‹ De l'éléphantiasis des grecsChapitre 2 sur 9 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Ayant eu l’occasion d’observer plus d’une fois cette espèce d’éléphantiasis , soit dans ma patrie où ce mal n’est pas rare , soit en France où chaque année on en signale quelques échantillons venus de pays lointains, je me suis souvent préoccupé , pendant mes études médicales , de cette triste mais intéressante question. Aujourd’hui mes notes et mes souvenirs sont aidés par quelques renseignements utiles , que je dois à l’obligeance d’un praticien distingué de File de Madère. Cela

suffisait pour m’engager à fixer sur ce sujet le choix de ma thèse inaugurale.

11 y aurait de l’ingratitude et même de l’injustice à méconnaître la valeur des travaux consciencieux et abondants, auxquels il a donné lieu. Néanmoins , osons le dire , la question est encore à l’étude ; je n’en veux pour preuve que la trop fréquente impuissance de l’art en face de ce terrible fléau , et l’obscurité qui enveloppe encore son étiologie véritable. Loin de moi la prétention de dissiper ces ténèbres , ni de donner à sa thérapeutique des armes infaillibles. 11 y aurait plus que de la témérité de la part d’un novice à vouloir combler les lacunes que des savants émérites et dévoués n’ont pu faire disparaître.

Notre seul désir est d’apporter notre grain de sable à un édifice encore bien incomplet. Ce premier pas , d’ailleurs, est pour nous un engagement à revenir dans la suite sur le même terrain. Un jour peut-être , quand la pratique médicale nous aura mis aux prises avec les difficultés du traitement, pourrons-nous présenter plus que de simples vœux pour le soulagement et l’extinction de cette calamiteuse endémie de certaines contrées.

Après l’appréciation historique de la maladie , nous traiterons de ses phénomènes , de ses causes et de sa thérapeutique.

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