A II. LE BARON CHARLES DUPIN
Monsieur lbBarou,
La marine et les colonies , ces deux grands intérêts sur lesquels ^ de Tavis des hommes d'état les plus intelligents, repose la prospérité future de la France, ont aujourd'hui besoin d'être protégés et ^fendues contre des
préoccupations aveugles et déplorables. Une lutte s'engage entre lé parti dit humanitaire ou cosmopolite et les hommes qui veulent avant tout la force et la grandeur du pays , et nul ne sait encore si la France est destinée à subir dans la constitution économique de ses colonies la domination des intérêts et des passions britanniques.
Quoi qu'il en soit , cette lutte est triste , car elle dépense inutilement des forces qui pourraient être employées à des résultats plus féconds. C'est un débat entre ceux qui veulent conserver les éléments de prospérité maritime qui nous restent et ceux qui ont engagé leur vanité à notre ruioe.
Personne ne le sait mieux que vous , Monsieur le Baron , qui consacrée à la défense de notre marine et de nos colonies un
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talent et une science profonde : s'iJ est vrai qu'un armement naval respectable soit indispensable pour sauver les débris de l'équilibre maritime , pour faire respecter les droits de la France sur tous les rivages et mettre notre patrie en communication régulière avec le monde entier, suffit-il de le vouloir .seulement en paroles?
Notre situation nous impose de grandes obligations. La France semble appelée naturellement, dans un avenir plus ou moins éloigné , à faire reconnaître de concert avec les États-Unis et à défendre le principe de la liberté des mers , le libery/m mare proclamé au 17* siècle par Grotius ; elle doit donc se prémunir contre toutes les éventualilés. A ce titre , toutes les questions qui se rattachent de prè^ ou de loin à nos intérêts maritimes ne