‹ De l'électrocardiographieChapitre 6 sur 23 · À MES MAITRES CIVILS ET MILITAIRES · texte numérisé non relu

À MES MAITRES CIVILS ET MILITAIRES

L[NBRODUCTION

Depuis quelques années, la Clinique s'est enrichie d'un nouveau procédé d'examen du cœur : l'Electrocardiographie. Cette méthode, relativement récente, semble étre appelée, sinon à remplacer, du moins à compléter les renseignements déjà si précieux fournis par les autres modes physiques d'examen du cœur. Elle a pour but d'enregistrer les phénomènes électriques qui prennent naissance pendant la contraction cardiaque.

L'Electrophysiologie du cœur, déjà ancienne puisqu'elle remonte aux expériences de Matteucci en 1843 est la base de l'Electrocardiographie. Les premiers travaux de Matteucci furent suivis des expériences d'Engelman et de Marey qui étudièrent les phénomènes électriques développés pendant la contraction cardiaque, surtoutchez les animaux. EÆ£n 1889 Wallercommencaàexpérimenter sur le cœur humain ; et depuis, l'Electrocardiographie fait l'objet de nouvelles études. L'Electromètre capillaire de

Lippmann qu'utilisaient Marey et Waller, est

ons

remplacé par un appareil de grande précision dont l'installation dans les cliniques offre peu de dijjicultés : le galvanomètre à corde d'Einthoven. L'armélioration de la technique donne alors des résultats précieux.

Waller, Einthoven, Kraus, Nicolaïet de nombreux auteurs allemands ont cherché à établir la signifitcation exacte de la courbe obtenue avec le cœur normal. À vrai dire, bien des points prétent encore à la discussion, et la signification exacte des sinuosités que présente cette courbe normale, n'est pas encore nettement établie. Cependant, de grands progrès ont été faits et l'étude des électrocardiogrammes normaux, devenant tous les jours plus complète, il est permis d'espérer qu'il sera possible d'interpréter avec une précision suffisante les Electrocardiogrammes pathologiques qui aujourd'hui encore restent bien obscurs. Toutefois, la méthode électrocardiographique semble déjà avoir donné des résultats très appréciables dans l'étude des troubles fonctionnels du cœur, quelquefois si difficiles à interpréler par l'examen clinique.

Îl nous a semblé qu'il était intéressant de consacrer ce travail à la méthode électrocardiographique dont les résultats sont peu connus en France. Mendelssohn le premier a publié en 1908 dans les Archives des maladies du cœur un article consacré à l'électrocardiograph te. Depuis, Weiss et Bordet ont à leur tour décrit très brièvement la méthode.

AT. Weiss a depuis peu de temps installé un galvano-

mètre à corde à l'Institut WMarey à Paris. Les recher-

ches entreprises promettent d'étre des plus intéres- Les

travaux français sur la méthode électrocardiogra- €

santes, mais n'ont Das Wencorenmeté publiées.

phique, que nous allons décrire, sont donc peu nombreux. Aussi, exposerons-nous les conclusions. établies à ce jour à la suite des études faites ‘surtout en Allemagne par Kraus et Nicolaï.

Le laboratoire de Physique médicale de Lyon posséde seulement depuis quelques mois le galvanomètre à corde d'EÉinthoven et les expériences sont encore trop peu nombreuses pour que nous puissions émettre une opinion personnelle sur la valeur absolue de la méthode électrocardiographique. Aussi, après avoir essayé de mettre au point les résultats complexes obtenus jusqu'à ce jour nous publierons les premiers tracés électrocard tographiques enregistrés en France sur des cœurs pathologiques. Nous pourrons les rapprocher de ceux qu'obtinrent les auteurs étrangers el nous espérons montrer que cette nouvelle méthode d'examen du cœur, encore à ses débuts, lorsqu'elle sera mieux étudiée et aussi simplifiée, pourra rendre les plus grands services aux cliniciens.

Notre travail comprendra plusieurs chapitres : dans le chapitre [nous exposerons les bases phystologiques de l'électrocardiographie. Le chapitre II sera consacré à l'Instrumentation que nécessite la méthode. Dans les deux chapitres suivants TT et IV nous étudierons d'abord les Electrocardiogrammes

du cœur normal, puis ceux du cœur pathologique.

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