INTRODUCTION
Parmi les faits économiques de ces dernières années, l'un des plus remarquables et des plus caractéristiques, a été la baisse des fonds d'Etat et des titres à revenu fixe.
Partout on se préoccupe de la baisse des rentes d’État et on en recherche les causes.
Cette baisse n'est pas un fait particulier à notre pays, c’est un fait général, qui s’est produit dans tous les grands Etats: Angleterre, Allemagne, Russie et dans les Etats secondaires (1) au point de
(1) Ces Etats, qu’on qualifie « de second ordre » qualification exacte sans doute, si on considère le nombre d’habitants, mais inexacte à un autre point de vue, sont en réalité de premier ordre par leur scrupuleuse honnêteté et fidélité à remplir en tout temps leurs engagements.
C'est ce que l’on constate si l’on étudie les cours du 2 1/2 hollandais par exemple. (Bulletin de statistique et de législation comparée).
vue politique, mais dont le crédit est, et mérite d’être au premier rang: Suède, Norvège, Danemark, Belgique, Hollande.
Sur leurs plus hauts cours, cotés pendant la période qui s'écoula de 1895 à 1897, la baisse de ces fonds a été plus importante que celle des fonds français. Ce n'est pas seulement la rente française qui, depuis janvier 1897, a passé de 102 fr. 30 à 89 fr. 30 au 2 janvier 1913 ; ce sont aux mêmes dates, les consolidés anglais 3 c/o, passant de 1 TMS ANTON NAaDre la CONerSIonendtaUe c'est le 3 0/o allemand sautant de 09 fr. à 7$ fr. 20; cest le 3 o/, belge tombant toujours aux mêmes dates de 101 fr. 60 à 79 fr. 25 ; c'est l'Autriche 40/0 or, passant de 105 fr. à 92 fr. 85.
Les capitalistes de toute envergure qui ont prêté leur argenta ces Etats;-ont recu un intérètitres stable et très abrité contre les surprises fâcheuses ; mais ils ont éprouvé de douloureuses déceptions, et subi des pertes importantes lorsqu'ils ont été obligés de réaliser leurs créances.
Emus par la persistance de ce phénomène économique, les ministres de France et d'Angleterre, chacun parlant pour son pays, s'élevaient, il y a quelques mois, en de retentissants discours, contre cette dépréciation, suivant eux, injustifiée des fonds publics.
Plus récemment encore, le Congrès (1) des ban-
(1) Congrès de septembre 1912.