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CHAPITRE PREMIER

Bases physiologiques

de l’électrocardicéraphie

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Quelles sont les bases de l’électrophysiologie cardiaque ? Des expériences déjà anciennes ont prouvé que tout organisme vivant est le siège de phénomènes électriques, et en 1848 Dubois-Reymond montra que les muscles, lors de leur contraction, donnent naissance à un courant électrique.

« Si, sur un muscle à l’état de repos, on met les fils d'un galvanomètre en contact, lun avee sa surlace ou avec une section longitudinale, Pautre avec une section transversale, de façon à constater le courant qui dans ce cas se dirige de la première surlace vers la deuxième dans le cireuit galvanométrique, et si l'on fait passer ce musele à la forme active, on observe tant que dure la contraction que lPaiguille du galvanomètre, déviée par le courant, revient plus où moins complètement vers le zéro. » (Gley-Duval).

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Pour Dubois-Reymond ce « courant d'action », ou «variation négative » en sens inverse du courant de repos préexiste dans les muscles. Pour Hermann ce courant n'existe pas à l’état normal et résulte de l’altération des tissus. En 1885, d'Arsonval expliqua la variation négative par la variation de tension superficielle qu'entraine la délormation mécanique, interne de tout tissu vivant qui se déforme spontanément.

Quelles que soient les théories des physiologistes pour expliquer le courant d'action, il est un fait certan : c'est qu'il existe et qu'il est constant à chaque contraction musculaire.

Si donc tout musele qui se contracte donne naissance à une force électromotrice, il est tout naturel que le muscle cardiaque obéisse aux lois générales et que son activité se manileste par l'apparition d’un courant d'action.

Comme le dit Mendelsohn : «Le cœur au repos est en équilibre électrique ; mais lorsque la systole ventriculaire commence, la pointe devient électronégative, alors que la base reste électropositive. Il résulte de cette différence de potentiel électrique un courant d'action, qui accompagne chaque systole ventriculaire. »

Les expérimentateurs ont alors cherché à mesurer et à enregistrer ce courant d'action. Les expériences ont d’abord porté sur les animaux, dont le cœur était préalablement mis à nu. Si l’on place deux électrodes sur le muscle cardiaque ainsi découvert, le courant d'action est dérivé et il est facile de l'enregistrer avec des appareils sensibles.

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Engelmann utilisa pour enregistrer le eourant d’acton du cœur, l'électromètre capillaire de Lippman. Et Marey, le premier, au moyen de ce même électromètre, put photographier les variations électriques d’un ventricule de grenouille. Il put ainsi constater qu'à chaque systole ventriculaire correspond une oscillation électrique.

Mais ces méthodes de dérivation étaient inappliquables au cœur humain. Le physiologiste Waller, après de patientes recherches, put démontrer qu'il était faeile chez l'homme d'enregistrer le courant d'action du muscle cardiaque.

Des expériences de Waller, il résulte que le cœur émet des courants d'action, qui se propagent dans les tissus voisins, bons conducteurs de lélectricité. Et il est possible de recueillir ces courants à travers la peau humide, dans un électromètre ou dans un galvanomètre.

Waller a étudié la répartition dans le corps humain du potentiel électrique engendré par la contraction cardiaque. Et il est arrivé aux conclusions suivantes, qui sont la base de lélectrocardiographie.

Schématiquement, on peut considérer le cœur comme formé de deux parties : la région de la base et la région de la pointe, séparées par une ligne où «€ équateur » où. le potentiel égale zéro. Tous les points situés du même côté de cette ligne sont équipotentiels, et par conséquent ne donnent pas de courant. Au contraire, les points pris de chaque côté de l'équateur dérivent au galvonomètre le courant d'action qui se produit au moment de la contraction du

cœur.

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Mais ce courant d'action se propage dans les tissus voisins et le potentiel électrique engendré par le cœur se répartit dans le reste du corps de façon constante et qu'a bien définie Waller.

Au moment de la contraction cardiaque toute la moitié du thorax, le bras droit et la tête, qui correspondent à la région de la base du cœur, située audessus de l'équateur, deviennent électro-positits, tandis que la moitié gauche du thorax, les membres supérieurs et inférieurs gauches, situés sous l'équateur, et qui correspondent à la région de la pointe, deviennent électro-négatils. Par conséquent on doit admettre qu'un pôle, placé à la bouche par exemple, équivaut à un pôle, placé à la base des ventricules ; un pôle placé au membre inférieur équivaut à un pôle placé à la pointe du cœur. Et si lon relie à un galvanomètre deux points de la surlace du corps de potentel électrique différent, par exemple les deux mains, ou une main etun pied, on peut observer immédiatement une déviation de l'aiguille galvanométrique, déviation absolument identique à celle que l’on obtiendrait en réunissant directement à ce galvanomètre la base et la pointe du cœur.

Waller a étudié les procédés qui permettent d’enregistrer avec la plus grande exactitude les courants d'action du cœur. I résulte de ces travaux que différents points de la surface du corps ne permettent pas de dériver le courant d'action du cœur avec la même intensité. Il y à des combinaisons favorables et des combinaisons défavorables.

Parnu les combinaisons favorables, on cite :

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1° La main droite et le pied gauche (m. d. p. g.), qui

donnent les meilleurs électrocardiogrammes ; car les deux points de dérivation du courant sont directement opposés par rapport à l’axe du cœur ;

2° Main droite et main gauche (m. d. -— m.g.), la plus commode et la plus employée ;

3° Partie antérieure et partie postérieure de la poitrine ;

4° Bouche et main gauche ;

»° Bouche et pied droit ;

6° Bouche et pied gauche.

Parmi les combinaisons peu favorables, donnant un

très faible courant, on range :

1° Main gauche et pied gauche ; C s

2° Main gauche et pied droit ;

3° Pied droit ét pied gauche ;

4° Bouche et main droite.

En utilisant ces différents procédés, Waller à pu photographier les courbes provenant du déplacement de la colonne de mercure de l’électromètre, et ilobtint, le premier, les électrocardiogrammes du cœur humain, qui lui permirent de démontrer que le courant d'action du cœur est diphasique, constitué par deux phases successives de négativité, dont la première à la pointe est suivie toujours d’une seconde phase négative à la base.

La méthode électrocardiographique venait de faire de sérieux progrès avec Waller. Mais l’électromètre

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