‹ De l'embaumement avant et après Jésus-ChristChapitre 15 sur 100 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Analyses de résines pouvant avoir été utilisées par les Anciens pour rembauinement.

Plusieurs résines ou corps résineux provenantd’arbres originaires de l’Afrique septentrionale et de l’Asie Mineure n’ont pas été analysés jusqu’ici.

M. le professeur Tschirch, de Berne, a bien voulu me remettre à cet effet quelques exemplaires qu’il avait reçus de M. le professeur Schweinfurth, de Berlin et du Caire.

Soit que les arbres qui les fournissent aient à peu près disparu, soit que ces plantes n’exsudent que très peu de résines, elles ne parviennent actuellement jamais dans le commerce européen. 11 est probable que d’autres plantes dont les sucs résineux ont pu être utilisés par les Anciens aient complètement disparu ou transformé leur exsudât, comme le prouvent les résultats obtenus lors de nos analyses.

Les acides résineux formant, pour ainsi dire, les caractéristiques essentielles de l’étude de chaque résine, nous nous bornerons à rechercher leur point de fusion et leur formule chimique, étant donné le peu de matériel mis à notre disposition.

REUTTBR — 2

A. Exsudât résineux du pinus pinea.

Le Pinus pinea, originaire du Liban près de Kartaba, exsude un corps résineux qui se durcit à l’air en prenant une teinte rougeâtre.

Celte résine, inconnue sur le marché européen, est formée de larmes jaunes ou rouges brunâtres, irrégulières, un peu arrondies ou anguleuses, opalescentes, entourant de petits copeaux ligneux.

Leur odeur et leur saveur sont un peu aromatiques et balsamiques.

Le peu de matériel reçu ne permet pas d'entreprendre séparément l'étude analytique de ces deux variétés de larmes: les rouges brunâtres paraissant avoir subi une légère oxydation.

Ces larmes pulvérisées donnent une poudre rose grisâtre, d'odeur térébenthinée agréable. Leur poudre sublimée entre deux verres de montre fond en dégageant des vapeurs blanches d’odeur aromatique térébenthinée et menthée.

Le dépôt du verrelet supérieur examiné au microscope contient des gouttelettes d’huile, mais pas de petits cristaux. Le point de fusion de cette résine est à 8o°. Son indice d’acidité entre 99,74 et 101.7.

Celui de saponification entre 267, 27 et 268,1. celui d'éther à 167,4.

Elle est en petite partie soluble dans l’éther de pétrole; aux 2 3 soluble dans l’éther formant un soluté jaune rosâtre; aux 3 4 soluble dans le chloroforme donnant une solution rosâtre et dans l'alcool un soluté jaunâtre ; aux '•/s soluble dans le sulfure de carbone formant un soluté rosâtre: au ! 4 soluble dans l’essence de térébenthine et dans le benzol donnant des solutés roses.

Les alcalis la dissolvent en grande partie, le soluté obtenu est brunâtre: l’ammoniaque froide la dissout en petite partie formant un soluté jaunâtre; l’ammoniaque chaude la dissout en grande partie donnant un soluté rouge brunâtre.

10 grammes de cette résine dissous dans de l'éther forment un soluté jaune rosâtre que l’on agite successivement avec des solutions aqueuses à 1 0 0 de carbonate d’ammonium, de carbonate de sodium, de potasse caustique.

La partie de résine insoluble dans l’éther est traitée par de l'éther de pétrole, puis par de l’alcool dans lequel elle se dissout complètement à 1 exception des corps végétaux.

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