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quiers allemands, réunis à Munich, discutait des moyens propres à enrayer la désaffection grandissante des capitalistes pour les emprunts d'Etats.
Ces protestations et ces discussions visaient des mouvements de baisse exagérée qui se sont produits au cours de ces dernières années.
C'est ainsi, par exemple, qu'au début de la guerre russo—-japonaise, le prix des fonds publics subit un tel effondrement que, si les capitalistes avaient dû réaliser au cours du moment, ils auraient perdu plusieurs milliards.
Le même phénomène se reproduisit Iorsqu’au mois d'octobre dernier, le conflit balkanique apparut inévitable.
On a attribué à ces phénomènes, des causes diverses et nombreuses. Il n’est pas douteux que la crainte d'une liquidation prochaine, par la voie des armes, des conflits sans cesse renaissants qui divisent les nations européennes soit une des raisons principales de l’éloignement que de plus en plus les capitalistes montrent pour les fonds publics. Les financiers européens, très renseignés et très observateurs des faits politiques, vivent dans l'appréhension constante d’une conflagration générale ; leur pessimisme est peut-être injustifié ou tout au moins exagéré ; il n'en est pas moins vrai que la perspective d’une grande guerre exerce une action déprimante sur les fonds d'Etat.
L'accroissement considérable des budgets européens exerce encore sur les rentes d'Etat une action nocive. L'Allemagne obstinée au renforce-
ment de ses armements, a surchargé son budget militaire dans des proportions inusitées. Le budget naval anglais est passé de 900 à 1100 millions, tous les Etats européens suivent ce mouvement.
Concurremment, d'ailleurs, tous les gouvernements pratiquent une politique d'améliorations sociales qui coûte excessivement cher et vient grever encore les budgets. Mais les faits que nous venons d'indiquer, sont plutôt d'ordre psychologique et n'ont pas une telle importance qu’ils puissent à eux seuls expliquer la mauvaise tenue actuelle des fonds d'Etat. Il est permis de penser que c’est à une cause d'un autre ordre, et plus profonde qu'il faut faire remonter ce mouvement général et continu. Il semble bien que la baisse de ces fonds est düe en grande partie au renchérissement des choses nécessairesà l'existence. Dans une étude d'ensemble « l'Office du travail » a établi que pour un ménage ouvrier, le coût total minimum du logement, de la nourriture et de l'éclairage ou chauffage qui était de 900 francs en 1810, a passé actuellement à 1.400 fr., soit une augmentation de 40/0.
Toutes choses augmentant de prix, les capitalistes se sont tout naturellement demandé si l'intérêt de leur argent ne devait pas, par voie de conséquence, prétendre à une rémunération plus élevée. Ils vendent alors, au jour le jour, lorsque l’occasion se présente ou que les besoins les y obligent, leurs rentes d'Etaf et leurs valeurs à revenu fixe, pour chercher ailleurs des placements plus rémunérateurs.