu'après deux élévations, la troisième fait défaut. La partie de lélectrocardiogramme qui correspond à cétte intermittence du pouls présente une déformation très caractéristique, qui indique une extrasystole. Cette extrasystole est suivie d’une pause compensatrice, que l’on peut apprécier sur le tracé. Chez ce malade, Einthoven annonçait d'avance une intermittence du pouls, chaque fois qu'il constatait, avec le galvanomètre, la production d’une: extrasystole.

On voit combien sont précis les rensergnements donnés par la méthode électrocardiographique sur la nature des extrasystoles et combien cette méthode est supérieure à celles que l’on employait précédemment, puisqu'elle nous permet de différencier les bradyear-

dies vraies des pseudo-b radyca rdies.

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