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CHAPITRE PREMIER

Considérations Générales

Avant d'entreprendre l'étude des phénomènes d’élévation récente du taux de capitalisation, il est bon de préciser quelle catégorie de placements nous envisageons.

Ce n’est pasle taux de l’escompte qu'il faut prendre pour type de l'intérêt moyen. Le taux de l’escompte est, en effet, susceptible d'écarts fréquents et parfois énormes : il peut être influencé par des considérations spéciales, comme l'entrée ou la sortie d'espèces

mi métalliques, qui n'agissent pas de façon aussi sensible sur le taux général de capitalisation (7).

Faut-il prendre alors comme type, le revenu demandé aux fonds d'Etat? Ce serait une erreur que de prendre ce dernier comme type exclusif du taux de capitalisation.

Ce sont en effet les fonds publics qui supportent, de la manière la plus sensible, l'influence des événements politiques : certains emprunts d'Etat rapportent parfois un gros intérêt, parce que celui-ci a été émis dans une période de difficultés financières, mais cet intérêt peut ne pas correspondre au taux de capitalisation moyen en usage dans le pays.

De même,certains Etats,considérés comme depremier ordre au point de vue financier, l'Angleterre, la Belgique ou la France jouissent d'avantages, quant à leurs emprunts publics, qui les font rechercher pour d’autres causes que l'intérêt qu'ils rappor-

(1) Ce n’est pas non plus le taux d'intérêt des prêts hypothécaires, entre particuliers, bien que ce dernier se rapprocherait davantage du taux normal que nous recherchons ; ces prêts en effet ont de graves inconvénients. Les prêteurs sur hypothèque ne peuvent compter sur un remboursement facile de leur créance : s’ils veulent-rentrer dans leurs fonds avant l'échéance, force leur est de négocier leur titre à des conditions souvent désavantageuses, outre les retards auxquels ils sont exposés pour la perception de l'intérêt ou pour la restitution du capital à l'expiration de la durée du prêt. Il n'est donc pas étonnant que les possesseurs d’épargne,sollicités par les avantages que leur assurent les titres d'obligations, n’accordent leurs concours au propriétaire, qu'à des conditions assez dures.

tent:la très grande facilité de négociation ou de réalisation par exemple.

Ces fonds sont aussi quelquefois les placements obligés des mineurs, des incapables ou de certains établissements publics : ces fonds sont donc très recherchés et il arrive que, pour eux, on se contente d'un taux d'intérêt inférieur au taux de l'intérêt moyen dans le pays. Par suite, il ne faut pas considérer les fonds d'Etats comme représentant le type exclusif du taux de capitalisation.

Les réflexions que nous venons de faire peuvent être rapprochées des remarques présentées,à ce sujet, par M. Brouilhet, dans son Précis d'Economie Politique (1).

«Les Emprunts publics ont plusieurs privilèges de droit et de fait qui concourent utilement au maintien du cours des titres à un taux élevé, mais qui n'est pas tout à fait naturel. Les fonds publics français jouissent, au point de vue juridique, d'une situation doublement privilégiée ; ils sont insaisissables par les créanciers du titulaire,et sont,à peu de choses près, assimilés aux biens immobiliers en ce qui concerne le placement et le remploi des éléments du patrimoine, appartenant aux incapables des diverses catégories.

Au point de vue fiscal, les mêmes fonds ont été jusqu'ici épargnés par les deux catégories de taxes qui frappent les valeurs mobilières françaises : taxe de

(1) M. Brouilhet : Précis d'Economie Politique, page 620.

Hp aE 4 0/0 sur le revenu, droits de transmission (pour les titres au porteur seulement), s'élevant à environ 6 à 7 pour 100 du revenu, dont ils sont ensuite déduits ».

Comme le fait remarquer M. Brouilhet, c'est une question ardemment débattue, que de savoir si ces impôts, ainsi que l'éventuel impôt sur Île revenu, doivent être établis sur les fonds publics. M. Brouilhet considère comme certain que l'impôt global et personnel sur le revenu ne pourra pas plus laisser de côté les revenus des fonds d'Etat, que les taxes successorales n’en épargnent en ce moment le capital ; en ce qui concerne les taxes spécialisées sur le coupon d’un titre, abstraction faite de son propriétaire (taxes actuelles des valeurs mobilières françaises), M. Brouilhet constate que l'Etat français ne s’est pas engagé à y soustraire ses propres fonds, il s'est simplement abstenu jusqu'ici de Les y soumettre.

Nous nous contenterons, à ce sujet, de rapporter les paroles de M. Dumont, ministre des finances. Parlant de la reprise des cours de la rente, qui s’est manifestée au mois de juillet et août, M. Dumont disait : (1) « L'’immense et vieille clientèle des valeurs de premier ordre, à revenus fixes, s’est convaincue, au cours de ces derniers mois, de la nécessité de revenir aux saines et solides traditions de prudence avisée, qui, tout à la fois, pour les œuvres de défense nationale et les grandes entreprises d'in térêt public, ont assuré en France le bon marché

(1) M. Dumont : Article publié dans le Matin, du 20 août

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de l'argent, et à travers toutes les crises établi sur d'inébranlabies assises la fortune nationale. Certes je suis heureux des résultats obtenus. Mais il faut les consolider. Par une série de mesures appropriées, le gouvernement, autant qu'il dépend de lui s'y emploiera. Aux grandes valeurs du portefeuille national, surtout lorsqu'elles prennent la forme nominative, tous les ménagements fiscaux équitables seront accordés, en même temps que nous rechercherons le moyen de rendre plis commodes leur négociation et même leur mise en gage »

Si en droit, ainsi que nous l'avons vu, il n’y a pas d'obstacles à l'assimilation de la rente et des autres valeurs, cette assimilation peut être discutée au point de vue économique (1); et ceci est facile à démontrer ; l'Etat en abolissant les indemnités fiscales de ses fonds n'atteindrait pas le but qu’il se propose ; les prêteurs éventuels détruiraient, par de nouvelle exigences dans le taux de l'intérêt tout l'effet utile de la taxation; la preuve en fut donnée par l'émission en 1912 des obligations des chemins desiertie Etat.

Une nouvelle raison pour laquelle il ne faut pas prendre comme type d'intérêt normal, le revenu des

(1) Si nous envisageons par exemple la dette anglaise : les Consolidés anglais sont surtout dans les portefeuilles des Banques, Sociétés, Compagnies d’assurances, ou bien de gros capitalistes qui emploient leurs disponibilités en Consolidés absolument comme s'il s'agissait de billets de banque, rap-

fonds d'Etat, c'est que, « partie pour des causes de sécurité, partie pour relever la cote des rentes nationales, l'Etat français, à l'exemple de quelques autres, dirige volontiers sur le marché des fonds publics, les capitaux disponibles des institutions placées sous son contrôle ou sa direction effective. C’est ainsi que les Compagnies d'assurance font une part dans leur portefeuille à la rente d'Etat; les fonds des Caisses d'épargne, de la Caisse nationale des retraites, des Sociétés de secours mutuels et bientôt les capitaux accumulés par le jeu de Ia loi du 5 avril 1910, sans parler des capitaux disponibles dans les trésoreries générales, sont employés constamment en achats de titres de la dette publique ».

Enfin une dernière remarque nous semble nécessaire : La rente française 3 0/0 ne peut pas être considérée comme le type exclusif du taux de l'intérêt moyen parce que, ainsi que le mettait en [umière M. Dumont, à la tribune de la Chambre, au mois de

portant intérêt, remboursables à vue, offrant par surcroît des chances d'améliorations de capital.

Les Anglais ont toujours pensé qu’un placement en Consolidés était exempt de risques et présentait le maximum de sécurité avec des plus-values presque certaines. La hausse ininterrompue des Consolidés anglais pendant près d'un demi-siècle; à part de rares exceptions, avait justifié ce raisonnement; mais, dans ces dernières années, la concurrence d’autres placements, la conversion, la guerre du Transvaal, la hausse du taux de capitalisation ont montré que l’orsqu'il s’agit de rentes, de titres mobiliers, il ne convenait pas d’avoir, sur leur stabilité immuable une opinion préconçue et absolue.

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mai 1913: « La rente est un billet de banque qui porte intérêt ». « Par l'immunité de tout impôt, dont jouit depuis un siècle et dont continuera à jouir le coupon de rente dans nimporte quel régime fiscal (1) ; grâce à l'immense marché au comptant et à terme où elle peut toujours, en quelque quantité que ce soit, se vendre et s'acheter sans provoquer d'oscillations importantes (2), grâce aussi au taux et aux conditions privilégiées d’avances sur titres, qu’à limitation de la Banque de France tous les établis sements de crédit lui accordent aujourd'hui, le 3 0/o perpétuel doit avoir une place un peu à part. »

Il est donc très difficile, d'indiquer une catégorie de prêts, qui puissent être considérés comme représentant le taux moyen de l'intérêt : il convient alors de dire, avec M. Leroy-Beaulieu, « qu'il faut choisir le type de l'intérêt, non pas dans tel placement en particulier, mais dans la moyenne des placements

(1) Ce sont la, les propres termes de M. Dumont, ministre des finances. Mai 1915.

(2) En France, la Rente possède tout à la fois la clientèle des grandes caisses publiques, de la spéculation et de l'épargue. On achète, ou on vend de la rente à terme et au comptant, au marché officiel et au marché libre, avec plus de facilités que telle ou telle quantités de valeurs spéculatives nationales ou internationales, La rente française a un des plus larges marchés à terme et au comptant qui existent. On peut acheter ou vendre en bourse, des centaines de mille, des millions de rentes, ferme et à prime, avec une facilité merveilleuse, sans provoquer des oscillations étendues. L'acheteur est sûr de trouver un vendeur et le vendeur un acheteur.

MA ie de bonne qualité que peut faire un homme prudent » (1)

Ce n’est que par une abstraction qu'on peut imaginer un taux unique de l'intérêt sur le marché de l'épargne En réalité, il y a souvent autant de taux que de contrats de vente et les taux réels oscillent autour d'un taux moyen qui lui-même n'est pas constant et varie avec Île temps. C’est ce taux quon appelle intérêt normal.

Coup d'œil historique

Si l’on remonte très haut dans l'antiquité, le taux de l'intérêt sembleavoir été très élevé : en Grèce, le taux de 10 et 12 pour 100 semble avoir été fréquemment appliqué. En Egypte, le taux commercial paraît avoir été aussi de 12 pour 100.

À Rome, au contraire, 11 semble que le taux de l'intérêt n’était pas très sensiblement différent de celui pratiqué de nos jours. Sous l’empereur Claude, Columelle parle de l'intérêt à 6 0/9, et Justinien ne permettait aux personnes illustres de ne prêter qu’à 4 fo (2).

Aumoyen âge, les taux sont variables à l'infini : la moyenne cependant, d'après Roscher, peut être considérée comme oscillant entre 10 et 12 0/0; ce taux

(1) M. Leroy-Beaulieu : Traité théorique et pratique d'Economie Politique, tome II, page 153.

(2) Grundlagen der Nationalôkonomie.

TES baissa d'ailleurs considérablement de l'année 1300 à l'année 1500.

Dans cette période on peut considérer que, pour Îles pays les plus florissants, on capitalisait les placements en maisons et en rentes foncières à dpettorioiren cérquicenncerne lesyprèts!le taux était un peu plus élevé et variait entre 8,9 et 10 0/0; la simple opération de prêts semble d'ailleurs avoir été rare à cette époque: il n'en est pas de même peadant la période des XVIIe et XVIIIe siècles ; les besoins d'argent sont abondants de la part des Etats, le crédit public s'organise, le développement de l'épargne se manifeste, la sécurité des transactions augmente.

Aussi le taux de l'intérêt ne fut-il pas très élevé. Sur les places maritimes et commerciales d’Angleterre, d Allemagne, d'Italie et d'Espagne, le taux fléchit sensiblement.

Dans l’Aflemagne du Nord, le tzux de 3 0/, paraissait zormal, pour les placements de grande sécurité, il en est de même sur les places commerçantes, florissantes alors de l'Espagne, ou le taux de 3 0/0 était sûrement pratiqué (1).

. A la fin du XVIIlesiècle et dans le premier quart du XIXe, on constate un relèvement général du taux de l'intérêt dans toute l'Europe. La principale cause de ce relèvement doit être attribuée aux grandes guerres qui furent générales à cette époque;

(1) Roscher : Grundlagen de Nationalôkonomie.

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il faut ajouter un grand nombre d’inventions qui révolutionnèrent l'industrie.

Vers le milieu du XIXe siècle, on constate un nouveau relèvement sensible puis un fléchissement brusque vers les années 1867 et 1868: cette tendance à la baisse a été momentanément interrompue en 1870 et 1871 par la guerre franco-allemande, mais s'est accentuée, par la suite, à partir de l’année 1875. De 1890 à 1897 le mouvement s'accentue et c'est ainsi que l’on peut constater des taux de 2 1/2 à 2 3/4 pour cent : en août 1897, la Rente française 3 pour 100, à coté 105,25 se capitalisant à 2,90 pour cent, à la même date le 2 3/4 britannique cotait, 113,50 ce qui faisait ressortir l'intérêt de ce fonds à 2,23 pour cent.

Dans presque tous les grands pays,ou dansles pays secondaires ayant un crédit et des finances solides les années 1896 et 1897 marquent le haut de l'étiage des cours, ainsi que l'on peut s’en rendre compte par le relevé suivant (1).

Fonds Plus haut coors Année D JOIE TAC Ne ee 105.25 1897 29/4 Laslais ee RER 114 1896 4 0 A utrichiées 7 107.10 1897 119 MONATOIS LE CRT 106 30 1897 D ONRUSSMODIE = FT EURE 103.65 1898 D 0 DanGIS RARE SE 101.20 1996 DAS ANOIVÉDICNE ee me 102 1896 DAS} OUÉOIS EEE Es SE 104.05 1896 d Ve Del MR ES NES 104.50 1896 as Unité svp ee 111.45 1898

(1) Extrait du Rentier, 7 octobre 1904.

I est toutefois un fonds d'Etat qui fait exception au mouvement ascensionnel: c'est la rente italienne ; mais ceci tient à des causes qui lui sont spéciales. Les plus hauts cours remontent à 1886,où elle cotHÉEIO2 n. 75,cmais était feyenue à71 fr. 25.en 1894 : la baisse tenait à l'augmentation de l'impôt sur la richesse mobilière.

La rente paya 20 °/o d'impôt ; une fois convertieen AU elle se relève à 01 fr. 10 en 1805, et atteint en 1906 le cours de 106 fr. 70.

Le fléchissement des fonds d'Etat et des bonnes valeurs à revenu fixe date de ces années 1897-1898, et depuis lors, a été presque ininterrompu; il s'est étendu à quasi toutes les valeurs à revenu fixes considérées comme de premier ordre; au contraire, il n’a pas porté sur les valeurs à revenu fixe considérée comme de deuxième ou de troisième ordre; celles-ci ont pour la plupart haussé parfois considérablement même depuis quinzeans.

ne faut donc pas tomber dans une erreur fréquente actuellement; qui consiste à dire que la baisse des fonds d'Etats est générale; la baisse des fonds d'Etats n'a pas fléchi universellement depuis quinze ans; il n'y a eu à fléchir que ceux réputés de prémier ordre; ceux qui étaient considérés comme de deuxième catégorie ont au contraire repris : il s’est fait entre eux sinon un nivellement, du moins un rapprochement des couts.

C'est là une remarque qu'il ne faut pas négliger, et que M. le baron Moure n’a pas oublié de faire

it dans sa conférence à la Société d'Economie Politique, dont nous avons déjà parlé (1)

D'autre part, le rapport fait au Conseil municipal de Paris, par M. Louis Dausset (2) sur le budget de 1913, contient toute une série de tableaux sur les cours des principales valeurs à revenu fixe à la Bourse de Paris depuis de 1897. Il ressort de ces tableaux la même constatation.

En comparant les cours moyens des neuf premiers mois de 1912 aux cours moyens de l’ensemble de l’année 1897 des obligations de la ville de Paris, on peut remarquer qu'ils ont fléchi, de 19 fr. 78 à 64 fr. 74 suivant les séries soit de 4 1/2 °/o environ à 16 0/0. Il en est de même pour les obligations du Crédit Foncier.

En ce qui concerne les obligations de 30/ode 500 francs de capital nominal des grandes Compagnies de chemin de fer, les cours moyens de l’année 1897 les font ressortir toutes, sauf une excep-. tion pour celles dela Compagnie du Midi, au-dessus de 480 fr.; actuellement l'ensemble de ces titres se tient aux environs: de 400 fr., ce qui fait ressortir une baisse de 70 à 75fr., environ soit 16 0/0 approximativement.

En comparant Îles cours pratiqués aux mêmes années, sur les obligations étrangères de deuxième

(1) Confèrence à la Société d'Ecoromie Politique de Paris : sur la Baïsse des fonds d'Etats, 5 mars 1913.

(2) Rapport fait au Conseil municipal de la Ville de Paris sur le Budget de 1913, par M. Louis Dausset.

catégorie,celles des chemins de fer espagnols, Nord de l'Espagne et Saragosse par exemple, on verrait que, au lieu d’un fléchissement on se trouve en présence d’une très forte ascension ;les obligations de chemin de fer de Madrid àSaragosse en 1897,cotaient en effet 290 à 295 francs, celles du Nord de l’'Espagne220 à 225 francs,celles des Andalous 222 francs; aujourd'hui les deux premiers setiennententre 340 et 360 francs ayant monté de 12 à 60 c/o les dernières entre 270 et 320 francs ayant monté de 23 à 43 0/0.

Si donc les cours des obligationsde chemins de fer français, et ces obligations sont réputées de premier ordre, ont sensiblement baissé ceux des obligations de chemins de fer étranger, considérées comme de deuxième catécorie ont sensiblement monté. Et le rapprochement entre placements de premier ordre et de second ordre est beaucoup plus saisissant quand il s’agit des fonds d'Etat, et c'est ce que fait ressortir M. Leroy-Beaulieu dans le tableau suivant (1):

Cours DU 2 JANVIER 1897 ET DU 16 AVRIL 1913 POUR LES FONDS D'EÉTATS PRINCIPAUX.

A). — Fonds réputés de premier ordre Différence en baisse Au 9 janvier 14897 Au 16 avril 1913 — 16.15 Rente française 3 °/.... 102.30 86.15 — 11.60 — amortissable 3 °/,.. 100 75 89.15

— 41.75 Consolidés anglais 2 3/4,

devenus 2 1/2 depuis1905 115.15/16 74.45 — 21.90 Allemand 3 °h......... 99 11-10 ee UM OR EN PP PRE 101.60 18.50 — 9.95 Egypte3 1/20) privilégiée 101.80 91.75

(1) Economiste français du 19 avril 1913, Paul Leroy-

B) Fonds considérés comme de bonne qualité, mais un peu moins réputés.

Différence Au 2 janvier 4897 Au 16 avril 1913 — 13.15 Autriche 40h or....... 105 94:25 = 10210 IHonene 0), 01... 2105200 89.19 + 9.70 lItalie 50/ devenu du 3 1/2 CH MI RARE ARR 93.40 96.10 13.90 Norte 1/2 100.75 87.45 — 18:90 RSS MO)Ge. 102.75 93.85 — 8.40 Roumanie 5°), devenu ultérieurement 4 °/0...... 102.90 94.50 C). — Fonds réputés jadis aléatoires et dangereux. Différence en hausse ‘Au 2 janvier 14897 Au 16 avril 4913 + 86 Argentin 5 °/o 1886..... 431 917 + 13 ÉrÉSARESS Ter 68.90 91.79 + 20.75 Extérieur espagnole 4°. 71 82.90 LOP ON Sene ee ne 68.10 84.20

On voit, dit M. Leroy-Beaulieu, que la direction de ces trois categories de fonds publics est loin d'avoir été identique (1). Les fonds de la prémière catégorie, ceux réputés de premier ordre ont tous fléchi, et ce sont eux qui ont fléchi dans les proportions les plus considérables.

La catégorie des fonds publics considérés comme de bonne qualité, mais moins réputés que les premiers, ont fléchi aussi, mais dans des proportions moindres que ceux de la première catégorie. Pour eux, la baisse est de 7 ou 8 0/0, alors que pour les

Beaulieu : La baisse et les perspectives des valeurs à revenu fixe.

(1) Economiste Français, du 19 avril 1913, page 566.

ee

premiers elle avait été de 10 0/0 au minimum pour la dette de l'Egypte privilégiée, et de 35 o/o au maximum pour les Consolidés britanniques. La rente italienne doit être mise à part pour des raisons que nous avons déjà indiquées.

En ce qui concerne les fonds publics, réputés il y a quinze ans, aléatoires et dangereux, on se trouve dans une situation inverse : au lieu de fléchissement des cours, un constate une hausse sensible ; l’'Argentin a monté de 20 0/0, le Brésilien de 18 0/0, l’'Extérieure Espagnole de 30 o/o et de 23 0/0 le Serbe.

On peut dire que lahausse des grands fonds d'Etat, aux environs des années 1897, avait appelé l’attention sur la situation financière des pays étrangers, défaillants ou menaçant de le devenir. On chercha alors à y remédier. Ces efforts réussirent, le public accepta les arrangements qui lui étaient proposés. Les rentes des pays discrédités ou défaillants se négocient aujourd'hui plus haut qu'ils n'étaient cotés avant leur défaillance, plus haut même que se négociaient, il y a 20 ou 25 ans, les rentes d'Etats qui ont toujours respecté leurs engagements.

Les rentes des pays qui, pendant longtemps, ont laissé tout ou partie de leur dettes en souffrance se capitalisent aujourd’hui à des taux d'intérêt que ne connaissaient pas les Etats dont les finances étaient prospères. Le Turc, par exemple, dont le plus haut cours en 1873 a été de 58 francs pour larente 5 0/0, a valu, après l’unificationde la dette, c'est-à-dire après que de lourds sacrifices ont été imposés aux porteurs de titres, 74 francs en 1904 et 98 en 1906.

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La dette extérieure espagnole 4 0/0, qui a valu 50 francs en 1885 et 29 francs au moment de la guerre hispano-américaine, vaut 95 francs actuellement.

D'autres fonds d'Etat, comme le Chinois ou Île Japonais, étaient délaissés et se négociaient à des cours déprimés en 1897 ; ils rapportaient des taux d'intérêt que l’on pourrait qualifier d’usuraires : 7, 8, g9et100/0 ; la hausse des fonds d'Etateuropéens, à crédit solide et incontesté, appela sur eux l’attention du public qui, ne se contentant plus de rentes, rapportant seulement 31/20/0,et21/20/0,se mit à rechercher tous les fonds d'Etat dont le rendement était plus élevé, et cela malgré les risques que ces derniers présentaient.

Les années 1897 et 1898 marquent donc une date critique où se manifestent les deux faits suivants (1):

10 Arrêt de Îa hausse et baisse importante des cours des fonds des grands Etats, en France, en Angieterre, en Allemagne, et dans les pays dont les finances sont solides, comme les Pays- Bas, la Belgique, le Danemark, la Suède, la Norvège.

20 En même temps, relèvement des fonds d'Etat des pays à finances douteuses, amélioration et hausse de leurs rentes, par suite de la diminution de rendement des fonds des pays solides.

Nous verrons plus tard que ces deux faits sont

(1) La baisse des Rentes et valeurs à revenu fixe, par Alfred Neymarck, Paris, 1912.

rte:

accompagnés d’un autre qui n’est pas moins carac téristique, c’est la hausse des valeurs à revenu variable. Ce sont ces constatations que nous allons faire à la suite d’une étude plus détaillée :

10 Des mouvements des fonds d'Etats et valeurs à revenu fixe.

20 Des mouvements des valeurs à revenu variable.

Cette étude fera l'objet des deux chapitres suivants.

GEHAPITRET

Mouvements des Fonds d'Etat et des valeurs à revenu fixe

SÉCTIONSI

Les Fonxps D'ETAT

Parmi les valeurs à revenu fixe, celles qui se présentent d'abord, qui tiennent la première place, ce sont les fonds d'Etat. Au début de l'ère financière qu'on peut appeler contemporaine, c’est-à-dire dans le premier quartier du XIXe siècle, ils constituaient de beaucoup le compartiment le plus important, non seulement pour le capital représenté mais comme nombre d'articles des cotes de la Bourse.

De nos jours,s’ils ne sont pas complètement déchus de leur grandeur d'autrefois, ils partagent au moins cette grandeur avec beaucoup d’autres valeurs.

Une situation nouvelle se présente ; situation qui

Ti aurait paru paradoxale à nos pères; les fonds d'Etats fléchissent, sensiblement même, mais quand ce fléchissement est graduel, l’ensemble des autres valeurs n'en est pas pour.cela affecté de façon appréciable et même quantités de valeurs, ainsi que nous le verrons plus loin, bénéficient d’une hausse forte et durable.

Ce fléchissement date d’une quinzaine d’années, mais l’année 1912 a été particulièrement funeste aux fonds publics; on peut s'en rendre compte par le tableau suivant (1):

Fonds à Etat 30 déc. 1911 31 déc. 19 12 En moins ar —= en 1912 Te ie Mn Et ee ele 94.35 89.32 5.03 2) PANOBUISSADIer x... 95.60 93.75 1.85 Consolidés anglais 2 1/2.. 711.90 19.10 2.80 Belge 3 °/ 1901-1909... 88.40 19-40 8.10 Hollande 27 De, 6er et 1:90 66.10 9.80 PU PEASSTENS., er ca 82.70 17.170 9 A IAUHIChIERS OUEST 99-20 09 6.20 AN NOREEOIS Or Len 98.30 3.10 D20 RnESers RTS SO. AR ee 94.40 91.35 3.15 — consolidé 4 0/6...... 97.95 91.50 D. 10 Pl OO tree 84.25 16.10 8.19 M OO: arr 104.90 103.40 1.50 Häalen 10-00... 101.60 98.50 3.10 Exténmeure espagnole... 95.95 01202 3.63 POSAIT 66.65 64.95 AO NorWene LI 241004 ». - 95.79 81.090 9.25 Suède r/2-1004, F9$0.:: + * 03:50 86.70 6.80 Suisse, Chemins fédéraux 4.35 88 00 6.75

(1) Economiste français : 11 janvier 1913, page 38.

RRQ 30 déc:,1911 31 décan9t2 ps ARE TTC SES REC 90.25 85 9.25 Bulgare 5089000" 911 910 1 Serbe. 4)0r RAR. 90.80 82.15 8.65 Égypte Unifiée.. 100". 90 100.15 0.75 ATTENTINOE 0/0 1000 EE : 916.75 o14 2.75 Brésil 41/2888 Re 98.79 915415 1 Mexique 40H 9rO EE 93.80 88.50 9.30 Chine 5%}%-0r 10022. 910 911 Len plus Japon: 007 RE 105.80 104 1.80 — A0) TOTO PTE 94.25 91.20 3.05

Le recul de tous ces fonds publics est donc très accentué au cours de l’année 1912, sauf pour le fonds Chinois.

Le fléchissement est d’ailleurs très inégal; il en est qui ont été affectés par une cause spéciale: les guerres Balkaniques, mais pour la majeure partie on ne peut attribuer leur baisse en général aux événements des Balkans; cette baisse remonte, en eflet, plus loin en arrière ainsi que nous allons le voir, en passant en revue les cours des principaux fonds publics.

Une étude sur ce sujet a été présentée à la Société de statistique de Paris, par M. Alfred Neymarck (1), nous y ferons de fréquents emprunts en complétant ces renseignements pour les quatre années écoulées depuis 1909, date ou parut cette étude.

(1) Alfred Neymark : Les mouvements des fonds d'Etats, des grands pays. Communication faite à la société de statistique de Paris (7 juillet 1900).

ESS LES Pour M. Neymarck dans une période normale, quand la paix et la tranquilité règnent à l'extérieur et à l’intérieur, les différences de cours et de taux de capitalisation entre les rentes des divers Etats jouissant d’un même crédit,inspirant une confiance égale, sont dues aux causes financières et économiques suivantes.

10) Indépendance ou dépendance de l'Etatemprunteur; marché national ou marché extérieur ;

2°) Diversité des placements en rentes d’un même pays. Unité ou variété des fonds d'Etats nationaux.

30) Clientèle du marché des rentes d'Etat, c'est-àdire organisation du crédit public et privé dazs les divers pays; habitudes du public pourses placements financiers ; situation indépendante ou dépendante de l'Etat emprunteur vis-à-vis de ses prêteurs nationaux ou étrangers (1).

Par ces considérations, on voit, qu'en dehors de toute cause pertubatrice d'un marché et du crédit public, teis qu'une guerre extérieure, une révolution à l’intérieur, une crise économique commerciale ou financière, pourquoi les rentes des grands Etats peuvent se présenter à des cours et à des taux de capitalisation différents.

Ceci posé nous allons passer en revue les cours des principaux fonds d'Etats

{1) A. Neymark: Les mouvements des fonds d'Etats, pages.

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