‹ De l'éloquence judiciaire au dix-septième siècleChapitre 1 sur 49 · M PRÉFACE · texte numérisé non relu

M PRÉFACE

de madame de Longueville et do ses contemporaines. — L'image et le souvenir de ce culte m'ont porté vers Antoine Lemaistre; j'ai osé concevoir pour lui, non pas cotte passion que des femmes seules peuvent inspirer, même au travers des siècles, aux âmes généreuses, mais comme une affectueuse sympathie et une admiration sincère. J'ai d'abord fait ce portrait pourmoi seul, et si, plus tard, je me suis décidé à le montrer au public, c'est dans l'espérance qu'il m'oublierait en le regardant.

Cependant j'en dois faire hommage aux hommes éminents qui ont plus particulièrement honoré ma jeunesse de leurs bontés, parce que, si ce travail avait quelque mérite, ils y auraient une grande part. J'ai eu l'avantage de commencer ma vie au barreau à côté d'un homme que le barreau ne peut pas oublier, que la tribune a grandi, et qui préside maintenant le conseil d'Etat de l'Empire. Un peu plus tard j'ai trouvé dans le magistrat éminent qui est aujourd'hui le chef de la justice en France, un protecteur et un appui. C'est l'amitié du fils1 qui m'a valu la bienveillance du père. Enfin, j'ai été assez heureux pour gagner l'estime, oseraîs-je dire l'affection du plus ■ grand de nos jurisconsultes et du premier de nos magistrats; d'autres hommes, éloignés maintenant des affaires, un surtout, qui a été un grand orateur et un noble caractère2, m'ont aussi témoigné un intérêt que je n'ou-

1 M. Charles Abbatucci.

' M. Odilon Barrot.

PRÉFACE. m

blierai pas et que je serais bien heureux de justifier: qu'ils permettent du moins que ma reconnaissance et mon affection aillent les troubler un moment dans leur retraite et leur rappeler ce que je leur dois!

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